666 !

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Mon précédent billet, posté ce matin 31 janvier, traite du beau film Gourou de Yann Gozlan, l’histoire d’un homme « qui vend son âme au diable ». Je m’aperçois, par le compteur de ce blog, qu’il s’agit (en treize ans) de mon six-cent soixante cinquième billet, quel contenu donner au numéro 666 ?

Car je ne suis pas superstitieux mais… On dit de ce chiffre qu’il est celui du diable, sous quelle forme, avec quels effets ? Je me rappelle un vol de Paris au Maroc, perturbé par je ne sais quelle grève, nous avions été obligés de dormir sur le sol de l’aéroport, dénicher une autre compagnie qu’Air Maroc pour arriver à bon port, à la suite de quoi jamais l’opérateur ne nous a accordé le moindre remboursement – or notre vol portait le numéro 666, ça m’a rendu méfiant.

Circonstance pénible, aujourd’hui 31 janvier est la date anniversaire de la mort de notre fils Brieuc, emporté par une avalanche dans le massif de Belledonne, cela fait douze années déjà…

26 réponses à “666 !”

  1. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    Ah, cher Daniel, les chiffres tabous, et les stratégies d’évitement, on n’en est jamais sortis, même en notre belle modernité…

    Au passage, le relativisme régnant en cette matière tellement culturelle est toujours intéressant à relever. Le chiffre diabolique quasi-unanimement présent dans les langues de la Chrétienté s’avère un chiffre propice pour le chinois et le japonais. Un peu comme la couleur jaune (mais pas l’or) signalétique du danger et de l’interdiction dans une kyrielle de langues européennes, tandis qu’elle trône en majesté en chinois et en japonais…Mais attention, 6 tout seul est en japonais très mal vu car il signifie aussi « néant » par homophonie…

    Pour poursuivre dans la symbolique des nombres, on préfère éviter dans nos contrées une tablée de 13 et des rendez-vous tombant un vendredi 13, associé au nombre des apôtres, et pour certains le chiffre 7 demeure lié aux péchés et aux plaies. Par convergence, loin de nous, dans le sous-continent Indien, jusqu’au pays tamoul, 7 et 1/2 est très néfaste pour des raisons astrologiques, ladite période étant traversée par Saturne. Cette crainte saturnienne sur des milliers de km est un démon destructeur, associé chez nous aux prophéties eschatologiques, comme l’a développé Jean Delumeau dans son magistral livre La Peur en Occident (p. 276).
    Et que dire de notre crainte ancienne et moderne du millenium: l’an 1000, la fin du Monde, l’Antechrist et l’an 2000, le Grand Bug et autres malédictions postulées?

    Restent nos chiffres personnels qui continuent à sonner le glas: tu évoques le triste 31 pour toi, Daniel, et je compte parmi les miens, le triste alignement 11/11/11, qui semble comme écrit quelque part dans le cosmos…

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Oui Anetchka, et tout de même, il y a de la sorcellerie dans ce fatal alignement qu’Isaac n’a pu franchir…

  2. Avatar de Jacques
    Jacques

    Bonjour !

    Bientôt la Chandeleur. Pour fêter ces trois 6 de ce billet du blogue, on va faire sauter plus d’une crêpe, parbleu !

    C’est un bien grand dam d’habiter si loin de chez vous, Monsieur le randonneur, mais bon, c’est comme ça !

    On fera chère lie au réfectoire de l’abbaye en pensant à vous, c’est certain !

    Revenons à ce sacré nombre et voyons ensemble ce que nous pouvons en dire, sans raconter des coquecigrues.

    Il est mentionné dans L’Apocalypse de Jean l’évangéliste, aux chapitres 13, 16-18 / 14, 9-12 / 20, 4.

    On le trouve aussi dans l’Ancien testament au Premier Livre des Rois, 10, 14 :

    « Le poids de l’or qui arrivait à Salomon en une année était de six cent soixante-six talents d’or »

    Radio France télévision avant l’heure sans Mme Salamé, bon sang de bois !

    Cette coïncidence dont vous parlez avec beaucoup d’intelligence, Daniel, ne doit pas nous faire oublier l’esprit critique qui cherche à comprendre et s’appuie sur quelque chose, un argumentaire qui tient la route, fût-elle bleue.

