Dans le monde-Trump

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L’extraordinaire documentaire d’une heure sur LCI mercredi soir, « La revanche de Trump », diffusé à l’issue de primaires républicaines triomphales qui lui ouvrent un boulevard vers la Maison blanche, constituait une archive aussi instructive qu’accablante sur le monde vers lequel nous glissons. Verrons-nous vraiment Poutine bientôt à Kiev, Trump élu président et pourquoi pas, dans cet emportement vers le pire, Marine Le Pen aux portes de l’Elysée ?

Nous n’avons, depuis la place qui est la nôtre, aucun moyen d’enrayer la résistible ascension du vociférateur à la mèche orange ; mais ce montage truffé de terribles images permet du moins de mieux comprendre la dynamique en cours.

Une forte majorité de l’électorat républicain vient donc de valider la candidature de Trump, désigné du même coup comme le meilleur d’entre eux, le mieux placé pour battre son adversaire démocrate dans le replay d’un duel désormais inéluctable. En d’autres termes, la moitié des Etats-Unis d’Amérique vient de blanchir son champion de toutes les accusations qui le poursuivent, notamment celle d’avoir tenté de renverser les résultats de l’élection de Georgie, en insistant longuement par téléphone auprès de son gouverneur d’avoir à lui fournir après-coup onze-mille voix supplémentaires (un enregistrement de ce stupéfiant morceau de corruption nous était servi dans le documentaire) ; plus grave peut-être, la journée du 6 janvier 2021 qui fit cinq morts au Capitole, lors de la tentative encouragée par Trump de prendre d’assaut et d’occuper par la force ce sanctuaire s’il en est de la démocratie américaine, et des institutions voulues par ses Pères fondateurs.

Plus de quatre-vingt dix chefs d’accusation ou d’actions en justice poursuivent aujourd’hui ce candidat, si bien que nous nous en remettons maintenant au pouvoir judiciaire, seul capable de l’arrêter avant le scrutin de novembre ; mais comme le remarquaient les observateurs, plus Trump est accusé et plus il retourne la situation en se présentant comme la victime des élites et des juges : plus les affaires (de tous types) sortent pour le flétrir et plus sa popularité grandit ! Comment expliquer ce paradoxe ?

J’ai ces jours-ci sur ma table le livre d’Hannah Arendt Vérité et politique, extrait de La Crise de la culture, que ma petite-fille Julia actuellement en prépa scientifique doit étudier pour ses concours ; j’ai promis de l’aider, et je profite de cette occasion pour éclairer ici Arendt par Trump, ou expliquer inversement Trump par Arendt, une figure qu’elle n’avait pu examiner mais que ses textes dessinent en creux.

Dans le monde-Trump, il n’y a plus de monde, je veux dire un ensemble bariolé de nations, de cultures parfois fort éloignées de la nôtre, mais à l’horizon desquelles émergerait un monde commun, ou cette entité improbable que les philosophes relayés par des politiques progressistes ont baptisée humanité : l’idée, fort idéale ou idéaliste diront certains, que notre Occident n’est que la partie émergée, ou accessible à nos regards, d’une totalité qui nous dépasse infiniment, qui nous précède et nous survivra. Une longue chaîne des morts, comme une imprévisible successions de descendants font partie de ce monde, que nous partageons donc avec eux dans un double sentiment de piété, et de prévoyance.

C’est ce sentiment du commun, ou d’un monde en partage dont nous devons prendre soin, qui ne cesse de s’effriter sous les assauts d’un individualisme consumériste, ou hédoniste : Trump ou ses partisans ne pensent ni ne regardent à l’échelle d’une humanité universelle, commune au-delà de ses trop visibles frontières ; et la notion de vérité du même coup leur échappe, si la vérité est une valeur ou un état du discours qui s’obtient par la confrontation patiente de divers arguments ou visions des choses, si elle est le fruit d’une mise en contradiction, d’un débat impliquant qu’on y respecte a priori l’adversaire ; celui qui cherche la vérité commence en effet par douter, il n’est pas certain de ses propres convictions, il est curieux de celles des autres (ou du moins les tolère) et se soumet à leur ratification.

 L’essence de la politique en d’autres termes réside dans la discussion menée à partir d’une pluralité d’opinions, donc dans le compromis, ou la négociation. Un acte politique, soit l’art d’extraire à partir de la pluralité des points de vue un monde un tant soit peu (ou provisoirement) commun, se fait ou se joue par définition à plusieurs ; le tyran qui décide et agit seul, du haut de son omnipotence, ne fait pas de politique.

 Dans le monde-Trump, il n’y a pas d’autres mondes ni de monde des autres. Le tournois électoral leur donne tort en novembre 2020 ? Une majorité d’électeurs dément le sentiment narcissique de toute puissance avec lequel ils s’arrogeaient d’avance la victoire ? Trump et ses partisans refusent le verdict des urnes, il ne peut s’agir que d’un vol, d’un trucage, et ce slogan est martelé de tribune en tribune, on leur a volé la victoire !

