De Gaulle au cinéma

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Un film en deux épisodes, totalisant près de cinq heures d’écoute, La bataille De Gaulle, L’âge de fer, suivi de De Gaulle « J’écris ton nom » ? L’affaire a semblé déraisonnable à plus d’un critique, et la sortie de cet opus n’a pas, voici quelques semaines, suscité beaucoup d’enthousiasme. Je ne m’y suis donc pas précipité. J’avais tort, je suis sorti subjugué de ces deux projections, au terme desquelles le public a d’ailleurs applaudi, chose assez rare. Cette gigantesque fresque épique conçue et réalisée par Antonin Baudry n’est pas un biopic, et s’il lui arrive de prendre quelques libertés avec l’histoire, qu’importe ! C’est l’Histoire qui est ici visée, la constitution d’une légende ; une péripétie capitale de notre XX° siècle qui vit la parole devenir acte, et une prophétie (que personne d’abord ne prenait au sérieux) se réaliser – à quel prix, par quelles voies ?

Au moment où notre pays se prépare pour une échéance électorale qui s’annonce riche en chicanes, et pauvre en grands desseins, qu’il est salubre, qu’il est salutaire de voir de Gaulle menhir dans la tempête se dresser, dans un isolement d’abord total, pour fixer un cap à l’évidence déraisonnable, mais qui à force de persuasion, de bluff, de séduction (très paradoxale) parvient à rallier, ou plutôt à tirer du néant une « France libre » d’abord inexistante ! Comme on aimerait que tous les étudiants de Sciences po, mais aussi ceux des proliférantes écoles de commerce, et bien sûr tous nos concitoyens qui s’affairent déjà autour des prochaines élections voient ces deux films, qui nous rappellent la force de la volonté, ou de l’esprit ; que la politique n’est pas un marché, que les moyens matériels n’y résument pas le rapport des forces, que cette force, en dernière analyse spirituelle, consiste à savoir quel appel lancer, et lequel suivre… 

Comme il est émouvant de voir les marins-pêcheurs de l’île de Sein débarquer les premiers à Londres, au lendemain du 18 juin, et Pleven qui venait de refuser son concours au général – ils n’étaient encore que trois à « représenter » dans son bureau la France libre – se raviser et rallier la naissante organisation. Emouvant pareillement de voir de Gaulle et Churchill d’abord croiser le fer, se toiser, puis dans le regard du Premier ministre une étincelle de reconnaissance – de quoi ? D’un alter ego qui, à l’heure où les premières bombes tombent sur Londres, incarne une conviction aussi folle que la sienne, nous tiendrons, nous résisterons, aucune force matérielle ne nous fera plier. Les jeux de miroir entre les deux hommes (si différents par la taille !), les passes d’armes parfois très savoureuses, très enlevées, disent l’essentiel, le primat du verbe, et de la volonté. Mais aussi la conviction que cette guerre se joue sur un très large échiquier (l’empire français d’Afrique), et une très longue durée (qui amène de Gaulle à se réclamer de… Clovis !). 

L’incarnation est une question cruciale, par exemple quand, dans un moment d’exaspération contre l’encombrant parasite, Churchill lance à son hôte « Vous n’êtes pas le France ». Et que de Gaulle, imperturbable, persiste à refuser au gouvernement de Pétain toute légitimité, l’idée même de France s’avérant incompatible avec cette soumission, cet abaissement avilissant. Lui ne conçoit la France que résistante, arc-boutée contre les compromis. Habitée par un idéal, et non vautrée dans la défaite. 

Ces deux films sont donc un hymne à l’idéal qui doit ranimer les affaires humaines, au courage, ou à la hauteur de vue. Laconique, taiseux (au théâtre où l’on annonce le discours d’un homme remarquable, il n’occupe la scène que pour y faire au public le salut militaire), de Gaulle montre une économie de paroles qui renforce sa séduction : il ne bavarde pas, il ne galvaude ni ne gaspille les mots, son plus précieux capital. Et ces mots, peu à peu, entraînent et prennent corps (pas à tous les coups, pas devant Dakar). 

Extraordinaire séquence où de Gaulle débarquant en Afrique s’avance en silence à la rencontre du général Catroux (cinq étoiles), chacun se demande lequel va faire plier l’autre, jusqu’à l’instant, décisif, où le plus gradé change d’avis, a-t-il reconnu chez son visiteur un principe supérieur à leur hiérarchie, un appel ? Il lui fait le premier le salut militaire – repos !

Baudry montre assez magnifiquement, en regard, la conduite des soldats ainsi harangués, ou formés pour le feu : à Bir-Hakeim autour du général Koenig, comme ensuite autour de Leclerc, les hommes font décidément face avec un héroïsme spectaculaire ; les scènes de bataille, poignantes, très convaincantes, montrent des hommes inférieurs en nombre et en équipements désespérément tenir, et redonner ainsi à la France ses premières victoires. Mais le deuxième film insiste aussi sur ce que notre pays aurait pu devenir, selon les plans de son libérateur américain, et comment Roosevelt avait redessiné la carte de nos frontières, et fait imprimer d’avance notre future monnaie… Notre vassalisation était en marche si de Gaulle n’avait, avec son intransigeance coutumière, refusé les plans du vainqueur aussi dangereux pour notre indépendance que l’alignement vichyste. 

En parallèle, Baudry suit aussi la si attachante figure d’un jeune étudiant dont l’histoire avait à peine retenu le nom, Fernand Bonnier de la Chapelle, qui en assassinant à Alger le 24 décembre 1942 l’amiral Darlan, implanté par Vichy mais approché par les Américains, renverse inopinément le cours de l’histoire. D’une façon générale, ces films montrent à quel point cette histoire n’était pas écrite, mais dépendait pour son développement de hasards, de rencontres, de bifurcations… Ils nous montrent la solitude du général, nu dans son bain, d’abord standing by the phoe ou quêtant l’appui d’un prêtre au confessionnal, y cherchant une confirmation divine puisque Dieu, comme résumera Churchill, « protège les petits enfants et les fous » – car qui d’autre, sinon, veillerait sur eux ? Mais cette veille ou ce secours peuvent aussi prendre la forme d’une petite chanson, que Churchill chantonne à de Gaulle et qui scelle leur entente. Discrètement, par petites touches, ces films retracent ainsi les chemins de la connivence, de la confiance et au fond de la Foi. Par quelle alchimie l’appel du 18 juin fonctionna comme prophétie auto-réalisatrice.

