Woody décidément proscrit ?

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J’attendais avec curiosité le dernier film de Woody Allen, son cinquantième dit-il, tourné à Paris et avec des acteurs français comme s’il convenait de se retirer en saluant et remerciant son véritable public, celui qui sut mieux que les salles américaines comprendre cette œuvre, en goûter le génie.

Alors qu’il en entamait le tournage, je m’étais rendu au Bristol, rue du Faubourg Saint-Honoré, pour lui faire l’hommage de mon livre Génération Woody, paru en juin précédent, que je déposais pour lui à la réception accompagné d’une lettre, qu’espérais-je de cette démarche ? Une rencontre à tout le moins avec ce personnage excentrique, un bref entretien, peut-être une invitation à assister à une séance du tournage – j’ai appris en voyant le film que cela se passait aux alentours du Rond-Point des Champs-Elysées et d’une salle des ventes que je connais bien, Artcurial. Hélas rien ne me parvint en retour, sinon beaucoup plus tard quand les spots furent éteints et que Monsieur Allen eut regagné New York, un mail très formel de sa sœur Letty Aronson pour me dire qu’il avait bien reçu mon livre, et m’en remerciait.

Je n’ai donc pas de raisons particulières de défendre une fois de plus ici ce créateur, si décevant ou furtif dans ses relations sociales. J’aurais de même eu plaisir à assister à l’avant-première que l’Institut Lumière donna du film, le 10 septembre dernier, manifestation suivie le 11 d’un concert où notre homme jouait de sa clarinette. Thierry Frémaux m’avait invité au printemps à une soirée très animée de son Institut, devant une salle comble, et je lui en suis très reconnaissant, les « soirées Woody Allen » auxquelles il m’a été donné de participer n’auront pas été trop fréquentes. Grenoble n’est pas éloigné de Lyon et je m’y serais rendu – si je l’avais su. Sur un plan bêtement humain, j’avoue que Woody m’a déçu ; mais peut-être ne lit-il pas du tout le français ? Pourtant, il a bien dû le parler un peu pour diriger ce dernier opus, Coup de chance.

On rêvait d’un triomphe, d’un bouquet de fusées, d’un coup de cymbales final… Hélas, cette oeuvrette n’est pas un grand Woody, et je ne l’aurais pas retenue dans la sélection des dix-huit films (sur cinquante) qui donnent son terrain à mon livre. Mais, pas plus que Rifkin’s festival qui l’a précédé (et que j’ai examiné ici même pour en dire les mérites), il n’est déshonorant. Je ne comprends donc pas la critique qui s’acharne à déprécier ces deux films, ou plutôt je la comprends trop bien : depuis que sa fille adoptive Dylan et Mia Farrow ont repris contre lui leurs attaques, voici trois ou quatre ans, Woody est assimilé aux yeux de sourcilleux censeurs à un criminel sexuel et pédophile. Or comment survivre, ou sauver son oeuvre, quand les ligues de vertu remettent aussitôt le couvert et vous désignent pour cible ?

On me dit que la rumeur qui entoure ce film est mauvaise ; je n’ai pas trop lu la presse ces temps-ci, mais j’ai sous les yeux Télérama qui pourrait constituer un cas d’espèce. Pages 62-63 de la semaine du 30 septembre au 6 octobre, Marie Sauvion signe deux articles également négatifs, placés en miroir comme pour accentuer leur symétrie, l’un sur Coup de chance, l’autre sur Dogman de Luc Besson. Je précise que je ne sais rien des démêlés judiciaires de ce dernier, et que je me garderai de prendre position ; l’article (dépréciatif) de la journaliste se termine par un laconique : « La plainte pour viol déposée en 2018 par l’actrice Sand van Roy s’est soldée par un non-lieu, entériné en juin 2023 par la cour de cassation ». Son traitement de Woody est plus tortueux : « S’il n’était pas tricard aux Etats-Unis et contraint de chercher des producteurs en Europe – notamment en France, où un public jusqu’ici fidèle se rappelle qu’il n’a jamais été poursuivi à la suite des accusations de viol sur sa fille mineure (…) ».