 Ce thème rabâché constitue l’évidence partagée, et inattaquable, des meetings de Trump. Il attire et il soude à lui, par identification narcissique, tous ceux qui s’estiment, d’une manière ou d’une autre, volés : volés par l’establishment, les élites, la loi du marché, l’ordre du monde tel qu’il va… Il semble paradoxal pour un prolétaire ou pour tous les volés-par-la-vie de s’identifier ainsi à un richissime magnat, mais celui-ci joue et surjoue à la victime, au proscrit, et ça marche. Sur LCI, l’ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, Gérard Araud, a comparé la base électorale de Trump à un mélange de nos gilets jaunes et des cortèges du « mariage pour tous » ; ces populations semblent assez différentes, mais  il semble évident qu’un adepte du populisme raisonne fort peu, que ces gens ont une revanche à prendre et que Trump est le nom de leur révolte éternellement rabrouée. En deçà de toute discussion, ils s’affirment d’abord collectivement, impatiemment comme une volonté, ou un mouvement.

 Nous pourrions ajouter, pour renouer avec Hannah Arendt, qu’il n’y a pas pour eux de « faits », mais seulement des interprétations. Face au réchauffement climatique, Trump a clamé son scepticisme, en insinuant par exemple que notre climat n’est pas le leur ; de même la vérité factuelle ne compte pas puisqu’on peut toujours trouver, dans ses propres désirs ou sur les réseaux sociaux, de quoi contredire l’évidence : il ne s’est rien passé au Capitole le 6 janvier (ou si peu…), la Georgie n’a pas basculé dans le camp des démocrates (qui ont bourré les urnes), la star du porno, moyennant une énorme somme, a rétracté son témoignage, etc. C’est une question de volonté, on peut forger ou tordre les faits à sa guise, il suffit de vociférer ! Et toujours d’y mettre le prix.

En attaquant frontalement, cyniquement, les vertus du logos qui fonde notre tradition des Lumières, notre idéal républicain voire l’idée même d’un espace public ou partagé, Trump ici encore comble les vœux de ses supporters. Pourquoi argumenter contre son adversaire ? Comparer les programmes, les bilans ? Pourquoi apprendre un minimum de géographie pour, par exemple, situer l’Ukraine sur la carte ? Il suffit de caricaturer « sleepy Joe » ou, par un montage qui fait aussitôt le tour des réseaux, de le montrer gravissant l’échelle de l’avion présidentiel et ratant quelques marches – images dévastatrices d’un président à bout de souffle, chancelant, disqualifié.

Il suffit de moquer l’idée même de débat, ou d’affrontement électoral, en mimant le pugilat, en dansant, en grimaçant, pour mettre le bon public en joie, aux anges. La politique est une kermesse, une fête, l’opinion est à vendre et s’achète, la marchandise s’étend partout et règne en maître, comme cette paire de baskets dorées que le candidat exhibe en plein meeting, pour vanter l’excellence de l’industrie-Trump (ces chaussures siglées sont aussi répugnantes que les images de sa maison, invraisemblable accumulation de meubles ruisselants de dorures et de mauvais goût).

 Trump incarne bien le triomphe d’un certain capitalisme, et on comprend par où son personnage, dont la vulgarité nous soulève le cœur, peut toucher cette Amérique qu’on dit profonde : profonde d’être tombée et de végéter dans un trou, d’où rien ne s’explique du monde extérieur, où la culture, la curiosité, l’esprit critique sont vides d’aucun sens, où règne l’autosatisfaction crasse de ceux qui par leur vote n’ont qu’un programme, « leur foutre au cul »…

Le documentaire mentionnait le coût de la campagne pour les deux candidats ; je ne l’ai pas noté mais il est astronomique, et décourageant, confirmant la marchandisation finale et définitive de ce qui aurait pu être un débat, un tournoi de société, et que Trump tire vers les jeux du cirque. On se demande depuis longtemps comment retenir la politique sur la pente du spectacle ; le propre du jeu politique, disais-je avec Hannah Arendt, n’est pas de faire mais de faire avec, en associant aux décisions prises les circonstances, les adversaires… Un homme politique efficace ne décide jamais seul, ni d’en haut ; il a soin d’interagir. La trumpisation du monde se moque de cette distinction du faire et du faire avec, les faits se fabriquent, l’opinion s’achète, « the show must go on » et les souscripteurs ne manquent pas, la Maison blanche combien de millions ?

 Avec Trump, un nouveau capitalisme installe partout chez elle la marchandise, et se propose de combler nos désirs en faisant miroiter des godasses dorées : il ne favorise pas la formation du citoyen, mais le triomphe de l’enfant-roi ou du consommateur impulsif, colérique, toujours prompt à resurgir.

