Demain Sade ?

Publié le

Je ne sais si le dernier essai publié par Dany-Robert Dufour aura beaucoup de lecteurs, tellement il est accablant, ou glaçant : les cinq-cents pages de Sadique époque (Le Cherche Midi), 2025) vous prennent à la gorge, en vous enfermant dans une démonstration implacable, admirablement (effroyablement) documentée, qui ne vous quitte plus. J’admire la perspicacité de ce livre, le courage qu’il fallut à son auteur pour remuer toute cette matière, littéralement fécale, de notre temps… Combien d’années aura-t-il passé à lire et relire Sade (trois volumes dans la bibliothèque de la Pléiade !), un auteur que je n’ai fait moi-même que survoler, qui m’a toujours repoussé, tellement le miroir qu’il tend à notre condition est insoutenable. 

Mais justement, certains ont ce courage de regarder la Chose en face, une Chose d’abord enfouie, refoulée, censurée ou traitée comme une curiosité à la marge, alors qu’elle n’a fait que grandir, que se ramifier entre nous jusqu’à exploser au grand jour et confirmer aujourd’hui, dans ce livre, sa terrible, sa centrale actualité. 

On ne rigole pas avec Sade, et le Marquis ne mettra jamais les rieurs de son côté. C’est la première illusion que ce livre dissipe, Sade n’est pas un libérateur du Désir et jamais il ne comptera parmi les promoteurs d’une quelconque bien-pensance ; il ne dessine aucun modèle que puisse se proposer un esprit « progressiste », il ne sera le drapeau d’aucun mouvement social ; et si quelques dadaïstes ou surréalistes l’ont pris pour saint-patron ou porté au pinacle, ils ne pourraient que déchanter à la lecture de ce livre. Vous qui ouvrez ces pages, mettez sur le billot d’une guillotine figurée en couverture votre tête nécessairement farcie d’idées généreuses ou mélioratives : non, l’Histoire ne s’arrange pas, et notre époque court vers le pire. 

Dany-Robert Dufour avait déjà travaillé Sade dans deux livres, La Cité perverse et Le Divin marché (ce dernier titre assez explicite), mais en toile de fond, sans en faire la figure centrale. Il tournait autour ; le voici placé en pleine lumière, et cette lumière (noire, qui inverse en tous points la philosophie dite des Lumières) ne nous flatte pas. Très schématiquement : depuis Saint Augustin, on se représente l’homme tiraillé entre l’amour de Dieu et l’amour de soi ; l’amor Dei est censé nous élever, l’amor sui nous enfoncer dans ce que Pascal appellera la concupiscence. Or il se trouve au XVIII° siècle des théoriciens d’un courant libéral en économie, particulièrement Adam Smith et surtout Mandevillle avec sa Fable des abeilles (rééditée et commentée par Dany-Robert) pour soutenir les bienfaits collectifs ou publics de cette concupiscence privée : plus les hommes se livreront à la luxure, à la gourmandise, à l’appât du gain, et plus par ruissellement ils donneront d’ouvrage aux artisans et de profits aux marchands. Un criminel à lui seul ne fait-il pas travailler une cour de justice, des geôliers voire un bourreau ? Les vices privés peuvent donc engendrer un bien public, et dès lors quels sont les comportements véritablement vertueux, méritoires ou à encourager ?

Ce paradoxe, mis en pleine lumière par La Fable des abeilles, semble tellement insoutenable (car il renverse la morale) que son auteur fut promptement stigmatisé sous le nom de Man-Devil, l’homme-diable. Mais cette diablerie précédait de peu les textes de Sade, et Dufour documente les relations possibles entre les deux auteurs. Le programme ou le message de Sade est simple et tient en un mot, l’égoïsme, le service avant tout de son propre désir. Or que désire intimement chacun ? Dominer, voire baiser son prochain (titre d’un autre ouvrage de DRD) ; en toute impunité, ouvertement et selon la plus intangible des lois, la loi du plus fort. Le plus sûr critère de cette domination, la preuve qu’on a la force pour soi, c’est donc l’abaissement, l’humiliation, la violence infligée à l’autre : les supplices dont regorge cette bibliothèque (pour moi illisible) sont donc l’ultima ratio de ce programme, faire éclater en toute occasion sa supériorité, réaffirmer sur chaque corps sa puissance.

La sexualité, dans le tableau des performances sadiennes, n’est donc pas première, d’ailleurs Sade exècre la différence des sexes, qu’il annule souvent dans une préférence pour l’anus, un orifice que les deux sexes ont en commun. La jouissance ne tient nullement à l’emboîtement de deux organes complémentaires, mais à la domination (maître-mot de l’érotisme sadien) de l’un sur l’autre. Baiser dans ce contexte prend un sens dépourvu d’équivoque.

Pour devenir un bon sadique, « encore un effort », il convient de bannir toute compassion ou empathie envers ses victimes, de se montrer indifférent ou apathique devant les tourments qu’on inflige, et de ne ressentir évidemment aucune culpabilité, mais au contraire le frisson ou la libération de dopamine qui accompagne le sentiment d’avoir une fois encore bien baisé son prochain. 