L’article dit la vérité, Woody Allen n’a jamais été poursuivi, mais en insistant sur cette accusation il suggère et imprime dans l’esprit du lecteur non averti le contraire. Un autre article de Samuel Douhaire page 32 enfonce ce clou : « L’avant-première du film, le 10 septembre à Lyon, a fait salle comble sans manifestations de protestation devant les grilles de l’Institut Lumière. Les militantes féministes n’ont pas plus perturbé les deux concerts » etc. Ceci placé en face d’une large photo très peu flatteuse d’un Woody effondré, au visage grimaçant – comme si l’image en effet, encadrant un article, devait piloter notre jugement. Douhaire (auquel j’avais envoyé voici un an mon livre mais qui ne m’en a ni remercié, ni n’en a rendu compte), n’a apparemment jamais lu le témoignage de Moses, le fils de Woody Allen et de Mia Farrow, qui dans une lettre d’une magnifique dignité rétablit contre sa mère (et ses méthodes éducatives) la vérité de cette malheureuse journée au cours de laquelle son père aurait commis un geste déplacé… Tous les détracteurs de Woody devraient lire ce document, facilement accessible sur internet (et reproduit dans mon livre), mais nos accusateurs de Télérama n’ont que faire de lire, la rumeur et les réseaux sociaux sont tellement plus intéressants !… L’article cite pour finir Manuel Carcassonne l’éditeur de Soit dit en passant, et conclut sur le grand âge du réalisateur, dont la jeunesse désormais se détourne, « Allen est un homme qui appartient au monde d’hier ».

No comment ! Non décidément rien n’arrête la calomnie (disais-je dans un billet précédent). Chapeau donc à Télérama pour ces papiers d’un conformisme navrant, qui pourrait aussi bien enterrer Molière au même motif, pensez donc, un homme du XVIIe siècle !…

20 réponses à “Woody décidément proscrit ?”

  1. Avatar de JFR
    JFR

    Mon commentaire Critique sévère du Randonneur de ce film charmant qualifié injustement d’œuvrette.. Quel dommage…,la déception du Randonneur écrivain l’empêche t elle soudain de rêver, et d’être amoureux ? Le vieux parisien que je suis, s’est retrouvé enchanté d’accompagner l’amour naissant et bientôt l’amour fou de Niels et Lou, dans les rues de Paris et au Palais Royal. Je me suis souvent assis sur les mêmes bancs que le jeune couple, le long des allées feuillues, a côté des fleurs délicates qui jouxtent la Comédie Française et le Conseil d’Etat. C’est un lieu charmant pour les promenades et les jeunes gens aiment s’y retrouver pour déguster un sandwich ou échanger des baisers volés. Idem pour l’avenue Montaigne, le Rond Point des Champs Elysées, Art Curial et les berges de la Seine. Les amoureux de Paris ne se lassent pas du film qui les emmène rêver dans un Paris somptueux, inépuisable, trop beau pour être vrai. On rêve avec ces jeunes gens qui découvrent l’amour fou, Lou qui s’extirpe d’un faux mariage, loin de ce mari Madoff, possessif et jaloux, dont l’âme est aussi hideuse que les visages des tueurs patibulaires aux face de Prigogine.. Une tragi-comedie pleine d’humour, d’imprévus et de rebondissements. Où va retomber l’anneau de la Fortune? Coup de fusil ou coup de chance ? Je n’oublie pas l’enquête subtile de Valérie Lemercier, fin limier, qui dénonce le crime… Ici, je le reconnais, Hitchcock auquel on pense, reste imbattable..

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      A vrai dire cher JF, je me suis abstenu dans ce billet de commenter le film, préoccupé par sa mauvaise réception – à laquelle je ne m’associe pas ! Retour sur ce billet demain, si les sorties du week-end m’en laissent le loisir. On peut prendre en effet grand plaisir à ce film ! Mais que de négligences, et de mauvaise foi, chez Télérama et consorts !…