13 réponses à “Dans le monde-Trump”

  1. Avatar de Jean Claude
    Jean Claude

    Cher Daniel,
    Cet article soulève le cœur, évidemment, vu de Coursegoules, de Grenoble en ce moment ou de Paris. La jungle médiatique, strict produit de ce que certains nomment les néolibéralisme et que Hannah Arendt désignerait peut être par système totalitaire souterrain, produit un Trump, un Poutine, une Le Pen mais aussi un Brexit. Il y a une semaine dans la dernière exposition temporaire des photographes de la collection d’Antoine de Galbert présentait dans des postures irrévérencieuses une panoplie de dictateurs dont nombre sont encore en vie !

    Aux Etats Unis, les derniers présidents, en exceptant sans doute Obama, ne brillent pas par leur intelligence de situation. Ils résultent cependant de votes démocratiques, très proches des électeurs qui votent pour eux. En un sens ils sont représentatifs mais n’utilisent pas les outils démocratiques pour prendre des décisions !

    En Europe c’est un peu différent, les dirigeants sont mieux câblés intellectuellement mais brillent par leur impuissance à agir dans leur propres pays comme au niveau européen. Seule des macro menaces renforce le pouvoir fédérateur de l’Europe de l’ouest. L’Europe de l’ouest est vraiment une organisation en réseaux à géométries variable ( Euro, Schengen Otan, ect.). La pression nationaliste est grandissante. Les problématiques d’emploi, d’endettement, de bureaucratie, de baisse de natalité blanche, sont transfrontières. Les peurs qui nourrissent ces populations vieillissantes sont fondées et enrichissent les fournisseurs de bonheurs de substitution.

    Il me semble que vu d’autres points de la planète, d’Afrique, d’Australie, les regards se tournent davantage vers les inquiétudes du pacifique (voir une brève histoire du futur de J Attali, il y a une bonne dizaine d’années).

    Il me semble le plus probable que l’humanité traverse de multiples bifurcations chaotiques. L’Occident, l’Europe de l’ouest, la France sont soumis aussi à de multiples bifurcations mais pas de même nature ni de même ampleur, dans des contextes différents.

    La métaphore la plus probable est celle de la chenille qui devient papillon : Entre la chenille qui se dissout et qui devient chrysalide, une zone de brouillard empêche de déceler l’émergence de la chrysalide. Puis de la chrysalide au papillon une autre zone de brouillard ne permet pas d’imaginer la venue du papillon.

    Ces multiples bifurcations sociétales à géométrie et à modalités variables suivant la géographie ou elles se passent, ne permettent pas de présager l’avenir qui émerge. Individuellement comme collectivement nous devons apprendre à vivre au mieux et solidaires dans une incertitude totale, impossible à déchiffrer. Cela concerne toutes les tranches d’âges, les métiers à exercer, les différentes zones d’habitation et bassins d’emplois. Nous devons apprendre à vivre le changement permanent.

    Chaque bifurcation va produire des bouleversements dotés de phases civilisatrices et d’autres opposées. Les 10 à 20 années à venir vont nous conduire à vivre dans l’incertitude et dans l’incomplétude d’un changement permanent hors de nos repères habituels. pour la plupart des personnes ce sera un facteur (et c’est déjà le cas !) de peurs , d’angoisse existentielle et de replis sur soi.

    Pourtant mieux comprendre les tourmentes et tourbillons que nous allons affronter est une aide à objectiver la traversée de ces multiples vallées du désespoir. Esquiver, ne pas vouloir regarder en face est épuisant psychiquement, car inconsciemment nous sommes quand même impactés.

    Essayons d’identifier une quinzaine de catastrophes- métamorphoses. Pour chacune d’elle j’essaye de caractériser mon positionnement et les impacts potentiels de ma vie quotidienne, de celle de mes proches. Chacun devrait en faire de même. La démarche est simple : accepter de regarder ce qui est et ce qui peut advenir. Cette analyse des risques stratégiques peut permettre d’identifier ce sur quoi je peux agir et ce sur quoi je ne peux pas agir et ainsi ne pas gaspiller mes ressources vitales. Surtout je prends distance avec les angoisses et déprimes existentielles qui habitent nombre de personnes.
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    Epuisement des ressources matérielles

    1 – Les occidentaux surconsomment les ressources naturelles (5 points au lieu d’être à 2).
    2 – la pollution des sols et des organismes a des conséquences désastreuses sur les ressources nutritives
    3 – Le dérèglement climatique impose de nombreux cataclysmes, le manque d’eau potable et la désertification des sols. Est-ce réversible ? Vaste question.
    4 – Les mégapoles d’extrême orient sont des zones névralgiques liées à la surpopulation urbaine et à la désertification des terres, ce qui engendre des flux migratoires intenses.
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    Explosion des ressources immatérielles

    5 – Le volume des connaissances croît de manière exponentielle avec une durée de vie réduite. Comment réaliser des formations initiales pertinentes ?
    6 – La numérisation très rapide des sociétés déstabilise la population et remet en question un grand nombre de métiers induisant ce paradoxe de l’homme augmenté versus de l’homme diminué. Cela accroît les inégalités sociales de façon dramatique.