La majeure partie des analyses de Dany-Robert Dufour s’orientent à partir de là vers la démonstration des convergences entre les rêveries de l’embastillé et quelques traits, en effet saillants, de l’histoire des XX° et XXI° siècles. Le possible anéantissement du genre humain (fantasmé par Sade) n’a-t-il pas été comme joué aux dés lors des essais de la première bombe A, dans le désert de Los Alamos ? Une explosion dont nul ne savait, avant son lancement, si elle n’allait pas par réaction en chaîne détruire notre atmosphère. Le dépérissement de cette même espèce, par extinction graduelle du désir sexuel, n’est-il pas initié dans les pratiques (encore minoritaires) de ce que Monette Vacquin a nommé « le plan hors-sexe », et les tentatives de reproduire la vie sans en passer par les fastidieux détours d’une libido aujourd’hui en baisse ? 

Mais surtout, le péril ici le plus documenté vient des réseaux sociaux, qui au rebours de l’ancien appareil d’information enferment leurs pratiquants dans des ghettos étanches, où un système de croyances claniques s’aiguise et se fortifie au détriment du débat public, et d’une curiosité renouvelée. Moi d’abord ! Cette maxime toute sadienne n’est pas peu renforcée par ces NTIC, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, avec leur cortège de fake news, de manipulations de l’opinion et de violations de l’espace public. Deux mondes également sadiques se font désormais face, celui des hyper-riches dont Trump est chaque jour sous nos yeux le champion, qui n’hésitent pas à jouer aux surhommes (voire, dans le cas d’Elon Musk, à faire le salut nazi) ; celui d’un Lumpen-proletariat également sadique, organisé en clans indifférents à toute loi – la loi d’en face, républicaine, étant par eux assimilée à une autre sorte de clan. DRD, jadis professeur en sciences de l’éducation, en sait long sur l’exposition des jeunes aux réseaux sociaux, à la drogue, aux incivilités voire à des crimes qu’ils commettent et traitent avec indifférence, un tableau typiquement sadien que son livre documente très précisément. 

Le triptyque de Jérôme Bosch consacré à « L’enfer », sur lequel s’ouvre et se ferme le livre, illustrerait d’autres pistes très actuelles, sur les manipulations génétiques, mais aussi sur le rôle insensibilisant ou euphorisant de la musique. Vers quel abîme roulons-nous ? On sent, dans ses dernières pages, Dany-Robert Dufour effrayé par ses propres découvertes, comme il aimerait se tromper ! Son enquête, minutieuse, toujours éclairante, constitue manifestement un antidote aux dénis, et une invitation pressante à comprendre, à cadrer cette lumière noire des pulsions qui mènent le monde : le système-Sade qui, pas plus que le soleil ou la mort, ne se peut regarder en face. 

15 réponses à “Demain Sade ?”

  1. Avatar de Aurore la caissière
    Aurore la caissière

    Il est minuit au clocher du village et je réponds de suite à ce billet important, qui me fait penser à deux anagrammes, plus ou moins connues.

    Les voici !

    « Qui dresse la dame ? Le marquis de Sade »

    « Le sadomasochisme ? L’Hadès comme oasis »

    Les soixante-huitards « libérateurs » ou soi-disant tels, ont-ils lu H.Marcuse ?

    Et si tel fut le cas, peut-on dire que les jets de pavés soient la solution pour aller vers la libération ?

    Madame Lucet, fonctionnaire toujours en place, ce jour, n’ose pas dire devant les élus du peuple, le montant de son salaire mensuel qui équivaut à 25 mois de pension de retraite d’un paysan qui a travaillé toute sa vie.

    C’est dégueulasse ! me dit un brave Monsieur, presque au bord des larmes devant sa télé, en voyant cette nantie payée par les contribuables, ne pas oser dire en public, ce qu’elle empoche tous les mois.

    Non, ce n’est pas une digression ! Si tel était le cas, on pourrait en dire autant de la critique de Monsieur Trump faite ici, en ce billet.

    Je reçois ce soir d’une bonne amie, journaliste à la télévision, un message qui va plus loin que tout ça…

    Toute la question, Sire notre randonneur pensif, est de savoir comment faire avec nos pulsions biologiques et la conscience dominante ?

    Un numéro entier consacré à Éros dans la revue « Médium », c’est bien, voire très bien pour quelques lettrés établis dans la société, celle de l’école faite pour elle et non le contraire. Mais entre nous, qu’est ce que ça change dans la vie des gens qui lisent de moins en moins, telles des larves molles, scotchées sur l’écran de leur smartphone (le mot larves est de M.Serres) ? Rien, on le sait bien.

    Alors que faire ? Réponse peut-être dans la voie intéressante du secret, qui n’est pas par discipline mais par nature.

    On connaît le refrain :
    « Ce dont on ne peut parler il faut le taire » – Wittgenstein

    Le physicien à la recherche du réel apporte sa nuance et, je laisse à d’autres – là je pense précisément à une personne – le soin d’illuminer ce chemin à peine exploré.

    Bonne nuit aux ayants droit du rêve.