Le tout-dernier plan nous montre Churchill et de Gaulle, réunis à l’Arc de triomphe, s’éloigner de la flamme qui vient en superposition faire danser et consumer leurs corps – merveilleuse métaphore d’une union qui opéra tant de choses, et se révéla plus que toute autre ardente ! 

J’ai repris, à l’occasion de cette actualité, le beau livre de Régis Debray À demain de Gaulle (Gallimard 1990), qui examine l’inconscient religieux au travail dans l’Histoire, son rappel à l’ordre mystique. C’est ce que j’ai ressenti devant ces films, et autour de moi il me semble un plus large public.

32 réponses à « De Gaulle au cinéma »

  1. Avatar de Jacques de l'abbaye
    Jacques de l’abbaye

    Bonsoir !

    En ces temps de sécheresse (on dit canicule, maintenant), c’est une bonne chose d’aller au cinéma.

    On s’y rafraîchit…et les neurones aussi !

    Je n’ai pas vu le film, enfin pas encore…En citant, à la fin de son très beau billet, le livre de Régis Debray « À demain De Gaulle », le randonneur pensif montre qu’il a du nez.

    Ce livre, je m’en souviens, il était sur la table de la cuisine, un jour d’été, au début des années nonante.

    L’édile du village venu à la maison pour une démarche administrative a eu fissa cette réaction qui ne m’a pas surpris:

    « Encore un qui a viré sa cuti ! » en jetant un regard en coin en direction du livre de Régis Debray.

    La France rurale qui votait « De Gaulle » mais n’allait pas d’emblée saluer le Général en visite officielle dans le coin, a viré de bord quand il a fallu quitter le cul des vaches, pour aller à l’usine gagner sa vie et pouvoir consommer comme « Monsieur tout-le-monde » dont l’anagramme lui renvoie son image « Tu es le mouton endormi ».

    À l’autre bout de la contrée, on disait arrondissement à l’époque, l’enfant Régis, petit-fils de Jules, le calaisien, a conservé quelque part, au tréfonds de son être, les fragrances d’un poulailler qui, maintenant, lui font refaire un tour du côté de chez Swann. En ce temps-là, son oncle Pierre lisait Proust au jardin, un chapeau de paille sur la tête.

    Et lui jouait au petit soldat, une épée en bois entre les mains.

    Bien des années plus tard, une dame de ces lieux a lu son livre « À demain De Gaulle »; ce livre en appelle aux imprévisibles qui, sur notre champ de cendres, feront lever des vivants. Elle me l’a retourné recouvert de tissu, tout de rouge vêtu. Régis Debray sait nous mettre au parfum et nous dit « Tout » quand il observe que le spirituel revient par les narines.

    Mais comment dans « Tout » en supposant qu’il soit sensible et éducable, trouver
    le trait d’union gaullien qui peut faire
    corps ? »Quelque chose qui nous dépasse » dit une personne engagée dans la vie politique, une espérance peut-être…

    Dans « TOUT », le trait d’union, à juste titre, est là dans les « au-delà », substantif oblige, page 120.

    En revanche, page 184, au delà avec un trait d’union est une faute si le Littré est toujours considéré comme une référence.

    F-R de Chateaubriand ne commet pas l’erreur dans ses « Mémoires d’outre-tombe » :

    « Si le ciel n’a pas prononcé son dernier arrêt ; si un avenir doit être, un avenir puissant et libre, cet avenir est loin encore, loin au delà de l’horizon visible, on n’y pourra parvenir qu’à l’aide de cette espérance chrétienne dont les ailes croissent à mesure que tout semble la trahir, espérance plus longue que le temps et plus forte que le malheur. »

    Cité en exergue dans « Tout », page 9, cet auteur sait faire la différence entre une locution et un nom commun.

    Notre amie Anne du Collège de France, si érudite, pourrait sur ce point nous faire la leçon.

    Quant à la plus belle de la vie, dans quelle cour l’inaugurer, mes bons seigneurs ?

    Jacques de l’abbaye (qui a lu « Tout » publié chez Gallimard à l’aprilée dernière et qui, hélas, ne sait pas grand-chose !)

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Que de subtilités dans ce trait d’union ! Je ne suis pas sûr de bien entendre la distinction, au secours Anetchka ! Mais nous parlions du trait d’union samedi avec Régis qui nous recevait chez lui, un noeud médiologique attend nos éclaircissements dans judéo-christianisme, ou marxisme-léninisme : que fait le second terme au premier, ainsi réunis ? Immense question…

  2. Avatar de Alicien
    Alicien

    Bonsoir !

    Vous avez raison, mon bon maître, de recourir à la noble dame de la cour du Grand Collège qui, sans casser l’amitié que l’on se doit réciproquement, va nous donner son point de vue éclairé sur la référence au Littré auquel donne raison un ministre de notre française république. Un bracelet pour le croquant ? Si c’est le cas, on dira que le « ka chante » chez notre dame de la montagne d’azur.

    Mais revenons à notre ami dans son Amazonie francilienne. Sa mémoire est « incertaine » comme sont incertains les ombrages de la forêt, se plaît à dire le physicien qui connaît le poète élégiaque.

    Page 190 de « Tout », il nous parle d’une autre dame, celle de son enfance, Mme de Pétigny.

    À une lieue de là, s’est marié Maurice Henri Michel de Pétigny en 1866 au château de La Coussaie, près de Bressuire, avec Jacqueline Brochard de La Rochebrochard. Bien des décennies plus tard, la première dame de France, accompagnée de son chauffeur, assistait en ce même château, à un mariage. Les registres communaux ne mentionnent la moindre trace de descendance portant ce nom de « de Pétigny » qui a pour anagramme quelque chose « d’égyptien », en ses lettres.

    Il y a t-il comme une certitude dans les nervures de l’être ? Un peu, mon neveu, me dit une petite voix.

    Je veux dire une certaine gaieté pour désigner l’esprit d’enfance, si cher à celui qui a le goût de l’avenir.

    Les boîtes de Michel Serres, celles des corps mêlés, n’ont pas dit leur dernier mot…

    Et qui sait, le petit chat, n’est peut-être pas mort !

    Au bon heur d’une suite enchantée.