    Transformation radicale du modèle familial

    7 – Le brouillage des repères binaires de la sexualité et du genre, la perte de fertilité, l’effondrement du désir de sexualité, l’arrivée tardive du premier enfant. Les familles recomposées et les familles monoparentales impliquent de donner d’autres sens à faire couple et faire famille.
    8 – La croissance exponentielle de la population non occidentale et le déclin de la population occidentale associée à son vieillissement a des impacts névralgiques tant au sein des nations que de la géopolitique.

    Transformation des modèles politiques

    9 – L’épuisement du modèle démocratique à grande rotation du personnel politique se confronte à l’explosion des modèles dirigistes et dictatoriaux à plus grande durée de vie
    10 – Le repli sur soi, le nationalisme en pointe, la radicalisation des systèmes religieux traditionnels en perte de vitesse valorisent en contrepoint le machisme et la domination de l’homme sur la femme et les minorités non représentatives, la montée de tout type de violence et en particulier les violences intra familiales.

    Dérégulation des systèmes économiques

    11 – L’organisation de l’économie de la rareté a beaucoup de mal à s’hybrider avec l’économie de la profusion
    12 – La grande décolonisation industrielle, les circuits courts et les compensations financières des économies liées à l’importation et à la mondialisation mettent à mal l’économie de la redistribution (police justice, armée, éducation et santé).

    Dérégulations géopolitiques civilisationnelles

    13 – Pertes d’influence de l’Europe sur le plan mondial et en particulier en Afrique
    14 – Perte du sens du bien commun : passer de “réussir dans la vie” à “réussir sa vie” (génération Y) en donnant un temps important aux loisirs.
    15 – Perte du sens de la spiritualité, du symbolique et du sens du sacré, après l’effondrement des systèmes religieux traditionnels et des grandes utopies politiques : cela laissent peu de contrepoids à la pression du temps, au phénomènes d’accélération des modes de vie tournés sur l’utilitaire, les loisirs et les ressources de compensation et de dépendances ( drogues, burn-out, jeux numériques et réalité virtuelle).

    Au vu de tout cela, Trump, Le Pen et Poutine restent des épiphénomènes pourvoyeurs de peurs et de grandes souffrances marginales, peu représentatives, à mon sens de tout ce qui va advenir dans les deux prochaines décades.

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Dans cette vaste tapisserie que tu brosses, cher Jean-Claude, je n’ai tiré qu’un fil – mais il fait sens ou symptôme, et surtout système avec d’autres : Trump est en résonance inquiétante avec Bolsonaro, Milei, Poutine…, avec peut-être un temps d’avance dans l’outrance ou la caricature, mais je n’ai pas envie d’en rire et le documentaire d’une heure vu sur LCI faisait froid dans le dos…

  2. Avatar de Jacques
    Jacques

    Bonjour !

    Mais enfin, cher estimé et estimable maître, vous rendez vous compte de la teneur de votre propos ?

    N’avez-vous point conscience que vous êtes en train de blesser des millions de gens que vous vouez aux gémonies car ils ne votent pas comme vous, en mettant en cause la légitimité de leur choix qui vous déplaît?

    Nous sommes ici, en cet espace, en bonne compagnie et nous aimons la discussion argumentée, le plaisir d’échanger sans nous montrer désagréables avec ceux que l’on ressent « pas comme nous » et qui peuvent avoir des idées auxquelles on n’adhère pas. Parfois même, une petite dose d’humour apporte quelque chose en plus à nos commentaires.

    Et c’est bien ainsi !

    Mais là, vous enfoncez le clou, Monsieur le Professeur, et c’est votre liberté, votre droit.

    Dussiez-vous en souffrir, il vous faudra accepter de lire un autre son de cloche, une autre manière de voir les choses qui, au lieu de séparer cherche à rassembler.

    Ce n’est pas facile, mais on peut bien essayer, ma foi !

    Alors, je vous donne rendez-vous dès potron-jacquet, la nuit portant conseil.

    Je serai sans armes, rassurez-vous !

    « Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
    Lève l’ancre pour une exotique nature ! » (S. Mallarmé)

    Jacques

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      Votre réaction m’étonne mon cher Jacques, car enfin c’est moi, c’est nous qui sommes blessés, que dis-je révulsés, par le tour qu’imprime à la campagne Donald Trump ! Quel abaissement de la démocratie, comment cela est-il possible ? Le comble pour moi fut de voir Trump exhiber cette paire de baskets dorés, avec le bagout d’un camelot de boulevard : profiter d’une tribune « politique  » pour vendre ça !! Mais comme dit Spinoza, il ne faut pas pleurer, s’indigner, protester, mais comprendre, ce que j’ai (modestement) tenté de faire dans ce billet à l’évidence inachevé, qu’il faudra compléter, reprendre – au vu des prochaines frasques que nous réserve je le crains, ce personnage. L’idée qu’un grand parti travaille désormais (au prix de quelles sommes !) à lui remettre la charge de l’homme le plus puissant du monde, m’est simplement intolérable. Pas pour vous ? Je préfère donc clamer mon indignation haut et fort, et je ne vois pas quelles oreilles chez nous cela pourrait froisser…

  3. Avatar de Jacques
    Jacques

    Bonsoir !

    Avec toutes mes excuses, cher maître ! Je devais venir à l’aube et c’est aux complies que je me retrouve devant l’écran, dans la salle capitulaire. Ah, les circonstances ! Compliquées, disait M.Proust.

    Monsieur Trump est visiblement un sacré comédien. Ne dit-on pas au doux pays de France « De la démocratie » par ses lettres transposées, qu’elle est « Art de la comédie  » ?

    L’histoire des chaussures est évidemment « risible », comme l’était sans doute, celle de Roland Dumas.

    Faut-il insister ou revenir sur le « Casse-toi pov’con! » ou sur les « sans-dents » d’anciens locataires du Palais présidentiel, cher Daniel ? Si « la Le Pen », comme ils disent, aurait dit des choses pareilles, quel tohu-bohu chez la bien-pensance de l’idéologie gauchisante ! Dans leur salon doré ou de leur chambre d’hôtel avec vue sur la mer, on imagine la Une de leurs journaux et de leurs épigrammes envenimées sur les plateaux de télévision !

    Mais revenons à notre Donald du pays de l’oncle Sam. Certes il a réussi plutôt bien dans les primaires, mais cette relative victoire ne lui donne pas la certitude d’être élu en finale à la présidence de son pays.

    Il a pour lui, le fait de ne pas être considéré, preuve à l’appui, comme un « va-t-en-guerre », mais bon,

    est-ce suffisant ?

    La voix du peuple, fût-elle parfois récusable, tranchera. Point final.

    Cher ami randonneur, nous sommes sans armes, sur ce quai de gare, face aux rails du politique ou roule la politique.

    Et pourtant, l’un et l’autre nous avons quelque chose dans les mains, le livre de l’amie fidèle d’Elfride et Martin Heidegger, notre chère Hannah, auteur de « La crise de la culture ».

    Gagnant, perdant ! Il faut relire le chapitre que vous mentionnez judicieusement sur « Vérité et politique ».

    Et de vous inviter, cher Daniel, à revenir vers nous pour nous instruire à votre manière, sur ce que nous ne pouvons pas, selon elle, changer, ce sol sur lequel nous nous tenons et le ciel qui s’étend au-dessus de nous.

    Pour comprendre cela au sens spinozien, nous avons besoin des vertus des Achéens et des Troyens de notre temps, de leur victoire et de leur défaite.

    Toute la question est de savoir les mettre en relation sur le terrain de « l’objectivité ».

    Et vous êtes expert en la matière.

    C’est l’affaire des « hommes d’études » comme dit Danièle Sallenave qui en appelle à Michelet, auteur d’une « Histoire de la Révolution française » pour défendre un peuple « maître de la grammaire », l’homme d’en bas, face au pouvoir orgueilleux qui se dit « maître des horloges » sur les marécages des avilissements marchands d’une novlangue numérisée. (Zadig, n° 10)

    Reste à trouver chaussure à son pied. Faites entrer les artistes, Cendrillon et Michel Serres !

    Chez McDoanld’s, elle n’est pas de vair.

    En toute amitié

    Jacques

    À 21 h, ce soir, je regarderai CNEWS. Un vendéen nous parle…

  4. Avatar de Roxane
    Roxane

    À Jacques

    Je suis désolée, mon Révérend, de vous déranger pendant vos lectures.

    C’est juste pour vous dire que j’ai bien vu l’émission à l’heure et au lieu indiqués.

    L’invité a bien parlé de La Vendée mais il est normand.

    On ne va pas s’en plaindre !