  2. Avatar de DH47
    DH47

    Hier soir, encouragé par la chronique de Daniel du 6 Octobre, je me suis décidé à voir « Coup de chance ». Mes impressions ?
    – Je ne reviens pas sur les minables ou misérables accusations dont l’auteur de « Génération Woody » – après la Justice américaine – a fait litière, mais que certains critiques se plaisent à réactiver à l’occasion de ce dernier film sans apporter la moindre preuve . Avec de tels ragots il est facile de concourir pour un prix de (fausse) vertu ; ce faisant on reste soi-même un (ou une) « célibataire de l’art » au sens littéral où l’entendait Proust c’est à dire au sens d’un « désœuvré » que néantisent un peu plus les 50 films de Woody Allen.
    -Un scénario solidement construit et des acteurs (français) réellement convaincants.
    – Les paysages et l’ambiance parisienne sont remarquablement filmés (accord sur ce point avec le commentaire de JFR).
    – Le film n’a rien de comique ni même d’humoristique ; le dénouement est la seule séquence finalement assez drôle : le coup de chance prenant la forme d’un coup de fusil qui tue le flamboyant mari commanditaire du meurtre de son rival . Décidément, « La Roche Tarpéienne est proche du Capitole » !
    – Les renvois thématiques qui sont autant de clins d’oeil à d’autres films de Woody :
    . Des histoires de couples,
    . Un manuscrit en cours d’écriture (si dans « Celebrity », le manuscrit est jeté dans l’Hudson à défaut de servir à emballer le poisson, dans « Coup de chance » c’est l’auteur lui-même, ou plutôt son cadavre, qui est jeté d’un avion dans l’océan . Nul doute que, pour W.A. , l’entropie condamne souvent tant les oeuvres que leurs auteurs . Autodérision assurément !
    . L’art (l’écriture, la peinture…Voire la magie ) fait partie du réel au même titre que le conseil en placements financiers mais le premier est bien supérieur au second en dignité . Malgré l’entropie qui les menace tous deux .
    . Comme Proust… W.A. se délecte à montrer la superficialité d’une certaine classe « friquée » capable de quitter momentanément un cocktail très mondain pour jouer… au train électrique .
    . « Coup de chance  » est l’un des rares films où la nature retient l’attention de W.A. (maison de campagne, forêts, parcs parisiens) rappelant par exemple la promenade en calèche dans Central Park dans « Café Society » .
    . Ce n’est pas le talent mais le hasard – donc la chance ou la malchance – qui gouverne le monde depuis la naissance jusqu’à la mort . Il n’y a ni Dieu-Providence, ni Sens de l’Histoire . Sur ce thème voir ou revoir « Match Point « ou « Whatever works ».
    Woody n’a pas écrit et réalisé là son meilleur film mais il nous confirme, s’il en était besoin, qu’il sait nous raconter des histoires .

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Oui DH47, merci pour cette contribution documentée, qui remplacera le compte-rendu que je n’ai pas su encore donner de ce dernier film. J’ai entendu hier soir dimanche avec indignation « Le Masque et la plume » éreinter collectivement Woody Allen, avec un tel acharnement, ou cruauté, que le dernier à parler, Pierre Murat, a exprimé son désaccord et qualifié les propos précédents de « dégueulasses », chose assez rare dans les débats de cette tribune. Mais peut-on encore parler de débat ? Jérôme Garcin, sur un ton d’inquisiteur que je ne lui connaissais pas, avait ouvert le feu par une présentation à la Néron, pouce abaissé vers la terre ! Et chacun de suivre docilement, en en rajoutant dans le lynchage. Triste soirée vraiment ! D’autant plus que les mêmes venaient de tresser des couronnes au film « Le genre animal », en rivalisant de superlatifs que ce film médiocre à mes yeux ne justifie absolument pas – pas plus que les trois pleines pages de Libération, qui m’avaient persuadé d’aller le voir. Je demeure sidéré ou perplexe devant ces convergences ou ces unanimités dans l’admiration comme dans le dénigrement. Et je ne regrette pas d’avoir interpellé Télérama – mais le lien que j’ai transmis à leur « Courrier des lecteurs », pour les informer de mes objections, est demeuré jusqu’ici sans réponse. Est-ce qu’on s’abaisse à discuter quand on écrit dans Télérama ? Songez donc, cet arbitre des élégances culturelles ! Ce belvédère des gens de goût !

  3. Avatar de Aurore
    Aurore

    Ah, vous savez, la rumeur est une déesse, disait-on dans la Grèce antique !

    Aujourd’hui c’est un « aigle noir » qui hante les républiques de nos âmes mortes.

    Il faudrait un sacré coup de chance pour exorciser et guérir le malade envoûté par tant de séductions.

    J’irai, moi aussi, voir le dernier film de WA, si par bonheur, il passe dans les salles obscures, les plus proches de ma chaumière.

    Un film pour gens de la haute bourgeoisie qui se rappellent des souvenirs sur les bancs publics de la capitale ?

    Oui et alors ? A chacun son jeu de liberté personnelle, quel que soit le milieu social !

    Cher ami randonneur, grand cinéphile, rassurez-vous ! Si notre quatrième pouvoir, subventionné par les contribuables boude Woody Allen ou n’en fait pas grand cas, sachez qu’il est une voix de résistance qui sait dire non.