    Alicien, en vacance dans les Deux-Sèvres

  3. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    L’impressionnant film bipartite sur De Gaulle nous vaut un billet enthousiaste, merci cher Daniel.
    Sans y réagir directement, – encore trop sous le coup de l’émotion- deux petits pas de côté sur tout/ le Tout, et sur le trait d’union, puisque j’ai cru entendre un appel là-haut sur ma montagne…

    Difficile en effet de s’y retrouver, cher Jacques de l’Abbaye, dans la polysémie de ce terme et dans la variété de ses référents et connotations.
    Tantôt déterminant indéfini (tout homme, tout un chacun), tantôt pronom indéfini (tout ou rien) , ou nom commun (le tout m’intéresse), ou nom propre (le Grand Tout, personnifié, abstraction sacralisée, dont le référent oscille entre Dieu, l’Univers, ou l’Absolu…), ou adverbe (toute émue du film) . Sans parler des figements ou locutions comme celle dont vous faites une jolie pirouette : Monsieur tout-le-monde —- tu es le mouton endormi : bravo!

    Les référents et connotations sont si divers à ce Tout , cette Totalité (qui a fait le titre du dernier livre de Régis Debray) qu’on peut citer le titre malicieux Tout et plus encore : une histoire compacte de l’infini (David Foster-Wallace, 2011 (en mathématiques) ou encore « Omnis et totus » (Vignon Brøndal, 1943, in Essais de linguistique générale, NB totus= totalité holistique et omnis = tout distributif.
    Et l’affaire se complique quand on traverse les langues….

    En lien avec le film, et en allusion à la recherche de Régis Debray sur l’impossibilité de reconstruire une totalité après un effondrement, une fragmentation ou une perte d’un horizon commun, une figure vient incarner soudain qu’impossible n’est pas Français. Un Événement au sens fort des physiciens, « un trait d’union gaullien qui peut faire corps «, « quelque chose qui nous dépasse », « le trait d’union est dans les au-delà » (évoqués par Jacques de l’Abbaye). Ou selon la formule de Chateaubriand : « loin au delà de l’horizon visible » (merci d’avoir rappelé cette phrase qui définit le visionnaire).

    Et pour ce qui est du trait d’union graphique ou son absence, la chose est diachronique : Hugo, Balzac, Flaubert, Chateaubriand et autres écrivains n’usaient pas du trait d’union, mais la règle a évolué vers une standardisation de sa présence à partir du XXe s…

    Pour finir sur un terme gaullien, celui d’ « auxiliaire subordonné » que le Général fustigeait pour notre pays, pas de trait d’union sur le plan de la vassalité, avec l’Oncle Sam! Même si en ces années d’effondrement, l’Alliance fut salutaire et existentielle…

  4. Avatar de jfr
    jfr

    « Dans la direction de mon bras ! » Oui, quelle épopée ! Merci à Antonin Baudry dont l’intelligence et la force a été de nous donner non seulement un film lyrique, réaliste, précis, habité, bref enthousiasmant, mais aussi une leçon d’histoire. A projeter d’urgence dans les lycées et les collèges pour la jeune génération qui ne voit en De Gaulle qu’un monument historique. J’ai été surpris par l’ignorance de nombreux proches et amis quant à la réalité de l’épopée gaullienne et l’histoire de la Résistance aux heures sombres de l’Occupation. Le film en deux parties de 2H40 chacune nous retrace toute une réalité historique que beaucoup ignorent ou méconnaissent. Non seulement l’immense difficulté qu’a eu De Gaulle à survivre et à imposer le France libre mais aussi toute l’importance historique de Fernand Bonnier de la Chapelle sans lequel De Gaulle aurait tout simplement disparu. L’élimination de l’amiral Darlan fut en effet essentielle de même que l’unification de la Résistance par Jean Moulin. Sans le sacrifice de La Chapelle et celui de Jean Moulin, De Gaulle n’aurait tout simplement pas existé. Et la France de la Libération non plus. Le film de Antonin Baudry est fascinant non pas seulement parce qu’il nous fait participer aux grandes batailles et à l’héroïsme des soldats français, Bir Hakeim, Leclerc en Libye devant les chars de Rommel et de l’Africa-Korps, mais aussi parce qu’il nous rappelle que c’est grâce à De Gaulle que la France a pu échapper à la Libération au statut vassalisé de l’Amgot qui avait déjà battu monnaie pour remplacer le Franc français. Que serions-nous devenu avec Darlan choisi par Roosevelt et placé à la tête d’une France vassalisée par l’Amérique ? Une Espagne à la Franco ? Un pays dépendant qui avait collaboré avec l’ennemi au cœur d’une Europe occupée et soumise ? Toutes ces questions surgissent à la vision du film, de même que l’obstination exceptionnelle d’un homme qui avait une vision de la France ancrée dans l’Histoire. On assiste à l’épopée gaullienne et à la ténacité d’un homme d’exception qui pense le présent avec une vision de l’avenir et qui a un projet pour la France. Implacable adversaire du régime des partis de la 4e République, on imagine De Gaulle penser déjà à une nouvelle Constitution pour gouverner la France, celle de la 5e République. De Gaulle fut un visionnaire dès le départ, avec des cotés qui font sourire quand il se compare à Clovis, mais un visionnaire jusqu’au bout qui avait déjà mis en garde contre « l’étrange défaite » de 1940 et qui ensuite dénoncera implacablement la domination culturelle et économique des Etats-Unis sur une Europe ramant loin derrière eux. Oui, De Gaulle ou « une certaine idée de la France », « de la France éternelle » célébrée à la Libération de Paris, le 25 aout 1944, dans une formule lyrique devenue historique. « Paris libéré par lui-même » face à la foule en liesse, ivre de sa liberté retrouvée… Conclusion : Français si vous voulez exister, réveillez-vous… ! Et dites à tous vos amis et camarades d’aller voir d’urgence ce film à l’heure des nouvelles échéances..

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Pleinement t d’accord avec toi cher JFR, nous communions dans le même enthousiasme ! Mais c’est toi qui m’avait d’abord chaudement recommandé ces films…

  5. Avatar de Roxane
    Roxane

    Ce midi, attablé à la terrasse d’un petit restaurant atypique, je regardais le lac et la forêt en surplomb.

    Des jeunes gens alertes s’affairaient à servir la clientèle et un jeune garçon lisait, plongé dans son livre, au bout d’une tablée familiale.

    Ah, si J-FR eût été là, je lui aurais demandé la combinaison pour ouvrir le coffret qui se dissimule au fond des eaux dormantes, celle de l’inconscient que notre « serrurier » connaît plus que d’autres !