    Roxane

  5. Avatar de Soartacus
    Soartacus

    Qu’un parti fondé par Léon Gaultier qui combattit sous l’uniforme de la Waffen -SS n’a évidemment aucune signification politique,juste un hasard. Comme «  Durafour crematoire » n’est que de l’humour mal compris par les gauchistes. Sérieux ?
    Je ne jette pas les électeurs du RN aux gemonies ,ni mets en cause la légitimité de leur vote.
    Et oui ma condamnation absolue de l’idéologie du RN blesse ces gens.Comme me blesse l’eternel trait d’égalité qu’ils mettent entre migrants et délinquance et entre pauvres et assistés.
    Nous devrions accepter un autre son de cloche? Mais où avez vous vu que les démocrates refusaient le débat?
    Dumas,Trump pour moi deux defenseurs du capitalisme,comme Hollande et Sarkozy.
    Quel tohu-bohu si Mme Le pen avait dit de pareilles insultes dites vous.Mais pas du tout,c’est faux.
    Faut il vraiment que de Cnews et de BFM vous ne voyez rien. Que la quasi totalité des médias audio ,vidéo,papier soit possédés par des milliardaires n’a donc pour vous aucune signification?
    Le capitalisme en crise pense qu’une solution pour empêcher le rassemblement de toutes les colères contre l’exploitation peut passer par un gouvernement d’extrême droite .
    Hollande est plus sûr pour cette classe de possédant ,mais Le pen n’est pas pour elle un ennemi ,loin de là
    Ha j’aime bien «  l’idéologie gauchisante » :
    L’égalité totale entre hommes et femmes.
    L’augmentation énorme du smicard comme en 68.
    La santé gratuite.
    La retraite à 58 voire 55 ans.
    L’expropriation des piliers de l’économie.
    La gestion par les travailleurs de la secu.
    L’accueil de nos frères humains migrants.
    Mais tout cela c’est l’honneur de l’humanité.
    Ainsi salon dore ou chambre d’hôtel et vue sur mer dites vous de vos opposants,et hlm, foyer d’accueil, pas possible ? Enfin est on obligé d’être de mauvaise foi en plus d’une mauvaise cause ?
    Mes journaux? Par exemple « libération » voulez vous dire.
    Libération,propriété du milliardaire Patrick Drahi qui est aussi principal actionnaire de BFM !
    Vous aurez compris que Libération n’est pas un de mes journaux.ni le Monde lui aussi aux mains du milliardaire Xavier Niel.

    Lisez vous les médias de LO, des anarchistes, du NPA,des ecolos, des décroissants?de RP.
    Vous y trouveriez des infos non éditées par des capitalistes servis par le PS,les Républicains,le RN ,le Modem…etc.
    D’Annah Arendt c’est la banalité du mal que je retiens.
    Après 80 ans il frappe encore à nos portes.

    1. Avatar de Daniel Bougnoux

      OK Spartacus, je « valide » votre commentaire mais je vois mal à qoi il s’adresse et qui vous visez ?Pas mon billet sur Trump il me semble. Sur Arendt, la « banalité du mal » finit par faire slogan, il y a plus à retenir dans « Vérité et politique, », dont je reparlerai prochainement.

      1. Avatar de Daniel Bougnoux

        Un correspondant m’écrit, et je suis sensible à son rappel :
        On ne saurait déplorer les conséquences de ce dont on chérit (ou tolère ou ignore) les causes. Or, Trump, Poutine, Marine Le Pen sont des conséquences, des réactions si tu préfères ; la cause c’est le régime monstrueux que l’Occident (i.e. les Etats-Unis, Biden et leurs autres fondés de pouvoir Ursula, Emmanuel, etc.) nous impose et entend imposer au reste du monde. Derrière la guerre que la Russie livre à l’Ukraine depuis deux ans, il y a la guerre virtuelle que l’Occident livre (depuis 30 ans) à la Russie et (depuis 300 ans ?) au reste du monde… Notre monde n’est pas un monde-Trump, c’est… notre monde et Trump n’en est qu’un symptôme – monstrueux… comme tout le reste.
        Je lui envoie en réponse : Oui cher XX, je crois être sensible moi-même à la « ponctuation » des chaînes causales, et par exemple dans le conflit israélo-palestinien à ne pas faire endosser au Hamas l’initiative d’un terrorisme qui remonte tellement loin en arrière, du côté des occupants… Mais je suis aussi sensible aux effets de seuil. À mes yeux, le phénomène-Trump est inédit aux EU (ou suis-je mal informé ?), et je ne mettrai pas dans le même sac les successifs présidents américains : nous assistons à un effondrement de la fonction qui ne m’avait pas frappé du temps d’Obama ou de Clinton… Et cet effondrement s’accompagne d’émergences comme celles de la post-vérité, des fake-news ou des « faits alternatifs », d’une marchandisation de l’opinion qui certes n’est pas nouvelle, mais qui semble connaître un essor sans précédent. Est-il naïf de considérer Trump comme un événement, ou un symptôme émergent ? De ne pas renvoyer dos-à-dos Trump et Biden ?
        J’essaierai, dans un prochain billet, de mieux rendre compte de la notion de fait, bien malmenée comme l’avait prévu Arendt, et de notions connexes (vérité, logos, espace public, monde commun, réseaux sociaux, etc). On peut remonter loin dans l’analyse des causes profondes, mais les récents développements de cette glissade ne laissent pas d’inquiéter. Pas toi ?

  6. Avatar de Roxane
    Roxane

    Bonjour !