    Si vous allez sur des sites honnêtes où l’on est censé interpréter ce nombre, vous verrez qu’il est tout le contraire de la malédiction. Quelqu’un par je ne sais quel « médium » vous fait signe… (les points de suspension, ici même, sont de mise.) C’est à vous et à vous seul de ressentir ou non cette présence dans la puissance du pensif qui peut s’accorder avec un chœur de « puissances » d’un autre niveau…(Points de suspension obligent !)

    Autre chose en restant dans cette optique nombrante.

    Dans le nombre « six cent soixante-six », on trouve le mot « antisionistes » et le mot « cexxx ». (Opinion haineuse et musique endiablée) C’est bête !

    Je vous laisse avec « Le cantique du roi Salomon » où l’anagrammatiste découvre « L’anatomique leçon du soir » à laquelle, vous allez penser dans la transparence du matin.

    « Louez Yahweh sur la harpe, chantez-le sur la cithare à dix cordes »

    (Psaume 33, 2) La Sainte Bible, du Cardinal Liénart, page 666

    Jacques

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Je vois, cher Jacques, que l’abbaye et le service du culte vous laissent le loisir de l’érudition, et de sages conseils, merci pour vos bienveillantes, vos rassurantes explications !

  3. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    On nomme peut-être « sorcellerie », Daniel, ce simple fait propre à la plupart des humains qu’ils peinent à inscrire vraiment dans leur petit logiciel le pur hasard, la coïncidence, la concomitance. Même si théoriquement ils ont intégré le paramètre. Un ami mathématicien aux tribunes et livres humoristiques renverse avec ironie la formule: il faudrait s’ étonner autant des non-coïncidences au cours d’une vie que des poissons volants…
    Et pourtant, on aimerait tant comme Aragon (dans Blanche ou l’oubli je crois) admirer tout ce qui « fait cygne »…Et le fait est: « Celui qui rira » (traduction de Itskhak, « Isaac », verbe à l’inaccompli, transposé en français comme un futur) dont la vie débute le 8 mai et s’achève le 11 novembre, sous le signe de la victoire, en contrepoint de tragédies, ayant en outre exposé au Musée des Deux Guerres aux Invalides, et doté de surcroît d’une hypermnésie des dates, comment y être indifférent? Sans exclure un peu d’auto-conditionnement (je tiendrai jusqu’à telle date), n’oublions pas le cygne, ou « quand passent les cigognes »…

    Et pour revenir à ce que rappelle Jacques sur le même 666 de bonne ou de mauvaise augure, en alternance selon le verset biblique ou l’anagramme (pas mal trouvée en guise de vérité cachée!) je préfère flotter dans la mélodie du « Louez YHWH sur la harpe, chantez-le sur la cithare à dix cordes »

  4. Avatar de Aurore
    Aurore

    Bonjour, chers amis de loin !

    Je m’y attendais…Il a fallu qu’il le sorte derechef ce mot, notre estimé et estimable randonneur qui a trouvé ses interlocuteurs pour le moins imprudents dont votre servante, palsambleu !

    J’ai le sentiment confus qu’il nous prépare un bûcher et je n’ai pas envie, comme vous sœur Anetchka, de finir dans les flammes sur la place du marché de Grenoble. Que les puissances nous gardent de ce bouillon d’onze heures !

    Le mot « sorcellerie ». Comment dire ? Comment vous dire ?

    Ni la revue Médium qui en fait état avec circonspection, ni « L’Épître sur les nombres » d’Isaac Ben Salomon, conservée quelque part à Cambridge, ne vont jusqu’au bout de la chose…

    Et notre chère Jeanne des sciences humaines qui chausse ses bottines pour se mesurer aux bocages de la dolce France, nous laisse sur notre fin, faim…

    Bien sûr, on connaît la pensée de Bossuet : »Ce que l’homme appelle Destin, hasard, est un leurre, car tout est sagesse et Providence. » Oui, mais ça, c’est facile à dire : Dans la vie réelle, c’est quand même plus compliqué et il faut faire face à ce qui nous arrive. Si l’on s’en tient à l’arcane XI, on voit la jeune fille dominant la bête. On a bien compris que les deux forces apparemment en opposition se doivent de faire ensemble par une conduite, une intimité qui discipline les instincts en évoluant vers l’angélique, l’équilibre, la spiritualité.

