Israël-Palestine, la terreur en miroir (2)

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Je lis dans La Croix de ce mercredi 25 octobre le vibrant (donc sympathique) témoignage d’un auteur pour moi inconnu, Emmanuel Golo, en faveur de son pays, sobrement intitulé « Israël ». Plaidoyer irrécusable sur la force des attachements ou des identifications à des racines qui nous grandissent, à une Histoire qui nous élève ; Emmanuel adhère corps et âme à un peuple, à une nation aujourd’hui gravement blessée, traumatisée, et dont les blessures sont les siennes ; il ne tolère donc aucun « oui mais », aucune concession au point de vue d’un adversaire, le droit à l’existence d’Israël est un bloc, non négociable.

Cette page qui peut entraîner, voire galvaniser son lecteur me semble pourtant très unilatérale, et ne se lit pas sans malaise. Car la rhétorique propre à Emmanuel Golo peut susciter en miroir les mêmes accents d’appartenance ou d’identification d’un Palestinien à cette terre dont lui-même se trouve exproprié, ou exilé ; lui aussi peut déplorer à juste titre les attaches perdues, la mémoire piétinée… Et cette symétrie fait tout le drame de l’impasse actuelle, où un gouvernement comme celui de Netanyahou reste sourd et aveugle à toute proposition d’une solution incluant deux Etats.

Emmanuel Golo martèle son haut-le-cœur devant le « oui mais ». C’est trop vite dit et il faut sur ce point s’entendre. L’attaque du 7 octobre est une infâmie, un retour aux pires atrocités de la Shoah qui n’admettent aucune excuse, aucune circonstance atténuante : des combattants ne se comportent pas comme ça, il y a des lois de la guerre qui sont ici bafouées par des terroristes, et ceux-ci par conséquent méritent une réprobation universelle. Dira-t-on que le Hamas se bat pour la cause palestinienne ? Et que dans cette mesure il représente celle-ci à la face du monde ? Mais quel Palestinien doté de jugement critique, ou d’un ferment d’humanité, acceptera de se voir ou de se dire représenté par de pareils égorgeurs et violeurs ? Il faut donc très fermement, au seuil de toute discussion, dissocier la guerre (la Résistance) et le terrorisme, il ne faut pas tomber dans cet amalgame : non les Palestiniens ne sont pas le Hamas, et ils ne méritent donc pas d’être châtiés pour le pogrom du 7 octobre.

Emmanuel Golo, dans son identification éblouie aux pères d’Israël, ne mentionne pas assez l’histoire du Proche Orient depuis la fondation de cet Etat ; deux peuples y appartiennent également à une même terre, y ont des droits égaux. Le « oui mais » est donc fatal, comme le « en même temps » cher à notre Président : oui Israël doit vivre, mais pas en opprimant son voisin ; oui je suis fier de me proclamer Juif, mais cette identité n’a pas pour condition la suppression de l’autre. Au nom de quoi, du premier occupant ? Mais comment allez-vous « ponctuer » l’histoire, multiséculaire, de cette occupation ? Les conflits se passent ici en miroir, et obéissent à la loi de la vendetta ; comment briser ce cycle de la vengeance, comment « recadrer » ou sortir du carré ?

Les deux belligérants en présence, aujourd’hui ivres de haine et de griefs accumulés, n’y parviendront pas tout seuls, il faut à l’évidence une médiation extérieure. Notre Président s’y emploie, sans grandes chances d’être aujourd’hui entendu. Mais sa démarche peut en rallier d’autres, en Europe et au Moyen-Orient, pour initier au moins un semblant de désescalade, une pause dans la montée aux extrêmes. La colère, la vengeance, la haine, pas plus que l’enthousiasme des identifications et les proclamations d’appartenance ne résoudront ce conflit – j’allais écrire ce merdier, où Tsahal se trouvera inéluctablement plongée si elle s’engage par malheur dans les ruines de Gaza.

Miroir demeure donc à mes yeux le mot-clé, le symptôme d’une « effrayante symétrie », qui veut que Netanyahou représente aussi mal la grande nation israëlienne que le Hamas le peuple de Palestine. Or de part et d’autre du miroir on s’enfonce dans une dangereuse, une obsédante fascination, on ne voit plus l’autre, mais soi et encore soi, sa propre cause sacrée. Comment briser ce face-à-face, comment restaurer un peu d’altérité ?