    Une certaine idée de voir les choses, bien sûr, qui vaut son pesant d’or, si l’orfèvre en telle matière possède la stricte clé. Sait-on jamais !

    Pour l’heure, on attend notre Moïse au féminin descendant de sa montagne tout de fin surah vêtu, dans ses mains les tables de la philosophie des corps mêlés.

    En bas, la foule sentimentale adore son veau d’or et les français sont des veaux, a dit le Général qui s’en est allé, à la fin des années sixties, sous un ciel irlandais.

    On aimerait le commentaire sur ledit chef, de celui, ancien élève de l’ENS et agrégé d’histoire qui a su analyser en quelque savante revue la prévalence du On sur le Nous et qui rejoint par là même le paragraphe sur le pronom indéfini neutre « ON », à la page 173 de « Tout ».

    Icelui connaît sa vie, sa légende qui n’a pas cessé de s’écrire. Un symbole qui n’en finit pas de hanter le paysage politique français. Monsieur P R en a fait un livre. Il a aussi écrit sur un autre grand président.

    Sa place est ici pour tout nous dire mais peut-on « tout » dire ?

    Marianne et Gavroche, autrement dit, les petites gens, qui attendent leur libération, peuvent-ils compter sur l’intelligentsia éclairée pour les aider à comprendre quelque chose à l’abstraction prophétique ?

    Qu’en pensez-vous Daniel ?

    Un jour qui n’était pas couleur d’orange, un jour de vigile d’Assomption, jour férié, l’auteur de « À demain De Gaulle », assis à la table d’une vieille bâtisse qui a vu, en d’autres temps, manger les hommes d’ouvrage, les jours de battage, s’est plu à dessiner sur un bout de nappe blanche des ellipses avec quatre flèches : deux en haut pour « tout vu » et deux en bas pour « vu pas tout ». À votre guise d’aller quérir la clé du rébus dans les émergences de La Méthode de notre cher Edgar Morin, pour savoir « tout sur tout ».

    Sans les qualités requises de résistance et d’envol, c’est vite dit, mon capitaine !

    Bonne semaine avec la chaleur qui va s’atténuer.

    Roxane

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Daniel vous répondra u’il est urgent que nos jeunes gens voient ce film d’Antonin Baudry, stupéfiant d’audace et d’intelligence, et y puisent quelques leçons de politique, ou d’histoire, qui manquent tant à leur culture !

      1. Avatar de Daniel Bougnoux
        Daniel Bougnoux

        Ok

  6. Avatar de Gilles Le Dorner
    Gilles Le Dorner

    La France gaullienne ne l’ est plus de longue date , les français ont accepté ou laissé faire . Elle pouvait , pour certains elle devait , maintenir en son indépendance très particulière sa place très particulière entravant ou essayant d’ entraver en s’ interposant la logique des blocs et des spirales . Tout n’ est pas binaire dans ce conflit à l’ Est , loin de là . Les coups de menton en raidissements sont-ils oubliés précédant sur un prétexte déclenchant les boucheries de 14/18 ? Et le domaine réservé en politique étrangère est ce qu’il est ; mais le domaine dit réservé n’ est pas infaillibilité de pensée ni pouvoir absolu / Il est d’ autres conflits ou d’ autres spirales il est vrai et d’ autres oublis , d’ autres mépris , d’ autres silences qui ne sont pas prières , d’ autres rejets : la terre est presque plate à force de taper dessus et l’ eau des écuelles (écuelles ou assiettes) gelée de toutes ces guerres « vous valez plus que des moineaux » Espérance

  7. Avatar de Gilles
    Gilles

    Nota bene : la souveraineté ? En pays ? C’ est vous , chacun. de nous / une chanson en fête en tête peut-être , comme de Barbara de la plus belle histoire d’ amour , ou sans atteinte à l’ auteur de petite Marie aussi , petits cailloux petites madeleines , et grains de sable et myriades d’ étoiles Espérance

  8. Avatar de M
    M

    Bonsoir tout le monde, comme on dit par chez nous !

    Ce jour de fête nationale marqué, ce soir, par une belle victoire hispanique, me revient à l’esprit cette lettre à votre serviteur destinée, de Max Gallo, au début de ce siècle, me citant l’auteur de « L’étrange défaite » sur le sacre de Reims et la fête de la Fédération.

    Je relis avec plaisir et intérêt des deux derniers commentaires de Monsieur G. Le Dorner dont le fin et dernier mot est « L’espérance » anagramme, on le sait, de « la présence »

    Ce film qui a laissé tout émue, Madame Anetchka, en appelle à l’espérance, j’imagine !

    C’est bien cette ouverture, cette attente confiante de l’avenir qui prononce la clôture des trois tomes des Mémoires.

    « Vieil homme, recru d’épreuves, détaché des entreprises, sentant venir le froid éternel, mais jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance ».

    Cette espérance peut-elle se concevoir dans un temps linéaire ? Quelle signification s’en dégage ?

    Dans une lettre en date du 23 décembre 1954, l’auteur des Mémoires de guerre pense l’espérance dans une sorte d’optique barrèsienne qui l’enchantait.

    Or, M.Barrès a fait l’objet d’un éloge particulier dans La Revue Blanche, l’année de naissance de Louis Aragon, de la part de Léon Blum.

    « S’il fallait conclure, je me dirais barrésien » (Louis Aragon). C’est Charles De Gaulle qui a rendu ses droits civiques, en 1958, à L.Aragon.

    L’auteur du « Culte du moi » lu avec soin et intérêt par le Général, n’a oncques eu les honneurs de La Pléiade, que je sache !

    « En ce jour de Noël 1942, la France voit à l’horizon, réapparaître son étoile » (Discours et messages)

    Puissances du sentiment et forces de l’esprit…

    Où sont nos rois mages, aujourd’hui, pour nous la montrer du doigt, cette inaccessible étoile?