    On pense au « Lautréamont » de Gaston Bachelard qui pose la question de la possibilité pour l’homme de devenir un esprit. Facile à dire dans un livre et les chants du poète ne font pas tout.

    Ce qu’en pensent les universitaires ?

    Un épigone de Husserl s’exprime en ces termes qui me paraissent intéressants, et que je soumets à votre attention :

    « Pour tenter une première approche, peut-être serait-il sage de suivre pas à pas la pensée de Husserl dans ce qui fut sa première recherche : celle de l’essence du nombre. Il s’agit alors de « revenir à ce qui constitue la chose même » et de l’interroger jusqu’à « l’évidence première » qui permet de comprendre la possibilité psychologique et logique de la construire. Si la « classe » que constitue le nombre naît dans l’expérience, on a tort de le réduire entièrement à ses caractères sensibles. La « faute cardinale » de l’empirisme est de ramener à tort le donné numérique au donné empirique. Le nombre implique une « liaison collective » qui demande un véritable travail de construction.

    Afin de lever toute ambiguïté, Husserl cite le De arte combinatoria de Leibniz (1666) où ce dernier proposait comme approche du nombre la définition suivante : « une figure incorporelle, formée par la réunion de n’importe quelles choses, par exemple Dieu, un ange, un homme, le mouvement, qui ensemble sont quatre » (Husserl, p. 20 et p. 172). Un nombre c’est alors le résultat de l’action mentale qui consiste à rassembler une pluralité sous une unité. La liaison collective agit de telle sorte qu’elle rassemble des contenus différents et séparés les uns des autres en une unité de visée. » (Fin de citation)

    Nous pouvons aussi extraire du « Nouvel esprit scientifique  » de G.Bachelard des choses qui vont en ce sens.

    Je ne vais vous rassasier avec moult citations de cet auteur, je risquerais de me voir sortir avec un carton levé par notre arbitre du jeu.

    En écrivant mes commentaires et aussi, à ma caisse de supermarché, je pense, parfois, à l’ouvrier de la onzième heure des évangiles et trouve la parabole édifiante, même si ce n’est pas si facile à comprendre, n’est-ce pas, mon Capitaine , ô mon Capitaine ?

    Nous reste peut-être une étoile, celle de Bethléem, la fleur de Bach ou la dame-d’onze-heures

    « .Ce qui est ainsi rendu visible de la croissance d’une enveloppe autour d’une étoile (structurellement, d’une symétrie sphérique partiellement brisée), c’est une fleur, qu’on appellera la fleur de Schrödinger. Elle est l’un des résultats fondamentaux du modèle hiérarchique induit par la généralisation fractale de l’équation de Schrödinger. Offrant les ressources d’une morphologie sous la contrainte d’un processus de croissance, elle donne également le « chiffre » diagrammatique de la « fleur réelle », présente en tout bouquet. Bachelard y trouverait sans doute le parangon de l’algébrisation poétique. » (Charles Alunni)

    Il y a-t-il encore quelqu’un pour la sentir ?

    Bonne chandeleur

    Aurore

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      À Aurore et à Anetchka, Mes amies, comme vous réagissez ! J’ai écrit sorcellerie comme j’aurais dit Harry Potter, je prends ce terme (très ambivalent) en bonne et en mauvaise part, avec le souhait parfois de mettre un peu de magie dans nos vies. Autour de quinze ans, je pratiquais ardemment la prestidigitation et j’étais membre de l’AFAP (Association Française des Artistes Prestidigitateurs), alors présidée par le docteur Dhôtel, que de souvenirs ! Et je me répète souvent cette mélancolique formule d’Aragon (à la fin du « Con d’Irène »), « Je ne suis pas un magicien, cette constatation ne va pas sans tristesse »…