    Aurore la caissière

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Merci chère Aurore de cette réaction rapide ! Mais je ne comprends pas votre réticence à blâmer Trump, qui représente à mes yeux, comme à ceux de Dany-Robert Dufour, un concentré de « politique sadienne » : « Drill baby drill », cet encouragement à extraire les dernières gouttes de fuel, et à dégrader irréversiblement l’air et les sols, revient à exterminer à terme l’espèce humaine (et d’autres vivants), comblant ainsi les voeux de Sade qui, c’est le moins qu’on puisse dire, n’aimait pas la nature ! Et vous ?

  2. Avatar de Aurore
    Aurore

    Bonjour Daniel !

    Je veux bien tenter une réponse…Pourquoi pas ?

    Dany-Robert Dufour a des arguments, bien sûr, pour dénoncer la perverse cité.

    Laissons de côté son antri-trumpisme primaire qui évite de voir les côtés positifs – car ils existent – du président américain élu par le peuple.

    Oui, il y a sans nulle conteste une résonnance (Littré) sexuelle dans le slogan américain et là, justement, une réflexion s’impose, dussions-nous l’approfondir avec Jean-François Lyotard, apprécié par Monsieur Dufour.

    Mais revenons à nous, puisque vous m’interpellez avec calme et raison.

    Quand je vois  » ce fuel qui tache le firmament » et dont l’anagramme est « Le réchauffement climatique », je m’interroge, cher Daniel !

    Je n’ai oncques pris l’avion de ma vie et je ne fais partie des riches citoyens qui dépensent des milliers d’euros pour s’envoler les fesses en l’air dans un engin polluant, afin de prendre des vacances au diable vauvert, caresser un kangourou à Canberra ou se prendre en selfie avec un bouddha en Thaïlande.

    Le comportement de la base, c’est l’essentiel. Pareil avec la drogue, s’il n’y a pas de consommateurs, le marché s’effondre et tranquille la maréchaussée.

    À Grenoble, « le policier » (anagramme de « Eric Piolle ») aurait peut-être dû changer son fusil d’épaule pour laisser une ville plus vivable ! Et l’américain a-t-il eu tort de dénoncer en public les viols organisés par des étrangers sur des petites jeunes filles au pays de sa gracieuse Majesté?

    Oui l’avion peut être provisoirement utile, pour renvoyer sans lésiner, manu militari ou par la peau des fesses, dans leurs pays d’origine, des criminels de la pire espèce.

    Respecter la nature: Oui, évidemment ! Mais quelle nature, mon bon Seigneur ? Et des intellos assis qui n’ont jamais de leur vie planter un chou, se font les prophètes de la fin du monde en criant au scandale climatique.

    La rengaine est connue et il ne messied pas de remettre en mémoire quelques aspects de l’univers, ignorés par tous ces écolos de salon ou des plateaux de télévision.

    L’antidote existe et dans le corridor bleu Monsieur Parrochia qui porte votre prénom, cher randonneur, l’a donné à ma connaissance.

    Au risque de vous surprendre, au fin fond de la campagne française ou ce qu’il en reste, on peut attacher à son chapeau un suivez-moi-jeune-homme bleu marine et, en même temps, s’enraciner avec une Marie-Noire dans une belle harmonie, sans poursuite infernale. Vous avez dit « culture » ?

    En toute vraie amitié

    Aurore

  3. Avatar de Louise43
    Louise43

    Je ne réagis pas souvent car vous êtes tous trop savants pour moi mais ce qu’on ne peut pas taire, il faut le dire:
    1) Il n’est pas digne de Daniel Bougnoux d’être un anti-sadien primaire. 2) Les écrits de Sade ont eu infiniment moins de lecteurs depuis leur époque que les sites pornos et pédos n’ont de voyeurs aujourd’hui 3) Les auteurs du pogrom du 7 octobre n’avaient pas lu Sade.4) Sade écrit des romans philosophiques qui tirent toute la logique de la pensée sensualiste. Si le socle du psychisme est la sensation, chacun sent son plaisir et ses douleurs, non ceux d’autrui et la pitié, ce prétendu instinct selon Rousseau, source du prétendu « sens moral » est du conditionnement social dont l’individu libre est privé ou dont il se libère. 5) Et si Sade avait récuré les écuries d’Augias de l’âme humaine? Il serait d’un grand secours psychanalytique. 6) Est-il vrai qu’il y a du plaisir à dominer, oui ou non? De la jouissance à humilier, si possible en public? L’ami Rabain nous a conseillé récemment de relire Malaise dans la civilisation… Et si non seulement il n’y avait pas de sens moral inné, d’instinct de pitié, mais en outre une pulsion de mort, serait-ce la faute de Sade?
    7) Dès lors la seule question n’est-elle pas Comment « s’empêcher », c’est-à dire être « humain »?
    Comment apprendre aux enfants à résister à la tentation, à la frustration, autrement dit comment éduquer?
    Les moyens d’antan passaient par la honte. Faire honte du mal commis, ou même envisagé (s’en confesser!). Le bonnet d’âne, le pilori. On note d’ailleurs un retour au pilori aujourd’hui, entre adultes, comme si on ne trouvait pas mieux.
    Mais Nietzsche l’avait dit « j’appelle méchant celui qui veut toujours faire honte ». Comment alors éduquer? L’auteur antisadien qui est expert dans les prétendues « sciences » de l’éducation peut constater les progrès en civilité des jeunes générations qui ont bénéficié de leur apport.
    8) Depuis qu’il n’y a plus de Dieu, et que la peur des gendarmes (et des juges) n’existe plus, ce qui arrive, c’est que tout est permis.
    9) Pour revenir à Sade, il faut surmonter son dégoût pour comprendre qu’il renverse la morale, le mal et l’impur deviennent le bien et le pur. C’est pourquoi la merde est l’hostie du libertin. On ne me fera pas croire que ce n’est pas un jeu, chez cet enfermé, d’imaginer l’absolu de la transgression. Sade dont la vie n’a pas été celle d’un assassin et qui, pendant la Terreur, à ses risques et périls, s’opposait à la peine de mort.
    10) Quant à Trump, arrêtez de délirer les amis, pensez à ces champions de la purification des peuples, Pol Pot hier, ou Khameinei aujourd’hui. Et songez qu’en Asie on fore encore et encore, tant pis pour la nature et merci pour nos batteries et nos écrans.