18 réponses à “Israël-Palestine, la terreur en miroir (2)”

  1. Avatar de Kalmia
    Kalmia

    Bonjour !

    Je lis souvent dans ce blogue, une apologie plus ou moins voilée et sans bornes des « petites gens » toujours sévèrement dominés par d’affreux capitalistes. Des intellectuels en vue apportent leur pierre à cette façon de voir les choses; ce qui les arrange souvent car sans prolétaires à défendre, qu’adviendrait-il de leur fonds de commerce ?

    Et si la réalité était beaucoup plus complexe ? Et si l’on admettait, enfin, que la voix du peuple peut aussi être récusable et qu’il y a parmi « les petites gens » de satanés imbéciles et des loups terrifiants déguisés en douces brebis à qui, le pasteur du coin donnerait le bon dieu sans la moindre confession.

    Cher Monsieur Bougnoux, votre billet doit être lu et relu par ces temps mauvais qui courent.

    On eût aimé, peut-être, y lire ce témoignage des années septante de Mme Raymonda Hawa-Tawil, parlant de son pays, de sa prison. Qu’est devenu son message et pourquoi n’a-t-il pas pris ?

    La petite fille de Gaza mérite d’être défendue, considérée, comme la petite fille de Sion.

    Un débat entre l’avocat Gilles-William Goldnadel et le député Aymeric Caron, si tant est que ce dernier acceptât, sur un plateau de télévision, ne va pas empêcher des gens de là-bas à donner leur voix à des criminels égorgeurs.

    Alors que font nos éducateurs en française république ? Doit-on se résigner à entendre en coulisses ces propos qui tendent à dédramatiser la situation en arguant du fait que c’est du pareil au même ?

    Qui a entendu la leçon du roi du Maroc Hassan II et celle du diplomate américain Henry Kissinger, mettant en garde les nations occidentales sur le danger que représente une immigration de personnes dont la culture n’est pas assimilable à celle de ces dites nations ?

    Oui, mais il nous faut des travailleurs et on manque de bras en France, Monsieur, pour faire le gros boulot !

    Autant répondre par une tapinose …C’est vite dit, mon cher !

    On rêve d’une société faite pour l’école où la notion d’effort serait chose entendue par tout un chacun.

    On n’aurait pas besoin de dépenser des milliards pour un gros animal qui produit de petites larves molles, comme disait Michel Serres qui voulaient mettre aux « petites maisons » plus d’un représentant de ces professions honorables qui ont pignon sur rue. Là encore c’est vite dit, Monsieur l’Académicien !

    Du petit Occident au grand Orient, il nous reste, ensemble, à reconquérir…le sacré.

    Écrire sur le feu sacré, est une très belle chose, n’est-ce pas Monsieur Debray ?

    Allumer ce feu, c’en est une autre !

    J’ai mis une toute petite étoile sur la porte de ma maison…Elle est jaune.

    Kalmia

  2. Avatar de JFR
    JFR

    Mon commentaireCher Randonneur,
    Effectivement, la sincérité de l’un n’efface pas la sincérité de l’autre. Mais nos identités sont différentes, nous n’avons pas la même histoire, la même religion, ni même la même façon de penser. Ce qui est évident pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Face aux atrocités commises, écris-tu : « Dira-t-on que le Hamas se bat pour la cause palestinienne ? ». « Quel palestinien doté de jugement critique ou d’un ferment d’humanité acceptera de se voir ou de se dire représenté par de pareils égorgeurs et violeurs ? ». Le président turc, Erdogan pourtant assume cette position. Il n’a pas condamné les massacres. Il a clairement déclaré hier soir que le Hamas n’était pas un mouvement terroriste et que ses combattants étaient des Moudjahidines, des combattants de la foi. La rue arabe pense la même chose. A quand la guerre sainte ? Michel Onfray, en accord avec Samuel Huntington, parle de « choc des civilisations ».
    Où est la civilisation précisément quand on se conduit comme le Hamas ? On peut voir et regarder aujourd’hui sur internet, les assassins du Hamas massacrant les civils israéliens dans leurs Kibboutz. On voit les jeunes filles qui hurlent leur désespoir sur les motos des kidnappeurs les emmenant à Gaza. Et que dire des bébés et des grand-mères enlevées également promis à la mort. Déjà Mohammed Merah avait filmé l’assassinat de la petite Myriam Monsonego, fille du directeur de l’école Ozar Hatorah, à Toulouse, en 2012. C’était insoutenable….
    Et comment peut-on imaginer deux États séparés vivant côte à côte, si la haine est toujours présente ? Si les pays voisins, l’Iran, veulent toujours la destruction d’Israël. Aujourd’hui, je me souviens d’Humanisme et terreur, qu’écrivait jadis Merleau Ponty.