    Ô grand César de l’Empire de la communication, gloire à toi ! Tes fidèles soldats te saluent.

    Merci de faire entrer dans l’arène le vaillant gladiateur Spartacus.

    Certes, nous ne sommes pas dans la Rome antique et au delà de la plaisanterie, il ne messied pas

    d’entrer dans le jeu puisque nous avons du pain sur la planche, bonnes gens !

    La réponse de Monsieur Spartacus mérite d’être considérée, j’en suis sûre.

    Avec Jacques à l’Hostellerie des pins, nous avons ensemble parlé longuement jusqu’à la tombée du soir.

    En retraite très occupée, il m’a demandé de répondre, en toute liberté dans le total respect de notre vision

    commune des choses.

    Pour aller parfois au fond des choses, il faut s’investir et faire apparoir en certain cas sa vie privée.

    Ce qui n’est pas possible dans cet espace public protégé qui a heureusement ses limites à ne pas dépasser.

    Aussi, propose t-il, l’ami Frère Jacques, des échanges personnels avec Monsieur Spartacus, si ce brave soldat est d’accord. Pour ce faire il lui suffira de demander à notre maître, Monsieur Bougnoux, les coordonnées électroniques de Jacques T… qu’il connaît, évidemment !

    Loin de ces polémiques stériles, rechercher ce qui peut réunir…

    Les gens de terrain peuvent nous en apprendre plus que d’autres sur tel ou tel sujet.

    Je me souviens de cette paysannerie des années cinquante abonnée discrètement au journal communiste « La Terre ».

    Elle n’était pas gaulliste et le disait franchement. Elle était gaullienne et ne le savait pas…encore !

    Et sur ces erres, on peut voir un passage par « La Raison » de la libre-pensée et en même temps une lecture régulière de « France catholique ecclesia ».

    Nous y discernons un engagement personnel comme boussole et aussi une écoute des voix de la mémoire.

    Un itinéraire sans livre pour le dire.

    Qui saura ? Oui, qui saura ?

    Roxane

  7. Avatar de M
    M

    Bonjour !

    Oui, je pense qu’une petite recension du randonneur des cinq sous-chapitres de « Vérité et politique » nous sera profitable.

    Une vérité de terrain a son importance; ce qui n’exclut pas la vérité « différée » des gens qui sont à côté…

    À la Fondation des Treilles ou dans le clos attenant, on peut trouver les raisins trop verts.

    Difficile mais désormais nécessaire, la courte échelle, pour le trait d’union rêvé entre bas et haut.

    M

  8. Avatar de Eric Bougnoux
    Eric Bougnoux

    Cher Daniel,

    Comme nous en avions parlé de vive voix, je trouve ta sévérité certes justifiée, mais à géométrie variable.

    L’ostentation ne crée pas le système, ni le concept d’ailleurs. Comparer Trump à Falstaff est une trivialité qui me semble insuffisante. Ses grossièretés ne font pas de lui le candidat exclusif d’une idéologie néolibérale dont la nébuleuse définition a d’ailleurs l’avantage d’être opposable au monde entier.

    Trump est probablement de son temps, de sa terre. Il incarne certainement les conséquences d’un marché-tout-puissant avec ses godasses dorées et son apologie du MacDonald’s, mais je doute qu’il en soit la cause et le seul légitimateur. Biden et Obama ne sont-ils sincèrement pas, eux aussi, les apôtres de la logique mercantile ? Pourtant leurs politiques commerciales extérieures sont sans équivoques : il faut élargir toujours plus le marché, créer les interdépendances, faire baisser les droits de douane… dans le monde entier ! À ce sujet, je dirais même que Trump est moins « néolibéral » (quelle définition ? Celle de la confusion entre les pouvoirs publics et les entreprises afin d’optimiser le marché ? Alors presque tous les États le sont !) que ses antagonistes démocrates. Rappelons-nous de ses violentes attaques contre l’OMC. Il fut sans doute engendré par le capitalisme cradingue du monde occidental, mais cela n’en fait pas de lui un légitimateur évident. Car la mondialisation est l’optimum global du marché. Tout projet de repli national en constitue une entrave.

    Les succès de Trump dans l’Amérique profonde est souvent analysé avec suffisance dans nos médias parfois teintés d’axiologies hors de propos. Se contenter de le comparer à Milei, Bolsonaro ou Poutine me semble lacunaire. Si l’on observe l’histoire des États-Unis, force est de constater que le populisme prend naissance à gauche, dans les États du sud, pauvres et agricoles. Andrew Jackson, dont Trump se revendique volontiers (il en avait un portrait dans son bureau à la Maison blanche), fut le premier président ouvertement hostile à la Constitution de 1787. Il fut opposé à la centralisation du pouvoir, à la reconduction de la Banque centrale… En bref, un véritable populiste, en rupture avec ses prédécesseurs. Pourtant, aujourd’hui, les corps électoraux des démocrates et des républicains se sont diamétralement inversés : Trump, du camp républicain, réalise des scores quasi-identiques à ceux des candidats démocrates des XIXe et XXe siècles dans les États du centre et du sud. Cet électorat-là a toujours existé, il n’est donc pas qu’un simple produit des turpitudes du capitalisme. Il est ancré dans le temps, il n’est pas qu’une anomalie passagère.