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Quelle tirade de votre part, Louise ! Je suis accusé par Aurore d’anti-Trumpisme primaire, et le même jour par vous d’anti-Sadisme non moins primaire… Vous n’avez manifestement pas lu Dany-Robert Dufour, c’est sur son livre que doit portier la discussion. Il y tisse Sade avec Mandeville, Adam Smith, mais aussi Freud (qu’il connaît admirablement), Lacan, ou Deleuze et Foucault, Klossowski, ou encore Bret Easton Ellis, ou surtout l’usage aujourd’hui des « réseaux sociaux » et l’économie de l’attention, une synthèse très impressionnante, éclairante… Un peu au-delà des impressions ou lectures de surface.

  4. Avatar de Jacques de l'abbaye
    Jacques de l’abbaye

    J’entends le chant de Louise et la petite cantate d’Aurore qui semblent se dissimuler derrière la carapace des mots.

    Le maître a raison, il faut lire l’auteur pour essayer de comprendre ce qu’il veut dire…

    Voici un petit extrait de l’Introduction à « Sadique époque » :

    « Cet être devrait être satisfait de s’en être tiré à si bon compte. Il est né d’une espèce débile, a priori condamnée, et il est devenu le maître du monde. Et cependant, cet être n’est pas heureux : il n’habite pas la première nature, mais la seconde, la culture, qui a la consistance de la fiction. Et il le sait. Il sait son peu de réalité. Il sait qu’il est une erreur, une erreur de la nature, l’erreur humaine. »

    Et comment ne point aller refaire un tour du côté de l’auteur de « Lautréamont » citant le marquis, gentes dames, messires ?

    Deux extraits seulement pour ne pas ennuyer Louise et énerver Aurore :

    « L’ardeur est un temps, ce n’est pas une chaleur. Jamais une telle ardeur n’avait été si brutale avant celle des Chants de Maldoror. Jean Cassou a fort bien reconnu la parenté de l’expression du Comte de Lautréamont et de l’expression du Marquis de Sade. Mais chez le Marquis de Sade, la violence reste humaine, elle reste soucieuse de son objet. D’où chez Sade, comme le dit Pierre Klossowski : « un attardement devant l’objet » que n’accepterait pas la mobilité ducassienne. Dans la Lettre d’un lycanthrope, Casanova n’arrive pas non plus à franchir la frontière humaine. Pour lui, « l’utérus pensant », vaguement animalisé, ne traduit qu’une concupiscence commune et monotone. Toutes ses ardeurs sont humaines ; elles s’expriment comme des métaphores sans jamais réaliser des métamorphoses. » (…)

    « On le voit, la méditation d’une œuvre profonde conduit à poser des problèmes psychologiques qu’un examen minutieux de la vie ne saurait guère résoudre. Il est des âmes pour lesquelles l’expression est plus que la vie, autre chose que la vie. « Le poète, dit Paul Éluard, pense toujours à autre chose » Et, en appliquant cette remarque à Sade et à Lautréamont, Paul Éluard précise : « A la formule : vous êtes ce que vous êtes, ils ont ajouté : vous pouvez être autre chose. » En général, qu’est-ce qu’une biographie peut donner pour expliquer une œuvre originale, une œuvre nettement isolée, une œuvre où le travail littéraire est vif, rapide, bloqué, d’où, par conséquent, la vie quotidienne est expulsée ? Alors, on aboutit à ces œuvres qui sont des négatifs de la vie positive. Aucun révélateur ne peut les redresser. » (Fin de citation)

    Daniel, que cherchons-nous en réalité ?

    Une « troisième aire » sans nulle conteste. Cet espace transitionnel si chère à Donald (Winnicott), un chercheur que j’ai découvert dans une « Intercritique de la science et du mythe » et excellemment mentionné par un savant du blogue, nommé par l’érudite Louise qui le connaît bien.

    Nous manque un troisième chant…

    Il viendra.