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Je place ici, aux fins de clarification auprès de mes lecteurs, le mail reçu ce jeudi d’Emmanuel Godo, sur lequel j’aurai l’occasion de revenir :
      Cher Daniel Bougnoux, je fais entendre une parole qui ne prétend nullement contribuer au règlement du conflit. Mais qui cherche seulement à exister en tant que parole. Un amour pour un pays qui n’est pas le mien (le mien stricto sensu s’appelle la France) mais sans lequel je ne serai pas ce que je suis. Je ne prétend, en tant que poète, qu’à cela : dire l’amour pour Israël. Non un État mais une histoire à laquelle je suis lié en tant que chrétien. La question palestinienne se situe sur un autre plan. Ce n’est pas une question de miroir. Mon texte n’a pas l’ambition de se situer sur un plan politique. Il revendique le droit qu’une parole déconnectée soit prononcée. Qu’elle soit audible, visiblement non mais je le savais. Le poète a aussi ce rôle, parfois, de nous projeter dans un plan qui nous dépayse un instant. Il ne sagit pas pour moi de jouer un camp contre un autre. Mais de dire un attachement indéracinable. Qui n’exclurait pas, en dautres temps, d’autres lieux, la critique d’un Etat donné. Merci de le préciser sur votre blog.

  3. Avatar de JFR
    JFR

    Mon commentaire
    (Suite de mon commentaire précédent…)
    Cette praxis djihadiste est devenue une constante, remarque Eric Marty dans Le Monde du 20 octobre. Il s’agit d’exhiber des actes de barbarie, de torture et d’humiliation pour un faire un spectacle, écrit-il. Va-t-on bientôt voir Jean Moulin sous les tortures de Barbie ? C’est la réponse des barbares à notre société de spectacle (Guy Debord). Une grammaire visuelle de la mise à mort s’est ainsi construite, écrit Marty. Ces images sont sans mots. Et hors l’émotion qui nous submerge, tout discours est proscrit. Mais ces corps mutilés, humiliés sont nos corps, perçus comme dans un miroir. Tu as raison d’évoquer la mimésis. Ces images, qui sont le langage muet de l’extermination, sont notre propre extermination. Sachons donc mettre des mots sur ces images et continuons à parler, à échanger, à nous battre avec les mots, les idées. Refusons la terreur des images et luttons avec des mots, des idées. L’homme, cet être de langage, disent les psychanalystes et les philosophes…

  4. Avatar de M
    M

    Mon commentaire

    Bonjour !

    Aux aurores, je relis les commentaires et quelque chose me dit de donner suite; suite incertaine qui s’adresse particulièrement à Monsieur JFR et à Monsieur Emmanuel Bolo par la bénévolente entremise de notre « médium » randonneur, maître de ce blogue.

    Je ne puis m’empêcher en vous lisant, de penser à cette communication que m’adressait à la mi-octobre deux mille dix-huit, Monsieur Étienne Bimbenet, intitulée : – Merleau-Ponty/Bachelard :« La grande vertu de l’imagination dynamique verticale » – Je vous invite à la lire, l’un et l’autre.

    Peut-être, y trouverez-vous dans ce propos fort bien écrit « la possibilité d’un trait d’union ».

    Je ne suis pas de chez vous mais on peut s’entendre.

    Je pense à notre ami Régis Debray qui a dit et écrit qu’il avait plus appris avec les mineurs d’étain de Bolivie que dans les cours de Merleau-Ponty. A chacun ses profondeurs ! Écrire sur les fonctions du religieux est un chose, une très bonne chose, certes. Officier comme un prêtre dans la mine, c’est une autre histoire !

    L’un de vous, il me semble, s’intéresse aux anagrammes. Pourrait-il nous dire par quel étonnant hasard « Emmanuel Macron, président » se trouve dans ses vingt-trois lettres « Comme un prêtre dans la mine » ?