    M

    14 juillet 2026

  9. Avatar de Jfr
    Jfr

    Réponse à M : De Gaulle aurait-il rendu ses droits civiques à Aragon? Mon amie l’IA me précise le contraire… Depuis quelque temps je vérifie tout sur l’IA, Je veux tout savoir. Si la terre est ronde et si le soleil a rendrez-vous avec le lune. L’iA éclaire et reconnecte mes neurones à la vitesse de l’éclair. Voici ce que l’IA opposé à M (du nom du film de Fritz Lang comme nous l’appelons affectueusement entre nous en bons cinéphiles… ..). «  Louis Aragon n’a en réalité jamais été privé de ses droits civiques au sens juridique du terme. Il a continué à voter, à publier et à exercer une activité publique après la Libération.
    Il existe cependant un épisode qui peut expliquer votre question.
    En 1939, après la signature du pacte germano-soviétique, le gouvernement d’Édouard Daladier interdit le Parti communiste français. Les députés communistes sont déchus de leur mandat, certains sont condamnés, emprisonnés ou privés de certains droits politiques. Aragon, qui n’était pas député, est mobilisé comme médecin auxiliaire et n’est pas concerné par une déchéance de droits civiques.
    En revanche, 1958 marque un tournant politique. Avec le retour au pouvoir du Charles de Gaulle et la naissance de la Ve République, un certain nombre de mesures d’amnistie mettent fin aux conséquences judiciaires ou administratives qui pesaient encore sur diverses personnes condamnées pour des faits politiques antérieurs. Mais Aragon n’avait pas, lui, à « retrouver » ses droits civiques… ».

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Si!Aragon a bien été privé de ses droits civiques circa 1950. Je voyage trois semaines sans mon ordi, internet est devenu difficile je répondrai plus en détail à mon retour.

  10. Avatar de Gilles
    Gilles

    C’ est difficile à mettre en balance , le temporel et le spirituel . C’ est renier ou facilement falsifier d’ utiliser le spirituel pour la justification de soi , au risque du pire et même d’ exactions ou de guerres . Deux cités selon St-Augustin ? Mais qu’ est la Foi sans les actes par St-Jacques ou St-Jean-Chrysostome ? . Le temporel même laïc a parfois des accents spirituels « non c’ est non / que votre non soit un non ou que votre oui soit un oui  » . Il est des transgressions en temporel , par exemple la quasi forfaiture du dit mini-traité de Lisbonne bafouant le referendum de Mai 2005 , abrégeons . Ou encore quand le politique manie le sociétal a connotation spirituelle sur la ligne de crête des consciences quand tout n’ est pas à cadrer dans nos vies qui ne sont pas que citoyennes , comme il manie le sociétal parfois jouant de clivages ou sur les calculs de politiciens et de lâchetés mais négligeant le politique au sens large et respectable face aux priorités des réalités . Et puis vient un sujet très sensible , remuant nos ou les consciences , pouvant même rester sans réponse au tréfonds , un sujet devenu un vote , mais nous a-t-on consultés ? , un sujet grave qui n’ est pas que conjoncturel , qui n’ était pas urgence et quand le palliatif est à parfaire , le sujet dit loi fin de vie . Il n’ est pas d’ anagramme novlangue ni verlan à : soins du Soin , de prendre soin et de la vie et de vies , et pour certains Vie Espérance

  11. Avatar de Gilles Le Dorner
    Gilles Le Dorner

    Nota bene : la colère est mauvaise conseillère . Mes excuses . Et puis à nos députés aussi , car on leur fait porter par ce vote , par eux seuls , il est vrai , ce vote sur l’ aide à mourir des tourments , des crises morales . des fragilisations et des clivages et des divisions et conflits et peut-être des doutes sur tout et du droit humain et profond d’ être , malgré votes et apparences , émus et même bouleversés

  12. Avatar de M
    M

    Bonjour cher Monsieur J-F R !

    Un peu d’eau, enfin, sur nos bocages ! Une bonne nouvelle pour rafraîchir la terre et les esprits.

    Terre de France que le Général considérait comme l’une des figures de l’espérance.

    Selon Valère Staraselski, Aragon, en tant que Directeur de « Ce soir » avait été privé de ses droits civiques pour une décennie à l’occasion d’un article sur l’intervention de l’Armée contre les mineurs en grève. Une grève réprimée par la troupe en 1948 avec participation de soldats marocains. « Ce soir » avait indiqué qu’il s’agissait de tirailleurs sénégalais.

    Ses droits civiques lui furent rendus en 1958 par Charles De Gaulle (Aragon. La Liaison délibérée)

    En 1945, le Général écrivait à Aragon :

    « Sans les poètes, les siècles futurs se seraient l’un à l’autre éternellement renvoyés la plainte informulée de la patrie violée, sans peut-être plus tout à fait en comprendre le sens. »

    Cher Monsieur J-F R, vous voilà maintenant un fan discipliné du chat kicétou. Ma foi, pourquoi pas !

    Je pense à ces braves personnes, naguère, sortant de leur poche un pendule pour décider de leurs actions dans la vie de tous les jours.

    Alicia, une amie attachée à la politesse de notre langue, a voulu, avant de m’écrire, vérifier l’orthographe de cette phrase : « J’étais toute énervée, en lisant cet article »

    Et votre gentil minet en odeur de sainteté algorithmique de lui répondre que « toute » était la graphie de rigueur car placée devant un adjectif commençant par une consonne.

    Vous avez dit « fabrique du crétin digital », docteur ?

    Sans commentaires

    M

  13. Avatar de Roxane
    Roxane

    Bonjour !

    Dans « Guérison », il y a, Monsieur Gilles, les lettres du « Soigneur »

    Roxane

  14. Avatar de Jfr
    Jfr

    Merci Daniel .. Comme quoi il faut toujours vérifier l’IA qui n’a pas le monopole de la vérité…. Voici son mea culpa : « Vous avez raison, et je vous remercie de cette correction. Ma réponse précédente était inexacte.
    En 1949, Louis Aragon fut effectivement condamné comme directeur du quotidien Ce soir pour un délit de presse (« propagation de fausses nouvelles »). Le journal avait rendu compte de la répression de la grève des mineurs de 1948 et avait indiqué que l’armée avait utilisé des « tirailleurs sénégalais », alors qu’il s’agissait en réalité de soldats marocains. Cette condamnation entraîna une privation de ses droits civiques pour dix ans.
    Cette décision suscita une vive émotion dans les milieux intellectuels. En témoignage de solidarité, Paul Éluard, Tristan Tzara, Guillevic, Claude Roy, Madeleine Riffaud et plusieurs autres publièrent la plaquette Guirlande d’Aragon privé de ses droits civiques à l’automne 1949.
    En 1958, avec le retour au pouvoir du général de Gaulle, Aragon fut relevé de cette incapacité et recouvra ses droits civiques avant le terme théorique de la peine.
    Ce dossier est d’ailleurs intéressant sur le plan politique. De Gaulle n’était nullement proche des positions communistes d’Aragon, mais il souhaitait, au début de la Ve République, tourner la page d’un certain nombre de contentieux politiques hérités de la IVe République. La restitution des droits d’Aragon s’inscrit dans ce contexte plus large d’apaisement institutionnel.
    Si vous le souhaitez, je peux également retrouver le jugement de 1949 et le texte juridique de 1958 qui a permis à Aragon de recouvrer ses droits civiques. ».