    La personnalité de Trump est à déplorer au regard de bien des principes des Lumières. La démocratie est ébranlée, l’espace public dynamité. Mais encore une fois, aucun politicien n’est épargné par ce phénomène. Les postures font peut-être diversion, mais tous subissent la loi de l’ultra-médiatisation, du mensonge en continu et des éléments des langages fades. Par pudeur, je n’évoquerai pas ici les actions et déclarations honteuses de nos propres gouvernants.

    John Dewey nous disait ceci à propos de la démocratie : « Les conséquences indirectes, étendues, persistantes et sérieuses d’un comportement collectif et interactif engendrent un public dont l’intérêt commun est le contrôle de ces conséquences. Mais l’âge de la machine a si considérablement déployé, multiplié, intensifié et compliqué la portée des conséquences indirectes, il a provoqué des liens dans l’action si longs et si rigides (et ce sur une base impersonnelle et non communautaire), que le public qui en résulte ne parvient pas à s’identifier et à se discerner lui-même. Or cette découverte de lui-même est évidemment une condition préalable de n’importe quelle organisation effective de sa part. »

    Actualisé, ce discours intègrerait certainement l’âge du réseau et son effet aplanissant voire abrutissant. La complexité des causalités modernes nécessite une simplification au moins équivalente pour qu’elles puissent être narrées avec succès à la télévision. Et comme tu le rappelles si bien : « Un slogan publicitaire affichait il y a quelques temps : RTL, l’important, c’est de vibrer. La culture du débat se trouve chaque fois menacée d’effondrement par ces appels directs à la carte forcée de l’émotion, qui donne à nos médias un pouvoir de chantage. »

  9. Avatar de Roxane
    Roxane

    Bonjour Monsieur Bougnoux !

    Je viens de lire votre commentaire, posté hier, dans le blogue de notre maître randonneur.
    J’ai relu votre citation finale que l’on trouve dans le billet du 15 septembre 2021, tirée d’un passage de la page 101 de « La crise de la représentation » de notre auteur.
    Avec son humour intelligent, icelui, se plaît dans un commentaire de ce billet « L’accélérateur du temps médiatique » qui date d’un certain temps ou de « quelque » temps, de remercier un passant entré dans les Ordres qui élargit le cercle de famille. Soit !
    Mais revenons à nous, à la profondeur de votre commentaire, Monsieur Bougnoux. Je veux parler de je ne sais quel mouvement musical intérieur, une sorte de sonorité qu’on ne peut entendre, quelque chose qui va au delà de la vibration.
    On serait tenté d’aller, de ce pas, quérir nos références dans « La terre et les rêveries de la volonté » de Gaston Bachelard pour mieux voir, mieux entendre…Mais laissons pour un temps, de côté la littérature.
    Juste pour vous dire qu’au pays de l’oncle Sam et de la dolce France, il est des résonances, une même longueur d’onde, pouvant relier des êtres tout à fait différents, quelque chose « d’archaïque et de novateur » comme on dit dans une « Critique de la raison politique », à même de faire sens.
    J’ai le sentiment de toucher à ce quelque chose en vous relisant.
    Notre « âme », le seul sujet de ce commentaire.
    En écrire un livre, mon bon Seigneur ? Monsieur Bloom l’a fait brillamment, là-bas, sur le déclin de la culture générale. C’est bien mais ça ne fait pas tout…
    Merci pour votre propos, Monsieur Bougnoux, qui tient de la texture de ceux qui font se lever des vivants dans nos champs de cendres.
    « C’est ainsi que les transformations sociales s’opèrent un peu différemment de l’imagination première que s’en font les grands esprits prophétiques, toujours les voyant d’une manière un peu utopique, que vient corriger la réalité. »
    (La semaine sainte, Louis Aragon)

    Roxane

    Donné le jeudi saint deux mille vingt-quatre

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À propos de ce blog

  • Ce blog pour y consigner mes impressions de lecteur, de spectateur et de « citoyen concerné ». Souvent ému par des œuvres ou des auteurs qui passent inaperçus, ou que j’aurai plaisir à défendre ; assez souvent aussi indigné par le bruit médiatique entretenu autour d’œuvres médiocres, ou de baudruches que je…

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À propos de l’auteur

  • Daniel Bougnoux, professeur émérite à l’Université Stendhal de Grenoble, est ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie. Il a enseigné la littérature, puis les sciences de la communication, disciplines dans lesquelles il a publié une douzaine d’ouvrages.

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