    A vous lire

    Bonne journée d’automne avec la Toussaint qui approche.

    M

  5. Avatar de JFR
    JFR

    Mon commentaire. Pour M. Génial votre anagramme… Le terrain est miné certes. Et nous avons tous à descendre… Ce qui nous unit est le langage. Continuons le combat.

  6. Avatar de Roxane
    Roxane

    Au sujet des deux commentaires du 27 octobre.

    Ah, ce « e » manquant, chez l’un, chez l’autre ! Chez les consonnes « JFR et M » :

    Un(e) chose – / – Génial(e) anagramme.

    Samuel Rosenstock cité en exergue par Gaston Bachelard, au chapitre de « Rimbaud l’enfant », dans « Le droit de rêver » :

    « Voyelles, voyelles, en avez-vous fait des histoires ! »

    Samuel Rosenstock s’en est allé, le jour des vingt ans de notre maître du blogue.

    Pour une poétique de la connaissance, il y a les nécessaires thèses.

    Sur le terrain, ça aide…

    Oui, il nous faut retrousser nos manches, sans faire mine, dans le maquis du vocabulaire.

    Roxane

  7. Avatar de Assé
    Assé

    Petit (!) rectificatif: l’auteur de la chronique incriminée s’appelle Emmanuel Godo, donc ni Golo, ni Bolo. Tout ça frise l’irrespect, malgré tout le respect dû aux randonneurs de cet aimable blogue…

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      OK Assé, j’ai commis un gros lapsus calami, que je répare sur le commentaire incriminé. Mais je désirais revenir à celui-ci, car l’article d’Emmanuel Godo tel qu’il est paru dans La Croix me semble appeler bien des réserves. Clamer son appartenance, sur fond de discours religieux, n’est pas innocent ni très sain par les temps terribles que traversent Israël et la Palestine. Son texte, avec moins de Léon Bloy et de références poétiques, pourrait en effet être repris par les colons de Cisjordanie, méritent-ils un pareil cadeau ? J’aimerais plus de retenue, ou d’autocritique dans la célébration du sol et de la mère patrie… Et je m’étonne que « La Croix » ait publié ce texte tel quel, sans en mentionner la terrible partialité.

  8. Avatar de DH47
    DH47

    Oui, cher Randonneur,  » il faut retrouver un peu d’altérité  » , briser le miroir et prendre la tangente salvatrice… mais comment s’y prendre ?
    D’abord, peut-être, se forcer à rêver et revoir (grâce à l’I.N.A.) les images de De Gaulle recevant Adenauer dans son refuge privé de Colombey en 1958, treize ans seulement après la dernière boucherie mondiale : il y a des moments où l’Histoire a une sacrée gueule ! Il faudra attendre cinq années supplémentaires – 1963 – pour que la France et l’Allemagne signent le Traité de l’Elysée instituant, parmi d’autres mesures, l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse .
    Comparaison n’est pas raison mais ce qui a été fait là – après des millions de morts – par deux prophètes inspirés, ne pourrait-il pas, dès que possible, être fait par d’autres ?

  9. Avatar de Assé
    Assé

    Les « lapsus » figurent encore dans l’article de tête et dans le commentaire de M. Quant au texte incriminé, c’est celui d’un chroniqueur, exprimant sa sensibilité et son opinion, et qui n’engage (comme vos contributions, cher Monsieur Bougnoux) ni le journal ni sa ligne éditoriale. Je crois que cela figure quelque part dans la charte éditoriale du quotidien. Personnellement, je trouve les propos de M. Godo généralement bien inspirés, en tout cas d’une grande sincérité. Ça ne veut pas dire qu’ils ne se prêtent pas à l’occasion à controverse, comme ceux d’autres chroniqueurs. En l’occurrence, je partage votre questionnement, tout en me réjouissant de cette disputatio, tout à l’honneur du journal qui l’héberge.

  10. Avatar de M
    M

    Bonsoir, lecteurs et amis du blogue !