    Jacques de l’abbaye

  5. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    À la lecture de vos développements savants sur le marquis, je me suis posée une question, purement linguistique: pourquoi, parmi la kyrielle des -ismes forgés sur la racine d’un nom propre, ce traitement tout à fait à part du « sadisme » et du « machiavélisme », du « sadique » et du « machiavélique », que je place en parallèle?
    Pourquoi, dans la dénotation même, cette réduction et torsion sémantiques, en référence aux écrits des personnages Sade et Machiavel, à quoi s’ajoutent une cohorte de connotations négatives, à la limite du tabou linguistique ? Termes boucs émissaires dans les débats philosophiques, politiques et religieux.

    Tel n’est pas le sort de platonisme, kantisme, freudisme, marxisme, maoïsme, et autres gaullisme, référant simplement à des systèmes cohérents d’idées, de courants, de partis, d’écoles, fidèles aux œuvres respectives.

    Et s’il ne s’agissait que d’un différentiel de scandale et de remise en cause radicale de l’ordre établi, alors pourquoi l’Italien galileiano « galiléen » et le polonais kopernikanski « copernicien » sont restés termes descriptifs sans récupération polémique, dans tous les milieux autres que celui de la censure ecclésiastique? Le scandale majeur de ces théories dans le monde chrétien ont pourtant valu aux auteurs la mise à l’index et l’exclusion pour hérésie, une mort sociale en quelque sorte.
    .C’est que le « crime » demeurait intellectuel, loin de l’éthique individuelle ou de la politique, sans doute …

    Un cran de plus, et les termes de luthéranisme et de calvinisme, tout en n’échappant pas à la réduction, la déformation et la péjoration sont restés plus ou moins cantonnés à la sphère religieuse et n’ont pas atteint, il me semble, ce degré passionnel réservé à sadisme et machiavélisme. Le premier, vu à l’époque par les cercles catholiques comme un encouragement à l’immoralité, l’individualisme égoïste, et le second, comme ferment du fanatisme, de l’intolérance, voire comme traîtrise et complotisme, faisaient l’objet de caricatures et de diabolisation.

    Là où le bâts blesse, c’est que les écrits de Sade explorent bien plus largement la transgression morale, et sociale, pas seulement religieuse, avec un usage de la violence comme moyen décapant de critique philosophique et sociale. La réduction de sa pensée à la perversion sexuelle, au détriment des autres dimensions contenue dans les mots dérivés sadisme et sadique du français commun est très particulière.

    Le même sort linguistique a été dévolu aux dérivés machiavélisme et machiavélique. Dans Le Prince, l’auteur ne faisait pourtant que décrire les mécanismes du pouvoir, de manière réaliste – la Realpolitik dirions- nous – sans jugement de valeur, comme un entomologiste décrit le monde des fourmis. Or les termes ont pris immédiatement les connotations négatives de perfidie, hypocrisie, cynisme, absence de scrupules, vu qu’ils touchaient à un tabou : la séparation entre morale et politique. En bref, à force de caricatures et de réduction de l’auteur à un apologue de l’immoralité politique, les termes ont rejoint le champ de l’insulte.

    Pour sadisme et sadique, c’est entre autres par le biais de la récupération médicale et psychologique que la réduction s’est produite: on a réduit le terme au diagnostic. La pathologie sexuelle a effacé la charge philosophique, la satire sociale, et la provocation littéraire de son auteur. Et en fin de compte, l’usage courant a englouti Sade, – comme Machiavel- via les termes dérivés, dans la promotion de l’immoralisme et la cruauté jubilatoire individuels. Pas étonnant que les termes aient fini leur course dans l’insulte…

    D’accord avec Louise qu’on n’a pas attendu Sade (et on peut lui accoler Machiavel), et les termes derivés pour connaître les actes. Louise rappelle le 7 octobre et j’ajouterais pour l’échelle individuelle le « gang des barbares » de lugubre mémoire en notre douce France, avec un mois de torture et de barbarie sur le jeune Ilan Halimi dont même les arbres symboliques sont ici et là sectionnés outre- tombe.

    Et les mots pour le dire. Dès le XVIe s, on attestait : luxure cruelle, supplice, barbarie des hommes voire démoniaque, férocité humaine, voire satyrique (avec y) et autres tyrannie. Comme pour la Realpolitik qualifiée dès le XVIe s encore de : perfide Albion, Janisme, fourberie, trahison, intrigues de cour, et autres manigances.

    En somme, sur l’échelle de Richter des bouleversements de l’ordre établi, il semble que ce soit – dans le seul prisme de la langue commune- les – ismes référant à l’ordre moral, sans rattachement à des institutions, des écoles, sans légitimité intellectuelle, qui subissent la plus grande distorsion et réduction de sens par rapport aux œuvres originales.

  6. Avatar de Marie-Anne
    Marie-Anne

    Autant en emporte le vent et Nils est arrivé…sans jargonner.