  5. Avatar de Jfr
    Jfr

    Ah quel anniversaire douloureux… ! Difficile de commenter… Sinon par le verbe et l’esprit, toujours actifs. La vie comme révolte, jusqu’au moment où elle se casse…
    L’IA nous dit tout sur ce chiffre 666, depuis le sens diabolique qu’il a dans l’Apocalypse, le chiffre de la Bête, figure du mal absolu, jusqu’à sa symbolique dans la Kabbale. 6 est le chiffre de l’inachèvement, celui qui n’atteint pas le chiffre 7, figure de l’accomplissement et de la plénitude. On peut explorer toute la force kabbalistique de ce chiffre en le liant à six des séfirots qui nous lient à l’ein-soft, l’infini de la Kabbale, le sans-fin … Défense de l’infini… Il faudrait convoquer Rabbi Nachman de Breslau pour nous parler du voyage spirituel qui peut nous conduire à la plénitude de l’être… « As-tu regardé le ciel ce matin ? » demande rabbi Nachman à son disciple… « N’oubliez jamais ceci, dit-il encore, Il ne vous est jamais donné d’épreuve que vous ne puissiez surmonter ». (C’est page 49 d’un petit livre, La Chaise vide, Edition la table ronde 1995 que j’ai à côté de mon fauteuil, derrière mon divan). C’est peut-être cela qui permet de survivre à la mort des êtres chers, se tourner vers l’Étude, forme ultime du religieux…

  6. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    Si le sujet des nombres est particulièrement passionnant (bravo Daniel d’avoir ouvert la série infinie) c’est qu’il intéresse autant les mathématiques au chapitre de la « Théorie des nombres » que les physiciens qui s’appuient en grande partie sur ce socle, que les prestigieux corpus et traditions mystiques et symboliques, ou encore la philosophie depuis l’Antiquité, les neurosciences, etc.,
    Merci à Aurore et à JFR d’évoquer certains éléments franchement pertinents!

    Un événement scientifique très récent vient magnifiquement illustrer cette convergence d’intérêt, avec des conséquences à rendre fade le concept de « sorcellerie «  (d’accord Daniel pour ne pas prendre le terme au pied de la lettre, mais il est vrai qu’il a de fortes connotations)

    Peu de gens sans doute ont eu ouïe dire de la physicienne Norvégienne Maria Stromme (université d’Uppsala en Suède) et de sa publication dans IAP Advances de novembre 2025. Dans la lignée des pionniers de la physique quantique, elle franchit un pas de plus avec son modèle mathématique et physique réfutant le primat de la matière, théorie prévalante jusqu’à présent. Elle propose ni plus ni moins que la conscience ne soit pas un produit du cerveau mais un champ fondamental et universel dont émergerait l’espace, le temps et la matière. Elle offre un cadre (testable expérimentalement et prédictible) d’une réalité sous-jacente unifiée et interconnectée, au delà des apparentes séparations. Et de ce fait, un cadre pour interpréter des phénomènes quantiques déroutants (intrications, superpositions, non-localité), et certains phénomènes souvent relégués aux marges de la science (télépathie, rêves lucides, hypnose, méditation, expériences de mort imminente etc.). Comme quoi les avancées scientifiques décoiffent parfois notre imaginaire !

    Et la théorie de cette brillante chercheuse entre bel et bien en résonance conceptuelle avec certains pans des Vedas ou de la Kabbale, relatifs à l’unité et l’ordre du monde parmi d’autres exemples (pour reprendre en particulier celui de JFR). Avec une prudence préalable : distinguer clairement la rigueur scientifique d’un côté et l’intuition assortie de l’interprétation symbolique de l’autre.

    Pour revenir aux nombres, en tant qu’outils de description de la réalité en sciences, servant à formaliser des relations physiques, ils jouent un rôle central dans la théorie de Stromme. Ils ne portent aucun sens symbolique et ésotérique, évidemment.

    Et pourtant, sa théorie pourrait être mise en parallèle avec les traditions mystiques et symboliques de manière métaphorique et philosophique. Nul doute que des philosophes des sciences ou autres spécialistes s’emparent bientôt de la question …

    La Kabbale notamment entre bien en convergence avec la proposition de Stromme sur plusieurs points.

    1) L’idée d’un principe unifié et créateur , émanant d’Ein Sof (pas Ein Soft, JFR), littéralement « il n’y a pas de fin », soit « l’infini sans limite », réalité divine et inconnaissable (tant qu’une scientifique ne la débusque pas!) qui se manifeste par les dix Sefirot (attributs du divin) structurant la réalité et reliant le spirituel au matériel.