    Merci infiniment Monsieur Assé pour votre remarque pertinente, à mon endroit.
    Et si, bien sûr, mon erreur justifie de excuses, souffrez, cher rigoureux et juste lecteur, que je donne incontinent
    ma petite version des faits.
    A la lecture du billet du maître, j’ai bien noté le nom de Monsieur Godo dont le hasard avait aboli le d pour mettre un l à sa place. J’ai de suite recherché sur Internet « Emmanuel Golo », et pour ne rien vous celer, je n’ai rien trouvé.
    Aussi, j’ai pensé, à tort, qu’il s’agissait d’un pseudonyme.
    Il a fallu, en plus, que ce facétieux hasard en mette une couche avec ce b (bolo) dans mon commentaire.
    Pour essayer de me faire pardonner, que puis-faire, Monsieur Assé ?
    Eh bien, si d’aventure, un jour, dans un autre monde, je rencontre Monsieur Emmanuel Godo, je me ferai un plaisir de lui offrir un bolo, ce gâteau portugais, que l’on sait excellent !
    Mais nous ne sommes pas encore, dit Robert Musil, en ce pays que nous portons tous, là où nous sommes innocents.La littérature, renchérit Emmanuel Godo, peut donner forme à ce pays imaginaire qui nous est pleinement nécessaire pour pouvoir garder une chance de vie.
    Je viens de lire, aujourd’hui, dans le blogue d’un scientifique de renommée internationale, cette phrase de Marina, caissière de supermarché :
     » L’idée est malade, le réel est malade, nous dit Edgar Morin qui nous invite à apprendre à cheminer dans la joie et la souffrance dans l’attente, non de la promesse, mais de l’inattendu… » (Fin de citation)

    Et comme toujours, en attendant Godot…

    Bonne nuit

    M

  11. Avatar de Aurore
    Aurore

    Bonsoir !

    En relisant le billet et les commentaires, me revient ce dialogue :

    « Mais alors vous êtes encore loin de la solution…

    – J’en suis très près, dit Guillaume, mais je ne sais pas de laquelle.

    – Donc, vous n’avez pas qu’une seule réponse à vos questions ?

    – Adso, si tel était le cas, j’enseignerais la théologie à Paris.

    – A Paris, ils l’ont toujours la vraie réponse ?

    – Jamais, dit Guillaume, mais ils sont sûrs de leurs erreurs « .

    (Umberto Eco, Le Nom de la rose)

    Cette lectio en dit trop ou pas assez…

    Puisse-t-elle quelque part nous aider à ne point céder aux airs du temps !

    Aurore

  12. Avatar de Jacques
    Jacques

    Bonjour !

    Je reçois, aujourd’hui, ce message d’un instituteur retraité :

    « Méfions nous de tout signe distinctif visant à pointer le mouton noir. Une vie d’ici vaut une vie de là-bas. La terre est ronde et les extrêmes se rejoignent.

    Ci-joint une chansons de l’ente-deux guerres (sait-on encore lesquelles) que je n’hésiterai pas à faire mienne.

    Fraternellement, Michel » (Fin de citation)

    Non, non, plus de combats! dit la chanson.

    Il me reproche d’arborer une étoile…jaune.

    Un académicien avisé disait : « Des cancres sont devenus professeurs »…Voyez le résultat.

    Un enfant se noie, petite fille d’Israël ou de Gaza.

    Il nous supplie de lui tendre la perche, pas qu’on fasse des discours, avec des bonnes intentions, Monsieur le maître d’école.

    « Seule guérit la blessure l’arme qui la fit » a dit, je crois, un penseur iranien.

    Quelle AFP « Agence du franc-parler » trouvera le « soigneur » qui, dans ses lettres, contient la « guérison » ?

    « L’État islamique? » – « qui attise le mal » par ses lettres transposées?

    Jacques

  13. Avatar de Etienne
    Etienne

    Au-delà du « lapsus », il y a erreur intéressante sur la personne puisque vous parlez de l’auteur de cette chronique comme « en faveur de son pays » alors qu’il est, si j’en crois Wikipedia, comme vous et moi, français et que c’est en tant que tel qu’il exprime sa solidarité inconditionnelle devant l’horreur du pogrom. Un Tahar Ben Jelloun l’exprimera autrement. « La cause palestinienne est morte assassinée le 7 octobre » écrira-t-il dans une tribune du Point.

  14. Avatar de Gérard
    Gérard

    Bonjour !

    En ce jour de Toussaint, il me plaît de prendre la plume pour revenir sur les deux derniers commentaires, ceux de « Étienne et Jacques » (1)

    Chez ce dernier, je trouve une citation où je lis :

    « une chansons de l’ente-deux guerres ».