    Ailleurs que dans le rêve
    Ailleurs que dans les nues
    Terre, terre, voici son isthme inconnu

    Marie-Anne

  7. Avatar de jfr
    jfr

    Ah, quel passionnant échange… Daniel nous parle d’un Sade criminel, Louise d’un philosophe des lumières… Comment trancher ? Un détour par Wikipédia nous décrit un Sade « voué à l’anathème en raison de ses crimes : tortures, viols, pédophilie… ». Mais Sade fut-il vraiment un criminel ? On peut en douter… Sade, on le sait, fut enfermé pendant 27 ans et termina sa vie à l’asile d’aliénés de Charenton où il écrivait des pièces de théâtre pour les malades mentaux. Il fut transféré à cet asile quelques jours avant le 14 juillet 1789. Peu avant cette date, il haranguait encore la foule par la fenêtre de la Bastille, incitant les parisiens à se révolter contre la monarchie. Il laissa un long rouleau de 12 mètres de long, en écriture minuscule, manuscrit des Cent vingt journées de Sodome, caché dans le mur de sa cellule, et versa, raconte-t-on, des larmes de sang jusqu’à sa mort, pensant le manuscrit définitivement détruit après la destruction de la Bastille. Celui-ci fut fort heureusement sauvé par un geôlier qui l’avait dérobé avant la destruction de la forteresse par la foule. Le manuscrit connut ensuite des fortunes diverses, fut volé à la famille de Noailles, vendu, revendiqué, puis réapparut au XXe siècle tombant dans les mains d’Aristophil, la société véreuse de Gérard Lhéritier qui pratiquait la pyramide de Ponzi, avant d’être racheté par l’État français pour 4,55 millions d’euros et devenir Trésor national à la bibliothèque de l’Arsenal. Quel parcours… ! Quand j’étais jeune homme, on lisait encore Sade sous le manteau. Il est depuis 1990 édité dans trois volumes de la Pléiade.
    Louise argumente Daniel et nous propose en dix points de repenser Sade et le sadisme. L’affaire des bonbons cantharidés donnés aux dames de Marseille ne font pas pour autant de Sade un criminel. Sade n’est ni Barbie torturant Jean Moulin, ni Rudolf Höss ou Mengele. Enfermé à vie en prison, Sade écrit qu’il veut « attaquer le soleil et s’en servir pour en priver l’univers et embrasser le monde ». Le marquis est du côté des révolutionnaires, voulant supprimer le roi-soleil. Pas étonnant, qu’avec Don Juan, il passe pour une figure du désir déicide et régicide, comme l’a souligné Annie Lebrun. Loin d’être un prédateur collectionnant ses victimes, la force séductrice de Don Juan (de Mozart et de Da Ponte) est de parvenir à ce que son agir réveille le désir de l’autre, nous dit Annie Lebrun dans sa lecture de Don Juan et de Sade (Ailleurs et autrement. Gallimard. 2011). C’est évident chez Zerline (Vorrei e non vorrei, Mi trema un pocco il cor), à découvrir avec le désir de vengeance chez Donna Anna et le désir d’une conjugalité heureuse chez Donna Elvire. Dans l’opéra de Mozart, le désir emporte chacun au-delà de lui-même. Plus féroce que Don Juan, Sade n’a pas de mots assez durs pour rejeter tous les rôles, de la mère, de l’épouse, de la fille, dans sa quête de l’infini érotique. Le point 9 développé par Louise l’indique : il s’agit bien du renversement de la morale, du pur et de l’impur, « la merde est l’hostie du libertin », écrit-elle. On doit à Annie Lebrun une magnifique exposition qui s’est tenue au musée d’Orsay d’octobre 2024 à janvier 2025 et qui nous a révélé un Sade philosophe des Lumières.
    Le point 6 développé par Louise, celui du plaisir de la domination me semble le plus important. Il s’agit d’une pulsion d’emprise dont le but est de dominer l’objet par la force. Freud parle d’une Bemächtigungstrieb, (Trois essais sur la théorie de la sexualité 1905), d’une pulsion de domination, d’une pulsion d’emprise, qui ne s’unit que secondairement à la sexualité et qui prend alors le nom de sadisme. Cette pulsion est dirigée sur l’objet extérieur et c’est elle qui anime la cruauté de l’enfant (le doudou est aussi cassé, déchiré, l’oreille de l’ours bien aimé est arraché). Après l’introduction de la pulsion de mort (1920) la question de la pulsion d’emprise se pose différemment pour Freud. La genèse du sadisme est décrite comme une déviation de la pulsion de mort qui originellement vise à détruire l’objet lui-même. L’accent n’est plus alors mis sur l’emprise, mais sur la destruction. (A suivre pour le plaisir de la discussion)…

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Vaste débat en effet cher JFR ! Mais mal engagé à mn avis par Louise, qui n’a pas lu le livre ici de référence. La question n’est pas de savoir si Sade passait à l’acte, ou avait inspiré idéologiquement tel tyran sanguinaire, Hitler, Pol Pot…, mais de comprendre comment son « corps de doctrine » avait fini par servir de modèle (inconscient) à notre époque de néo-libéralisme et du « divin marché ». Les analyses de Dufour me semblent décisives, et je vois mal à partir d’elles comment Annie Le Brun (je n’ai pas visité l’expo) a pu agrémenter à Orsay en faveur d’un Sade philosophe des Lumières ?? Car de celles-ci il prend carrément le contre-pied. Et lui et moi déplorons aujourd’hui leur recul : Kant fondait la loi morale par un détour essentiel à l’universel, notre époque menacée de wokisme juge du bien et du mal dans les limite du clan – dérive longuement décrite par DRD, et qui fait peur !