    Je veux parler de CNEWS (chaîne Tv la 16) qui défend Woody Allen, et sans prendre de gants dénonce le laxisme d’une doxa qui devient de plus en plus insupportable.
    A l’intérieur des terres, est-ce par hasard si cette voix est entendue, retenue ?
    Vous connaissez la réponse.
    Et si l’aigle est au futur, n’arrêtons pas notre char…
    Bonne fin de journée dominicale.

    Aurore

  4. Avatar de Assé
    Assé

    Cher Monsieur Bougnoux, je constate avec regret mais sans trop d’étonnement que vous n’avez pas jugé bon de publier mon commentaire (certes asymptotiquement hors sujet) sur votre dernier billet allenophile. Bon, disons que c’est votre liberté, encore que concernant un contenu attentatoire ni aux bonnes mœurs, ni à la réputation de quiconque, on pourrait légitimement s’interroger sur la justification intrinsèque d’une telle mesure (je n’ose même pas parler de censure). Permettez tout de même que je m’interroge : quels sont les critères permettant de cocher toutes les cases pour avoir droit à l’insigne honneur d’être reçu à la table du maître, disons à son blogue, qui, rappelons le, est hébergé par un grand quotidien national (et qui n’est donc pas votre propriété privée)? Faut-il appartenir à la confrérie des Régis et autres médiologues amateurs de havanes? Faut-il s’exprimer par ellipses, palindromes, ou encore figures ésotériques de l’antiquité gréco-romaine? En fait je m’amuse comme un petit fou à vous lire, vous et vos affectueux complices, on a envie d’entrer dans votre ronde légèrement allumée, même par la pointe des pieds, mais on ne sait trop comment faire quand on ne dispose ni des clés ni des codes. Humour, frivolité… ne semblent fonctionner qu’à l’aune d’un aloi dont il me tarde de découvrir la grammaire (pour le vocabulaire, ça va…). Ah Monsieur Bougnoux, j’aurais bien aimé vous avoir comme prof (rassurez vous, j’en ai eu de très bons …), on aurait pu au moins discuter de Léonard Cohen et de liberté, deux sujets qui me tiennent aussi à cœur ! Ça sera peut-être dans un autre monde . En attendant, continuez de me faire rire. Antoine.corman2@orange.fr

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Monsieur, Je publie tous les « commentaires » (ou, disons, 99%), mais je n’ai pas trace du vôtre, que d’ailleurs vous ne me renvoyez pas. Q>ue faire ? Coïncidence : un autre lecteur, moins ironique que vous, m’envoie à l’instant la même demande. Y aurait-il une panne dans les services de blog de La Croix ?

  5. Avatar de Patrice L.
    Patrice L.

    Je suis surpris que mon commentaire envoyé le 7 octobre n’apparaisse pas, alors que deux autres postés le 8 figurent bien ci-dessus. Je ne sache pas que j’y exprime quoi que ce soit de dérangeant… Peut-être un problème de transmission ?

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Bonjour Patrice, je n’ai rien reçu de vous, comment valider ? Renvoyez-moi votre commentaire je vous prie. Et comme vous êtes le deuxième à me faire cette demande ce jour-ci, je soupçonne un problème central dans les blog de La Croix… Que faire ?

  6. Avatar de Patrice L.
    Patrice L.

    Je me doutais qu’un problème technique s’était posé. Malheureusement, ayant écrit le commentaire directement à partir de mon téléphone je n’ai pas trace du double comme dans une messagerie. Il me faudrait donc le reconstituer de mémoire.

  7. Avatar de Aurore
    Aurore

    Bonsoir amis croisés du blogue !

    Petit commentaire à l’intention particulière de Monsieur Assé (A C) qui donne un autre ton, une autre musique…

    Et c’est un vrai plaisir que d’essayer de vous répondre, cher pertinent contributeur à qui je dis merci pour sa prose argumentée, non dénuée d’une bonne dose d’humour intelligent.

    Ce blogue, vous savez, cher Monsieur Assé, est une chance pour le petit peuple silencieux qui s’exprime en cet espace.

    On peut remercier le maître et son hébergeur pour offrir aux petites gens, la possibilité de dire leur mot, entre la pluie et le beau temps…Paysan du fin fond de sa campagne, ouvrière d’usine, caissière de supermarché, mécanicien et j’en passe, prennent un peu de leur temps pour dire, à leur manière, sans palindrome et sans ellipse, ce qu’ils ressentent et aussi et peut-être surtout, ce qu’ils rêvent. Assez ou pas assez, je ne saurais vous dire !