    Ne pas se laisser aller aux airs du temps, a dit notre président, l’autre jour, à Villers-Cotterêts.

    N’est-ce pas aussi soigner son vocabulaire, se relire pour essayer de présenter un texte qui respire la politesse de notre langue, à savoir un bonne orthographe ?

    Le maître d’école retraité, l’interlocuteur de Jacques, n’accorde, visiblement, aucune importance à cette contrainte qui fait aussi partie de l’apprentissage de la liberté.

    Voyons maintenant le premier mot du très beau et juste commentaire de Monsieur Étienne.

    Il commence par « Au-delà du » et notre fin scripteur de mettre le trait d’union.

    Oui, je sais, nos sacro-saints dictionnaires dans leur grande majorité vont lui donner raison et même un hommage élyséen laissé sur un site officiel.

    Et pourtant, il ne messied pas de lire dans le Littré la locution sans trait d’union.
    Voyez plutôt :
    au delà
    (ô-de-la)

    1 Loc. adv. De ce côté-là, par opposition à au deçà, qui signifie de ce côté ci. Un Français dira en parlant du Rhin, l’Allemagne est au delà.
    2 Loc. prépos.
    « Ma maison qui a le lac en miroir au bout du jardin, et la Savoie par delà ce lac, et les Alpes au delà de cette Savoie », Voltaire, Lettr. d’Argental, 8 janvier, 1758.

    Plus loin.
    *
    Définition de au-delà​​ – Nom masculin.
    Dans l’au-delà. Les au-delàs des diverses religions.

    Écrire différemment la locution et le substantif, me semble chose pertinente qui tombe sous le sens.
    Rêvons d’un au-delà des communions humaines, d’un trait d’union, telle une étoile jaune dans le ciel de Galilée, celle du berger – d’un promontoire, tel le brin d’herbe de la colombe dans le ruisseau de la fable.
    Bien sûr, tout cela n’est que littérature !
    Une absence.

    Bonne fête à tous.

    Gérard

    (1) Pourquoi faut-il que « Étienne et Jacques » forment l’anagramme d’une question posée par Messieurs Klein et Perry-Salkow :

    « Et qui est-ce, Jeanne ? »

    Un lecteur a répondu par une anagramme et l’un des deux auteurs, physicien, l’a trouvée belle.

    Belle aussi la chanson mélancolique d’un artiste de variétés qui a trouvé le prénom dans un rêve.

  15. Avatar de m
    m

    Je relève un petit lapsus dans le commentaire précédent.
    Un bonne orthographe au lieu de « une bonne orthographe ».
    Et si la réponse était « E, ce je qui est néant ». Les mêmes seize lettres de « Étienne et Jacques » et de « Et qui est-ce Jeanne ?
    Je viens d’écouter une conférence, sur Internet, de Monsieur Étienne Klein : « Le néant est-il créatif? »
    Cette belle conférence donnée par cet homme instruit qui respire la simplicité et l’intelligence tout en inspirant la confiance, se termine par une anagramme : « L’origine de l’univers » = « Un vide noir grésille ».

    Noir c’est noir, il y a-t-il encore un espoir ?

    Un mot qui peut tout changer…Mais lequel ?

    Grammairiens, philosophes, à vos plumes qui chantent !

    m

  16. Avatar de Gillou 44
    Gillou 44

    Si Israël veut subsister en tant qu’état, une seule solution comme l’Ukraine, c’est de se battre contre l’envahisseur, le Hamas qui les a attaqués dans leur pays.
    On nous parle des Palestiniens, a t,on demande aux Palestiniens s’ils étaient d’accord pour attaquer Israel.

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À propos de ce blog

  • Ce blog pour y consigner mes impressions de lecteur, de spectateur et de « citoyen concerné ». Souvent ému par des œuvres ou des auteurs qui passent inaperçus, ou que j’aurai plaisir à défendre ; assez souvent aussi indigné par le bruit médiatique entretenu autour d’œuvres médiocres, ou de baudruches que je…

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À propos de l’auteur

  • Daniel Bougnoux, professeur émérite à l’Université Stendhal de Grenoble, est ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie. Il a enseigné la littérature, puis les sciences de la communication, disciplines dans lesquelles il a publié une douzaine d’ouvrages.

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