  8. Avatar de HARDOUIN Daniel
    HARDOUIN Daniel

    Et d’abord, grand merci à Daniel qui – une fois de plus – sait inciter ses lecteurs à la réflexion .
    *
    En fictionnalisant , Sade décrit une humanité qui a tué en elle la voix de la conscience et toute référence à la morale ; dans son oeuvre seules les passions de l’homme sont légitimes en tant qu’elles sont dictées par la Nature : comme quoi il n’y a pas que les bambins à se conduire en pervers polymorphes…
    En usant de cette fiction littéraire, Sade se rend-il lui -même coupable d’immoralité ? Poser la question ce serait encore se référer à la morale et aux interdits religieux… Simone de Beauvoir (« Faut-il brûler Sade ? ») et Roland Barthes (« Sade, Fourier, Loyola ») répondent en citant l’un et l’autre la même phrase de Sade :  » J’ai conçu tout ce qu’on peut concevoir en ce genre-là mais je n’ai sûrement pas fait tout ce que j’ai conçu et ne le ferai sûrement jamais  » .
    Bref, s’il faut beaucoup chercher pour trouver chez Sade des passages à l’acte, que reste-t-il alors de son oeuvre ? Pour Dany-Robert Dufour, la réponse est : « un héritage considérable » car – peut-être à leur insu – les XXème et XXIème siècles sont les continuateurs du système-Sade , et DRD de consacrer aux manifestations contemporaines de cet héritage 340 pages sur 492 !
    Comme au rugby où il faut regarder derrière soi pour avancer, il convient d’abord de décrypter l’oeuvre de Sade si on veut interpréter notre temps sous ses différentes facettes : Shoah, bombes A et H, techno-science numérisée, destruction de la nature et du lien social…etc.
    Après ma lecture de « Sadique époque », j’ai achevé celle de « L’odyssée de la surpuissance » de Gilles Lipovetsky (Odile Jacob) – deux livres parus simultanément entre fin 2025 et début 2026 –
    Partant de prémices très différentes les deux auteurs en viennent à poser des diagnostics comparables sur notre hypermodernité ; Lipovetsky attribuant aux imaginaires religieux puis à leur sécularisation les attributs de la surpuissance .
    Je conclurai pour ma part ce rapprochement des deux livres en constatant qu’à côté du système-Sade pour interpréter notre modernité (qui se révèle très opératoire) , il existe une autre autre grille possible d’interprétation dont la logique est tout aussi imparable pour nous aider comprendre nos temps modernes .
    Daniel Hardouin –

    1. Avatar de M
      M

      Bonjour Monsieur Hardouin !

      Très intéressant propos qu’on aime lire et relire.

      Oui da, le billet du maître fait réfléchir et l’on réfléchit avec les autres, voire dans la contradiction.

      Mais en cet espace restreint et de qualité, qui peut imaginer que des mots venus d’ailleurs, disons du maquis vendéen où le peuple silencieux qui ne casse rien, applaudit des deux mains des citations de Régis Debray, puissent ne pas être censurés par la bien-pensance en place ?

      Heureusement, n’en déplaise aux tenants d’un exécrable idéal petit-bourgeois gauchiste qui a du sang sur les mains, il existe des lieux de résistance, des appels d’air…

      Un extrait de votre lecture mentionnée, Monsieur Hardouin :

      « Cet être devrait être satisfait de s’en être tiré à si bon compte. Il est né d’une espèce débile, a priori condamnée, et il est devenu le maître du monde. Et cependant, cet être n’est pas heureux : il n’habite pas la première nature, mais la seconde, la culture, qui a la consistance de la fiction. Et il le sait. Il sait son peu de réalité. Il sait qu’il est une erreur, une erreur de la nature, l’erreur humaine. »

      Allez donc faire telle citation devant une tribune de nantis que notre odieux système entretient ?

      J’en sais quelque chose, ils vont vous traiter d’abject fasciste, mon bon Seigneur, et faites attention à ne pas vous faire tuer par leurs milices !

      Et si Régis Debray en remet une couche en citant l’Apôtre Paul, alors là, c’est la fin du monde !

      Pour l’heure, éclairez-nous, s’il vous plaît, sur le syllogisme sadien qui sous-tend vos prémisses et non prémices !

      On a beaucoup à apprendre de votre manière de voir les choses dans notre époque violente et déboussolée.

      Je vous en remercie.