    2) la conscience comme fondement, à travers le concept de Tsimtsoum (la contraction divine), permettant l’émergence de l’espace et de la matière.

    3) l’interconnection de toute chose. Les Sefirot formant un réseau dynamique qui relient les dimensions de la réalité. Les consciences individuelles, loin d’être isolées, sont vues comme des manifestations locales d’un changement de conscience plus vaste, comme les vagues sur l’océan.

    4) la matière fait figure d’illusion ou de représentation, une « ombre » de la réalité divine, manifestation temporaire et locale.

    5) le rôle de l’observateur (comme en physique quantique, observateur qui modifie l’expérience) participe à la modification de l’ensemble. Avec le concept de Tikkun « réparation du monde »

    Comme la Kabbale n’est qu’une illustration parmi d’autres des intuitions remarquables contenues dans certains textes anciens , cela pourrait-il inciter tout un chacun non pas à les reléguer à de vieux grimoires obscurantistes et superstitieux mais à adopter une attitude posément critique mais ouverte, relier modestement les Anciens et les Modernes?

    Sur ce, et pour se réconforter en si gris février, bonne Chandeleur à tous!

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Renversant, et passionnant chère Anetchka, à quand un billet du Randonneur sur les travaux de Madame Stromme ? Mais où la trouver, où la lire en clair ? Je crains que nos disciplines ou formations respectives ne demeurent très compartimentées…

  7. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    Pour ma part, j’avais entendu parler de cette découverte (en attente de validation internationale, elle en est à ses débuts) par le milieu des physiciens en décembre dernier.

    Elle ne bénéficie pas encore d’articles de vulgarisation en France (Pour la Science, Science et Avenir, La Recherche etc.) mais ça ne saurait tarder…

    On « peut » lire son article original dans AIP Advances ou dans Research Gate, pour ceux qui déchiffrent ces hiéroglyphes- là..,,hum…qui s’y frotte s’y pique! !

    En revanche, la vulgarisation anglophone existe:
    – « New Physics Model Says Consciensness Underlies the Universe », in Science and Culture Today
    – « Consciousness as the foundation : New Theory addresses nature of reality » in Phys.org
    – Blogs et revues en ligne, ex. Life Technology ou EJHong Substack

    Il faut s’accrocher, même en vulgarisation, je te l’accorde …Mais on flaire tout de même l’importance d’une découverte à force de cheminer dans ces revues et d’écouter l’étrange et exotique mélodie des conférences plus ou moins « grand public »…

  8. Avatar de JFR
    JFR

    N’étant que neurologue, habitué des recherches de Lionel Naccache sur le nouvel inconscient, je n’arrive pas à suivre les théories inspirées de la physique quantiques de Maria Stromme. Pour un neurologue, la conscience est un processus émergeant de l’activité cérébrale, elle n’est pas une entité indépendante ou cosmique. Chaque état de conscience correspond à des états neuronaux identifiables. Pour le neurologue, l’idée que la conscience individuelle puisse être sans support cérébral est difficile à imaginer. Peut-être s’agit-il ici d’une question de définition ? On parle par exemple de « conscience universelle » (Berkeley, Spinoza, Jung), mais cette conscience-là n’est pas située dans le cerveau, c’est une hypothèse métaphysique. Stanislas Dehaene avec le Global Neuronal Workspace décrit la conscience comme ce qui surgit quand une information devient accessible à de multiples systèmes comme la mémoire, le langage et l’action. Il n’y a rien de cosmique dans cette description. Pour Dehaene, la conscience est un ensemble d’états mentaux accessibles, produite par des dynamiques neuronales intégrées, dépendantes de l’organisation et de l’activité du cerveau.
    Peut-on mieux définir l’approche que Maria Stromme propose de ces phénomènes ?

  9. Avatar de Dominique
    Dominique

    Bonsoir les amis du blogue !

    En relisant les onze commentaires du billet du maître, je me dis qu’il n’y a plus rien à ajouter.

    Me reste à mettre du bois de chablis dans mon poêle et d’aller gaiement retrouver l’alcôve.