    Certes, ils n’ont pas lu Régis que vous mentionnez, l’auteur de la « Réfutation de l’opinion de Spinoza touchant l’existence et la nature de Dieu »(1704) et, contrairement à vous, cher Monsieur Assé, ils ne savent disserter à l’envi sur les attributs spécifiques et numériques qui distinguent des substances de même espèce. Chez ces gens-là, dont votre serviteur fait partie, les rares fumeurs de cigare qui viennent partager leur brouet ne sont pas des dieux et leur parole s’envole entre le cristal et la fumée, mon doux seigneur !

    Ces gens qui se lèvent, le matin pour aller travailler sans passer la sainte journée, le derrière dans une chaise, ne vont pas sur les plateaux de télévision où se bousculent « tous ces gens qui savent » bien cravatés, petits barons de l’univers de bureaux.

    Je sais, je sais, la critique est facile et ces gens honnêtes ou braves gens suivant une même route, ont aussi leurs problèmes de faim du moi et de fin d’un monde.

    Franchir le mur de l’argent-roi et sur vos erres qui bifurquent, aller plus loin, encore et encore…

    « Des suites continuellement… »Pourquoi faut-il, cher Monsieur Assé, que ses trois mots entre guillemets, contiennent les lettres des « Contes des Mille et Une Nuits » ?

    Découvrir une « grammaire » à l’aune d’un aloi…Sacrée quête, en effet ! Est-ce pensable pour un veau qu’a bu l’air dans une vache qui ballonne ? Je veux dire pour un français regardant son match, avachi sur son canapé.?

    A l’heure du chat GPT sans odeur, il y a matière à contredire et nos philosophes sont invités en dernière analyse à nous dire ce réel caché avec les « grammaires » de leur intelligence et les mots de leur langue.

    Demain, vous nous le direz peut-être…Pour en rire, d’un rire nouveau !

    Pour moi, ce soir, c’en est assez.

    Aurore

    Donné le neuf octobre deux mille vingt-trois, quand minuit sonnèrent

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Subtile et généreuse réponse à Assé, chère Aurore, la balle et maintenant dans son camp, s’il daigne nous gratifier du commentaire perdu ?

  8. Avatar de Patrice L.
    Patrice L.

    Décidément le sort semble s’acharner ! J’ai retransmis hier un nouveau message vers 18h30 et je n’en vois pas trace, alors que celui d’Aurore semble envoyé plus tard dans la soirée J’ai cette fois pris la précaution de l’écrire sur mon ordinateur et de le sauvegarder. Je pourrai faire une autre tentative d’envoi quoiqu’il n’ait rien d’indispensable.

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Incompréhensible en effet car de vous, Patrice, je n’ai rien d’autre… Y aurait-il dans la machine un algorithme qui vous a pris en grippe et refoule vos messages ? Mais ce dernier m’est bien parvenu, donc recommencez puisque votre commentaire est sauvegardé, jusqu’à ce qu’il franchisse l’obstacle (qui n’est pas de mon fait) !

  9. Avatar de Assé
    Assé

    Merci à Aurore (aux doigts de rose?) pour cet épilogue charmant. Mon commentaire initial (que je vous ai renvoyé… sans plus de succès visiblement, victime peut-être d’un ChatGpt tapi dans l’ombre de ce blogue) paraît soudain bien fade. Il dénonçait, à votre suite cher M. Bougnoux, le conformisme de ces média mainstream (Telerama et d’autres), aux avis si prévisibles que c’en était souvent risible, et s’interrogeait sur notre fascination à leur égard qui nous poussait à les fréquenter encore…
    Ce billet passera t il entre les mailles de la censure algorithmique? Il est toujours permis d’espérer !

  10. Avatar de Yves
    Yves

    Succinct commentaire. Quand vous écrivez « cette œuvrette n’est pas un grand Woody, et je ne l’aurais pas retenue dans la sélection des dix-huit films (sur cinquante) qui donnent son terrain à mon livre »… je vous trouve bienveillant à l’égard de Woody. On attendait son opus EN FRANÇAIS comme un monument de sophistication, comme le lien entre sa culture américaine et son amour pour le cinéma européen… et ce film, qui aurait donc dû être un Lubiscth-Cukor puissance dix… est raté dans ce qui aurait dû être sa force : la direction d’acteurs.
    Woody les a dirigés comme des américains. Dès la première scène du film, j’ai suffoqué. Seule Valérie Lemercier s’en tire pas trop mal. Les autres sont au mieux ridicules, au pire mauvais. Dommage…
    Vivement le prochain film.