      M

      1. Avatar de HARDOUIN
        HARDOUIN

        Bonjour « M »,
        Je vous remercie sincèrement pour votre message qui me donne aussi l’occasion de saluer votre Vendée qui sait ce qu’il en est de la profondeur et de la continuité historiques . Puisque vous faites allusion aux récents événements survenus dans ma propre région lyonnaise , je suis heureux que l’hommage rendu hier se soit déroulé plutôt dans le calme .
        « Prémisses » ou « prémices »… Vous n’ignorez pas que l’on trouve les deux orthographes avec un sens un peu différent mais voisin; n’ayant fait référence à aucun syllogisme utilisé par Sade, j’ai spontanément choisi « prémices », source peut-être – je vous l’accorde – d’un peu d’ambiguïté.
        Combien sommes-nous encore à nous soucier de ces détails ? (Et s’en honorent !)… Scrupule : du grec et du latin d’où je tire mon étymologie préférée : petit caillou dans la chaussure susceptible de gêner la marche .
        Bien cordialement,
        Daniel Hardouin

  9. Avatar de Alicia
    Alicia

    Bonsoir !

    Merci Monsieur Hardouin de votre intéressant commentaire qui m’incite à mon tour

    à vous dire quelque chose, autour du marquis de Sade.

    Je ne vous parlerai, tel un rosalbin, de la biographie de Chiara Gambacotti sur l’esthétique de la duplicité du marquis.

    La lecture du billet de M.Bougnoux m’a conduite à m’interroger et à demander un éclairage auprès des personnes censées me l’apporter. Aussi, dans la foulée, je me suis rendue à un colloque où autour d’une table ronde, une dame universitaire intervenait en disant ex cathedra que Sade est un fasciste et d’aller chercher J.Lacan pour différencier Sade de Kant.

    De retour à la maison, je me suis plu à envoyer un message, à cette personne, pour lui poser poliment de manière sereine quelques questions sur Sade au regard du billet questionnant du maître, sans oublier de citer le journal hédoniste de Michel Onfray.

    J’ai reçu fissa une réponse parsemée de fautes d’orthographe qui m’objurgue de ne pas lui répondre et l’universitaire en furie de porter plainte pour harcèlement en cas de récidive. Abjection, tel fut son mot.

    En ce colloque consacré à un ami de longue date où j’ai entendu des choses admirables sur « l’incomplétude », les « idiotismes de métier », critiqués par Régis Debray dans l’un de ses livres, bombaient du torse, en cachant leur colère, pour ne pas dire l’ire suscitée par le dégoût du peuple, face au crime abominable commis par la milice d’extrême-gauche dans une rue de Lyon, il y a quelques heures.

    Et ces gens-là, Monsieur, sont payés par les contribuables ! Je ne veux pas donner le nom de cette dite « universitaire » car je n’ai pas envie de me faire violemment attaquer et tuer dans la rue ou ailleurs par les suppôts de ces misérables trissotins.

    Au delà des ces vilenies, on pourrait sur le sujet, aller chercher Loyola sans oublier l’apôtre Paul que Régis Debray connaît comme sa poche.

    Et cela, Messires les savants, vous savez le faire !

    Bonne nuit à tous

    Alicia

  10. Avatar de Aurore la caissière
    Aurore la caissière

    Bonsoir !

    Très beau et revigorant commentaire de Monsieur Hardouin.

    Il nous invite à une sacrée réflexion, en ces temps modernes où la compassion et le pathos en général sont sur le devant de la scène, tandis que la réflexion et l’intelligence attendent dans les coulisses, dit le philosophe qui prend des photos.

    En attendant toujours Godot …et les livres, hélas, ne voient rien venir…

    M fait le distinguo entre prémisses et prémices en se référant peut-être au Littré, je pense, et au Projet Voltaire qui précise :

    « Prémices » ou « prémisses » ? Ça dépend !

    Voici un couple d’homophones – mots ayant une prononciation identique, mais une orthographe différente – appartenant à la langue littéraire. « Prémices » et « prémisses » n’ont pas le même sens. Quand employer l’un et l’autre ? »

    La réponse est donnée.

    Mme Anetchka, peut-être confirmera ou non…

    Dans l’espace réticulaire ordinaire, on ne cherche pas la petite bête, vous savez !

    Au diable le détail tracto capillaire et tant pis pour les amis de G.Bachelard qui trouve dans le détail un attribut de la grandeur !

    On aimerait que s’ouvrent les grilles…

    Aurore la caissière

Répondre à HARDOUIN Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À propos de ce blog

  • Ce blog pour y consigner mes impressions de lecteur, de spectateur et de « citoyen concerné ». Souvent ému par des œuvres ou des auteurs qui passent inaperçus, ou que j’aurai plaisir à défendre ; assez souvent aussi indigné par le bruit médiatique entretenu autour d’œuvres médiocres, ou de baudruches que je…

    Lire la suite

À propos de l’auteur

  • Daniel Bougnoux, professeur émérite à l’Université Stendhal de Grenoble, est ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie. Il a enseigné la littérature, puis les sciences de la communication, disciplines dans lesquelles il a publié une douzaine d’ouvrages.

    Lire la suite

Les derniers commentaires

  1. Ayant assisté récemment au Hamlet du Théâtre de l’Odéon, que tu évoques, cher Daniel, (non sans réticences préalables, mais vite…

  2. Bonsoir ! Existe-t-il une « Vérité théâtrale et loi intersidérale » ? Oui, nous disent en chœur, l’artiste et le physicien. Mais…

  3. Bonjour ! Un petit mot, telle une coda qui viendrait chanter l’espace forestier comme un espace ontologique. Une certaine manière…

Articles des plus populaires