    Et pourtant, quelque chose m’incite à être vigilant.

    Vous inviter à lire un article de « Sciences et Avenir » ou un autre de « La Recherche », envoyées respectivement par Alain Aspect et plus récemment par Michel Bitbol ? Je ne vous apprendrai rien de nouveau que vous ne sachiez déjà.

    Vous inciter à lire un livre récent (2025) passionnant sur l’esprit au delà de la matière, où un ami proche est mentionné en bas d’une page, et sous la grange duquel l’auteur, professeur de physique, est venu donner conférence sans Monsieur Attal et sans caméra ? Rien de nouveau sous le soleil des paysans érudits et vous ne serez pas plus avancés, vous dis-je !

    Au milieu des années septante, dix-sept ans après le passage des cigognes, Le Tao de la physique se vendait comme du pain bénit et l’artiste désespéré chantait « sa prière » devant des milliers de fans qui n’y comprenaient rien.

    Aujourd’hui, la belle norvégienne va certainement, elle aussi, publier dans une revue spécialisée, écrire un livre et passer « à la télé » comme on dit…Pourquoi pas ? Mais qu’est-ce que ça va changer, bonnes gens ? Rien ou pas grand-chose dans la vie réelle des habitants de notre vieille terre !

    Sans espoir, peut-être, un beau matin ou un soir sans lune, plus d’un serait tenté d’aller faire un tour du côté de chez Monsieur JF pour aller « s’étudier » au delà du divan. Et dans le fauteuil confortablement assis, rouvrir les « Études » de Gaston Bachelard pour y lire ces quelques mots :

    « C’est par le renoncement que le monastère est une communauté. En fait nous ne sommes originaux que pas nos fautes. Nous ne sommes vraiment des êtres que par une rédemption. Cette rédemption a un sens foncièrement créateur. Une faute est toujours un déficit d’être. L’effort métaphysique pour saisir l’être en nous-mêmes est donc une perspective de renoncements. Où trouver alors le sujet pur ? »

    (…) Il y a dans toute conquête un sacrifice  » Fin de citation.
    Et là je pense à « Confiteor » le livre d’un ancien moine cistercien. Je l’ai donné, un jour de passage, à un ami qui s’en est servi pour écrire son « Feu sacré – Fonctions du religieux – « dédié à une artiste qui l’accompagnait dans son échappée estivale, au fin fond de la France rurale.

    Et puis, peut-être, entre deux verres de diabolo-menthe, se plaire à survoler une thèse de Anne van Kakerken sur le thème des « Arbres : du Thème au Symbole Étude de Poétique Générale et Comparée » où l’arbre séphirotique a voix au chapitre et le grand arbre galactogène des Yakoutes, à la page 666.

    Aller du côté d’Escher, pour y suivre une courte leçon dans la mare/ciel des oiseaux-poissons en métaphysique quantique. Pourquoi pas ?

    Et dans la rue, peut-être, à une heure tardive, penser à Louis Aragon, à ses pêches littéraires :

    « Poissons poissons c’est moi, je vous appelle : jolies mains agiles dans l’eau. Poissons vous ressemblez à la mythologie. Vos amours sont parfaites et vos ardeurs inexplicables. Vous ne vous approchez pas de vos femelles et vous voici l’enthousiasme à l’idée seule de la semence qui vous suit comme un fil, à l’idée du dépôt mystérieux que fit dans l’ombre des eaux luisantes une sourde exaltation muette, anonyme. Poissons vous n’échangez pas de lettres d’amour, vous trouvez vos désirs dans votre propre élégance. Souples masturbateur des deux sexes, poissons, je m’incline devant le vertige de vos sens. Plût au ciel, plût à la terre que j’eusse le pouvoir de sortir ainsi de moi-même. Que de crimes évités, que de drames repliés dans le trou du souffleur. Vos transports transparents, mort du Christ ah que je les envie. Chères divinités des profondeurs, je m’étire et je me démène si je pense un instant à l’instant de votre esprit où se forme la belle plante marine de la volupté dont les branches se ramifient dans vos êtres subtils, tandis que l’eau vibre autour de vos solitudes et fait entendre un chant de rides vers les rives. Poissons poissons, promptes images du plaisir, purs symboles des pollutions involontaires, je vous aime et je vous invoque, poissons pareils aux montgolfières. Jetez au creux de vos sillages un lest passionnel, signe de votre grandeur intellectuelle.