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Bravo à JFR pour cette IA faillible mais repentante ! Aragon avait été déchu de ses droits civiques pour des raisons risibles, scandale de traiter ainsi le combattant héroïque de 1940 et le poète résistant ! De Gaulle appréciait assez ses vers pour en lire à Radio Londres, il l’invita dans sa loge à la Comédie française pour une soirée consacrée aux poètes de la Résistance mais Aragon refusa ce siège ! l’après guerre n’était pas simple à gérer pour les Communistes face au général…

  15. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    À propos d’Espérance, répété par Gilles comme un leitmotiv, ô surprise! En recherchant dans ma bibliothèque familiale sur mon lieu estival, en mon village perché, je tombe sur les 4 volumes des Mémoires de Guerre et des 2 volumes Mémoires d’Espoir (Éditions Famot, Librairie Plon, exemplaires réservés par François Beauval à ses amis bibliophiles; belle édition bleu marine à l’effigie circulaire dorée du Gérénal).

    Et dans l’un d’eux, sous une enveloppe jaunie, une lettre manuscrite recto verso jaunie signée G. de Gaulle, accompagnée d’un autre feuillet, de même format, tout aussi jauni, en recto verso assez biffé et signé Général de Gaulle en toutes lettres.
    Tellement émouvant…
    Je vous les soumets.

    1e lettre en-tête imprimée à gauche LE GÉNÉRAL DE GAULLE et au dessus: Ex. n* 1, datée à droite : 16 janvier 1952.

    Page 1 recto :

    Je veux que mes obsèques aient lieu à Colombey- les – Deux Églises. Si je meurs ailleurs, il faudra transporter mon corps chez moi, sans la moindre cérémonie publique.
    Ma tombe sera celle où repose déjà ma fille Anne et où, un jour, reposera ma femme. Inscription : Charles de Gaulle (1990- ….). Rien d’autre.
    La cérémonie sera réglée par mon fils, ma fille, mon gendre, ma belle-fille, aidés par mon Cabinet, de telle sorte qu’elle soit extrêmement simple. Je ne veux pas d’obsèques nationales. Ni présidents, ni ministres, ni bureaux d’assemblées, ni corps constitués. Seules les [illisible] françaises [en ajout au dessus, en exposant] pourront officiellement, en tant que telles; mais leur participation doit être de dimensions très modestes, sans

    Page 1 verso :

    musiques, ni fanfares, ni sonneries.
    Aucun discours ne devra être prononcé, ni à l’Elysée, ni ailleurs. Lors d’oraisons funèbres au Parlement. Aucun emplacement réservé pendant la cérémonie, sinon à ma famille, à mes Compagnons membres de l’ordre de la Libération, au Conseil Municipal de Colombey. Les hommes et les femmes de France et d’autres pays du monde pourront, s’ils le désirent, faire à ma mémoire l’honneur d’accompagner mon corps jusqu’à sa dernière demeure. Mais c’est dans le silence que je souhaite qu’il y soit conduit.
    Je déclare refuser d’avance toute distinction, promotion, dignité, citations, décorations, qu’elles soient françaises ou étrangères. Si l’une quelconque m’était décernée, ce serait en violation de mes dernières volontés.

    Signé en bas à droite: G.de Gaulle

    Quant à la Page 2 recto-verso, elle est difficile à déchiffrer, et vous la livrerai plus tard…

  16. Avatar de Aurore
    Aurore

    Bonsoir !

    J’ai reçu, ce matin, aux premiers rayons de l’aube, le message d’un spécialiste en médecine physique, passionné par la logique du tiers inclus contradictoire.

    Quelques mots sur son site :

     » La prosopopée

    Antagonismes en interaction: Entre parole et absence, parole et silence »

    Une jolie fleur et une chanson : « Mon amie la rose ».  »

    Et, ce soir, je relis l’extrait des Lettres, notes et carnets VII, du 16 janvier 1952, cité ce jour par Mme Anetchka.

    « Dans l’hiver séculaire, ces funérailles historiques semblent à peine connaître l’Histoire » ( A.Malraux, Introduction à : Louis-Henri Boussel « Charles de Gaulle -12 novembre 1970 »)

    Madame H. Votre hôte de l’autre jour, cher randonneur, en a fait un livre.

    Les gens de haut lignage qui côtoient Mozart dans les festivals reconnaîtront ce responsable de programmes qui écrivait à la fin d’un chapitre sur « Le secret de la nature » :

    « C’est pourquoi l’on est sûr que le printemps, tout à coup, reverdira sans prévenir, et que la parole de De Gaulle ne pourra que s’avérer : »Jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance »

    Même au-delà de la vie. De la terre refermée.

    Un jour.

    Quel jour?

    Qui le sait ? » (reproduction fidèle du texte)

    En ton ciel étoilé, au grand bal des énarques, chauffe Marcel, pour nous le donner ce sacré printemps !

    Un jour couleur d’orange…

    Aurore la caissière, quand minuit sonnèrent

  17. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    Je poursuis sur le deuxième feuillet qui est une variante un peu plus longue de l’Appel du 18 juin. Le dernier paragraphe surtout est allongé. Il s’agit d’un manuscrit antérieur, raturé ici et là, et comportant des signes diacritiques (// indications de pauses orales ? Et une grande + )

    Page recto :

    A tous les Français
    [au dessous: premiers mots illisibles sauf « défaite » à la fin, raturé et recouvert d’une grande croix]

    La France a perdu la bataille. //
    Mais la France n’a pas perdu la guerre ! //

    [Ses gouvernants pernicieux : raturé]
    Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude [mot illisible raturé]. Cependant , rien n’est perdu!
    Rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. L’ennemi a gagné la première manche. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné: un jour ces forces l’écraseront.
    Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors elle

    Page recto:

    retrouvera sa liberté et sa grandeur. //
    Tel est mon but, mon seul but!
    Voilà pourquoi j’appelle aux armes tous les Français qui peuvent les prendre, afin de combattre aux côtés de mes alliés; voilà pourquoi j’invite ceux qui se trouvent sous le joug de l’ennemi à lui résister passivement jusqu’à ce qu’ils puissent se joindre à moi ; voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance.
    [Notre patrie est…mots illisibles]
    Notre patrie est en péril de mort, luttons tous pour la sauver ! C’est le devoir! Il passe avant tout!
    Vive la France !
    Général de Gaulle
    [ à droite et en toutes lettres]