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Yves, je ne partage pas votre sévérité sur le jeu des acteurs, que je trouve très correct ; la critique de Positif du mois dernier en fait l’éloge, contrairement à une cabale persistante et assez odieuse. Mais sur le fond je suis d’accord pour trouver que ce n’est pas du « grand Woody », et que pour nous quitter, et en plus en France, il aurait pu faire mieux… Mais Woody nous a déjà tant donné !

  11. Avatar de spav
    spav

    Je note que Woody Allen fait partie d’une vieille génération pleine de talents, avec beaucoup d’autres, où la pédocriminalité n’existait pas encore, tout juste une pédophilie très conciliante, surtout n’est-ce pas si les jeunes filles sont déjà formées. Un humoriste du service public, qui pantoufle avec bonheur désormais sur RTL (Alex Vizorek) a donné l’info suivante : WA aurait soutenu le désormais célèbre directeur-entraineur espagnol de foot qui a embrassé sur la bouche une joueuse, en dédramatisant ce baiser forcé. Voilà, ces personnes ne changeront pas, et ne se cachent même pas, elles incarnent une époque révolue qui n’a toujours pas pris au sérieux les Evangiles, par exemple : « …il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà… » (Luc17,1-6). Le souci c’est l’absence de repentir. Comment donc leur pardonner le mal commis? Comme l’exprime (de mémoire) une lettre retrouvée à Auschwitz, « que tous les actes d’amour et de solidarité entre et à l’égard des victimes soient un jour la rédemption de ces bourreaux ».

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      On n’arrête décidément pas la calomnie – comme j’intitulais un précédent billet. Où prenez-vous que Woody Allen soit un pédocriminel ? Comment osez-vous colporter ce mensonge ou cette rumeur que j’ai combattus dans mon livre, et sur ce blog ? Une information, pourtant aisée d’accès, est rejetée au profit d’une bruyante moraline : vous préférez dénoncer en bombant le torse, hurler avec la meute, c’est tellement facile… Il est vrai que Woody, par une maladresse que je m’explique mal, y prête lui-même le flanc en soutenant, par ignorance, le comportement de l’entraîneur de Madrid. Peccadille, au regard de ses immenses accomplissements artistiques. Oui, Woody fait partie d’une « vieille génération pleine de talents », et cette vieillesse ne le diminue nullement à mes yeux, bien au contraire !

  12. Avatar de Patrice L.
    Patrice L.

    Comme vous dîtes, cher Daniel Bougnoux, « on n’arrête pas la calomnie». Il suffit d’une accusation, notamment à partir de certains motifs ou mots écrans, agités comme la muleta devant le regard buté du taureau, le mot « pédophilie » par exemple (maintenant il faut dire, c’est vrai, «pédocriminalité » !) pour que par réflexe pavlovien une masse de gens s’engouffre dans le sillage des accusateurs et autres exécuteurs des basses œuvres. On se demande pourquoi tant de gens, qui ne savent rien de la réalité des faits, sont plus prompts à se ranger dans le camp des procureurs que dans celui de la défense dont ils ne lisent même pas les arguments (voir s’agissant de Woody Allen, outre son livre autobiographique, la lettre de son fils adoptif Moses qui met plutôt en cause les agissements de Mia Farrow). Sans doute la malveillance sied-elle à un plus grand nombre de gens trop satisfaits de se sentir si bons dans leur miroir moral. Quant à l’histoire de l’entraîneur de foot, quel rapport avec la pédocriminalité ?

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À propos de ce blog

  • Ce blog pour y consigner mes impressions de lecteur, de spectateur et de « citoyen concerné ». Souvent ému par des œuvres ou des auteurs qui passent inaperçus, ou que j’aurai plaisir à défendre ; assez souvent aussi indigné par le bruit médiatique entretenu autour d’œuvres médiocres, ou de baudruches que je…

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À propos de l’auteur

  • Daniel Bougnoux, professeur émérite à l’Université Stendhal de Grenoble, est ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie. Il a enseigné la littérature, puis les sciences de la communication, disciplines dans lesquelles il a publié une douzaine d’ouvrages.

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