  18. Avatar de Gilles
    Gilles

    Bonjour ! Cela s’ appelle .. présence ? Sans prétendre être un donneur de leçon en phylactères ostentatoires aux carrefours ou un zorro justicier redresseur de torts ni addict en déballage narcissique sur la toile ni même E.T. . Ni même le Bossu visant aux consciences entre les deux yeux . Retirer sa poutre dans l’ oeil plutôt que la paille dans l’ oeil du voisin ou même du cyclope . « ne te venge pas » , Sagesse , « brise légère » Espérance aussi . « Il ne restera rien que le champ de l’ effort que nous aurons semé » écrivit CDG . Qui a Semé le Premier ? Et puis c’ est Patience aussi , Qui est Patience en Premier « et Lent à la colère » aussi ? On fait ce qu’ on peut avec ce qu’ on a , et il n’ est pas de finitude (peut-être ?! ) ni de fins de voir comme dessein de voir ce l’ on espère . « Celui qui croyait au Ciel , celui qui n’ y croyait pas  » (ou pas encore , qui sait ?) . Il n’ y a pas que soi ni que France , et la grandeur est aussi rester « petits » . On fait ce qu’ on peut avec ce qu’ on a . Sans prétendre même contribuer ou parvenir à faire avancer quelque schmilblic . « A quoi pensez-vous ? / A rien… » . Les guillemets ici ou là ne sont pas intention d’ offense , cela dit car le danger guette ! des puristes ou intégristes cloisonnés à l’ affût inquisiteurs des temps modernes . L’ humour nous garde , c’ est un peu comme des rires d’ enfants . « Et gardez-nous des coeurs d’ enfants » . Temps de vacances et humour parfois d’ homélies , qu’ emporter en temps de vacances et même tout le temps , les vacances et menus bagages c’ est vacare disponible , un peu comme les graines en bord de chemin , ou en terrain pierreux , ou en terrain parsemé de ronces , pour certains , chacun sa poutre ? bonne terre aussi , ce n’ est pas bla-bla ni dérision cette homélie commençant en humour par un sms janvier 2020 sauf erreur  » Il est mon meilleur ami » Espérance un Partage et partages comme quelques journées d’ Assise ou en le dit hors-les-murs , on fait ce qu’ on peut avec ce qu’ on a , Cheminer

  19. Avatar de Jfr
    Jfr

    Magnifiques documents… ils évoquent non seulement des faits historiques que nous connaissons, mais ils révèlent en plus l’engagement de ceux qui les ont pieusement conservés..

  20. Avatar de Addison
    Addison

    Bonjour Mademoiselle,Madame, Monsieur !

    Je viens de lire posément quelques commentaires de ce blogue et au risque de vous surprendre, je me dois de vous dire que je tombe des nues.

    Dans quelques proses érudites, on décèle du non-dit et au bout du compte, on se retrouve Gros-Jean comme devant, laissé sur notre faim d’en savoir un peu mieux et plus.

    Qu’une caissière de supermarché d’Aucun ou d’ailleurs cite Heidegger et Hölderlin, je veux bien, mais faut pas prendre les gens pour des perdreaux de l’année, quand même !

    Et ça détonne de partout, avec des politesses aristocratiques qui feraient tomber sur leur derrière nos étudiants en sciences politiques qui n’ont jamais appris à dire bonjour et merci dans leurs maternelles de quartier.

    Monsieur Notre Maître, Messires, il ne messied pas, oncques et j’en passe…ne sont pas des mots qui font florès sur les réseaux sociaux ou dans les discours de nos tribuns médiatiques.

    Je me dis pourquoi pas, mais que veut-on dire au juste ou bien cacher explicitement ?

    Aurore n’est pas plus caissière que votre serviteur fermier au fond de la Creuse.

    Elle nous fait penser à la caissière de Giraudoux dans sa pièce pleine de finesse « Cantique des cantiques » qui n’a pas été rejouée depuis bien longtemps.

    La Caissière, par son contact permanent avec le quotidien, souligne implicitement ce contraste : les grandes déclarations doivent finalement composer avec la vie ordinaire.

    Et le chat bien-aimé de J-F de préciser à qui veut bien l’entendre, le message de la caissière de la pièce giralducienne :

    « L’amour est sublime, mais il ne peut échapper entièrement au monde réel. Ce sont souvent les regards les plus humbles qui en perçoivent la vérité avec le plus de netteté. »

    Cependant le minet porté aux nues se mélange maintes fois les croquettes.

    Un exemple récent. Il affirme que le poète André Breton est cité dans « L’air et les songes » de Gaston Bachelard, un penseur dont il est question dans un billet en date de janvier 2020, du randonneur.

    C’est faux. Il n’est pas mentionné en ce livre qui a fait l’objet d’un bel article de Marc Ragon dans « Libération », page 26 du jeudi 17 septembre 1992. En revanche, deux « bretons » E.Guillevic et Saint-Pol-Roux, dans ce livre publié en 1943, sont à la page.

    Décidément, on cherche un autre chat échappé de sa boîte noire, mais qui nous le rendra ?

    Un jour ou plutôt une nuit, un chanteur en a fait l’expérience. Son chat s’appelait « Schrödinger » et le poète depuis s’en est allé…

    Dans une lettre adressée de Pierre-Payen, le 8 octobre 2003, à son mentor perdu, Gilles-D…formule un seul souhait : pas de noms propres.

    Dont acte

    Addison

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Pardonnez mon retard à valider votre commentaire cher nouvel entrant, mais le randonneur… randonne, à vélo entre Brest et Saint Malo, et sans ordinateur, Notre blog sera donc un peu en veilleuse pour les deux semaines à venir – disons d’ici au 5 août environ…

  21. Avatar de Addison
    Addison

    À bicyclette…Quelle bonne idée !

    Soyez très prudent sur les routes, quand même, fussent-elles départementales !

    Je vous dis « À la mi-août »… Ray Ventura dans la tête et le vent.

    Avant l’oût, je vais essayer d’engranger des connaissances en consultant votre blogue que je viens de découvrir, grâce à une amie, religieuse au couvent Sainte-Cécile.

    Si d’aventure, il nous faut fouetter d’autres chats, ça peut servir, foi d’animal !

    Le Roc’h Trévézel vous attend. Et vous nous reviendrez…Transfiguré.

    Addison

  22. Avatar de Jfr
    Jfr

    Bon voyage au Randonneur donc, Addison m’a bien fait rire et, en plein accord avec lui, je ne suis PAS prêt à donner ma langue au chat. Une critique fort sérieuse commence à poindre dans nos villages et appartements cossus sur cet animal venu des Amériques et demain de la lointaine Cathay qui stocke toutes les données que nous lui fournissons dans nos belles conversations. Dans quel but ? Nous allons bientôt nous retrouver face à Big Brother et la police de la pensée. De pensée nous risquons bientôt de ne plus en avoir, si nous déléguons au chat le soin de penser à notre place… Adieu veaux, vaches, cochons, couvées, le chat risque de nous avaler…. Sachons donc l’utiliser, comme instrument faillible, dirigé par notre seul esprit critique, toujours en éveil… JFR la laitière.

  23. Avatar de Roxane
    Roxane

    Relâche estivale

    Quand le chat n’est pas là, les souris dansent !

    Notre maître randonneur chemine en Brocéliande.

    Aussi, les lecteurs, exilés à domicile, peuvent-ils s’en donner à cœur joie, palsambleu !

    C’était hier dans une salle d’attente, quelque part, en province.

    Les gens assis étaient sages comme des images, silencieux, certains les yeux rivés sur leur portable, telle votre servante pas championne en la matière avec son petit truc à touches.

    Une jeune fille, collégienne, lisait un livre.

    J’ouvre le feu :- « Mademoiselle, vous aimez lire ? Et c’est parti mon kiki ! La salle entière participe et fusent questions et réponses.

    George Sand, Marguerite Yourcenar, Harry Potter, j’en passe et des meilleurs.

    La dame d’en face écrit quatre pages par jour sur un cahier et rêve de passer chez Pascal Praud.

    – Oui, mais pour publier, faut trouver un éditeur .

    – Mon fils est à Paris et il connaît du monde, il va s’en occuper !

    – Ah bon !

    Un monsieur handicapé est aux anges, il parle, parle de ses études écourtées et de son goût pour la lecture et l’écriture. Comme bénévole, il place les gens dans un cinéma, ce qui lui permet de voir des films gratuitement.

    – Vous avez vu le film sur de Gaulle ?

    – Oui, c’est bien ! J’aime aussi Philippe de Villiers que je regarde tous les vendredis. C’est le courage et l’audace qui comptent !

    – Quand on voit tous ces navets qui passent sur les chaînes nationales, on se demande ce qu’ils font de notre argent, c’est un scandale !

    On a compris, la plupart des occupants de la salle d’attente, regardent CNEWS.

    – On en a marre, faut que ça change !

    Le praticien ouvre la porte et s’exclame en souriant :

    – Eh bien, ça discute fort, c’est sur quoi la conférence ?

    Dans la voiture, je pense à ce petit moment volé au temps. Des mots pour ne rien dire, des paroles en l’air qui tombent comme le grain sur un chemin caillouteux…Poussière de vent, dit le Qohélet.

    Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir…Tout est fichu ! Pas si vite en vaine besogne, on ne sait jamais, du grain peut encore germer et produire une fleur pouvant guérir notre âme malade, pour peu qu’il tombât sur une bonne terre.

    Revienne notre semeur.

    Roxane

  24. Avatar de ml
    ml

    Bonjour !

    Ce jour, sous une grange d’une ferme du Poitou, ce sera la remise des prix pour des belles qui aiment notre langue et l’écrivent correctement.. sans fautes d’orthographe.

    Il y sera aussi question d’éclipse de la nature…à la ronde, où les lauriers sont coupés

    Ah, bonne gens, si seulement le Collège de France pouvait nous entendre pour nous faire la plus belle leçon de la vie !

    Le onze août, jour de susception

    M L

  25. Avatar de Alicia
    Alicia

    Bonsoir !

    Oui, j’étais là dans la chaleur de l’été, à cette remise des prix entre livres du Conseil général et autres romans pour récompenser ces dames (Où sont les hommes ?) passionnées par l’écriture et la lecture, aux premières places d’un concours de dictée très originale. L’une d’elles, correctrice agréée, s’est plu à nous parler de son étourderie.

    Elle a oublié le s final à « Mythologies », celles de R.Barthes, bonnes gens !

    Et le maître des lieux d’enchaîner sur « L’Étourdit  » avec un t final de Jacques Lacan.

    Entre une fleur rouge et une fleur bleue, dans une amphore, était accolée une citation de Gaston Bachelard
    Et sur la table, un livre ouvert au chapitre de « L’éclipse de la nature » pour « Nous autres, modernes » selon l’auteur de cet essai en quatre leçons ?

    Sur ces chemins agrestes, peut-on se contenter d’une « simple loupe » qui a dans ses lettres, celles contenues dans « Le populisme » pour parler de la nature ? Ne demandez pas à la foule qui se précipite, ce jour même, chez le marchand pour acheter des lunettes de soleil…noir, de préférer la loupe, celle de l’homme de « La Poétique de l’espace », celle qui ne se commercialise où, dans le détail apparu, on trouve quelque chose d’important qui nous touche et que l’on peut contempler.

    Quèsaco, vrais honnêtes gens ? Posez la question à Sœur Anne qui, du haut de sa tour, nous fera une autre leçon. N’est-elle pas censée, notre égérie des grandes écoles, nous éclairer, nous, gens d’en bas, sur ce qu’elle voit se profiler dans un horizon non humain, par-delà nature et culture ?

    Au bout du compte, une sacrée révolution en perspective, qui sait !

    À livre ouvert, on attend la suite…

    Alicia

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À propos de ce blog

  • Ce blog pour y consigner mes impressions de lecteur, de spectateur et de « citoyen concerné ». Souvent ému par des œuvres ou des auteurs qui passent inaperçus, ou que j’aurai plaisir à défendre ; assez souvent aussi indigné par le bruit médiatique entretenu autour d’œuvres médiocres, ou de baudruches que je…

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À propos de l’auteur

  • Daniel Bougnoux, professeur émérite à l’Université Stendhal de Grenoble, est ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie. Il a enseigné la littérature, puis les sciences de la communication, disciplines dans lesquelles il a publié une douzaine d’ouvrages.

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Les derniers commentaires

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