    Poissons poissons poissons poissons.

    Mais l’homme aussi fait parfois l’amour ». (Le con d’Irène)

    Savait-on à l’époque des poissons solubles du Manifeste surréaliste et pas encore du Cantique des Quantiques, que « La courbure de l’espace-temps » a dans ses lettres

    le « Superbe spectacle de l’amour » ?

    Qu’en pense Madame la physicienne qui thésifie ?

    Elle aussi se pose peut-être la question, la question de Juliette dans « Un petite poisson, un petit oiseau »…

    Il est minuit à l’horloge enchantée. Il est temps de descendre l’escalier…

    Dominique

  10. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    En lisant les très stimulants développements de JFR et de Dominique, je m’aperçois que nous nous heurtons encore et toujours à l’écueil des mots, des sens et surtout des référents, nous, pauvres sujets parlants, « hommes de paroles » pour paraphraser quelqu’un … 

    « Conscience » est une belle nébuleuse, dont la définition est en variante selon l’usage commun, celui de la communauté des neurologues, ou encore des philosophes, des mystiques, des tenants de la robotique, et même des physiciens qui à présent s’en emparent…

    On attend évidemment que les sciences dures définissent avec précision la nature de cette entité. La nordique physicienne dans son approche de la nébuleuse, va évidemment décliner toutes ses propriétés et peut-être même lui octroyer un petit sobriquet métaphorique du type « charme », comme a été baptisée l’une des particules récemment trouvée…

    Quant à savoir si cette découverte changera l’état du monde, comme la kyrielle des précédentes, autant aller nager parmi les poissons de la vaste mer que de répondre…Elle satisfera tout au plus notre insatiable curiosité, et, pour le dernier carré des optimistes sur un ile enchantée du Pacifique occidental, ouvrira, qui sait ? des portes vers une « réparation du monde » en dévoilant le principe supposé et en voie de démonstration d’une « conscience fondamentale », et d’une unité primordiale…

  11. Avatar de Jean Claude Serres
    Jean Claude Serres

    Le débat sur la nature de conscience est au moins aussi complexe et difficile que celui concernant l’interaction entre l’infiniment grand d’ Albert Einstein et celui de l’infiniment petit du monde quantique. En effet le fonctionnement cérébral touche à l’infiniment grand et le quantique dans un espace peut être fini de la boîte crânienne à minima et du corps humain suivant A DAmasio.
    Quatre théories se battent en duel ou plus vraisemblablement s’hybrident celles de Dehaene, de Naccache, de Tononi et de Damasio que complète les processus attentionnels de Lachaux.
    Synthèse de l’Hybridation : Le Modèle du « Champion »

    Pour construire un modèle robuste, il faut « empiler » ces théories selon une hiérarchie fonctionnelle plutôt que de les opposer :
    Niveau
    Auteur / Modèle
    Rôle Logique
    1. Le Moteur
    Damasio (Homéostasie)
    Fournit le « pourquoi » et le sentiment d’exister. C’est la nappe phréatique émotionnelle continue qui ancre le soi dans la biologie.
    2. La Structure
    Tononi (IIT)
    Définit la complexité mathématique (Phi). Il explique comment les 60 milliards de neurones de régulation et le cortex s’intègrent en une expérience unique et irréductible.
    3. Le Mécanisme
    Dehaene (Espace Global)
    Gère l’accès à l’information. C’est ici que s’opère l’échantillonnage : une information est sélectionnée et « embrasée » pour devenir consciente.
    4. Le Récit
    Naccache (Cinéma)
    Assure la cohérence narrative. Il « lisse » les échantillons discrets et les flashs de l’espace global pour produire l’illusion d’un film fluide.

    En hybridant ces approches, avec les apports de Lachaux on obtient une modélisation où l’attention est le curseur qui navigue entre le contenant et les contenus :

    L’Attention (Filtre)
    Lachaux (PIM)
    Le mécanisme de sélection. Il décide quel objet (Micro) ou quel plan (Mini) mérite de devenir un contenu conscient.
    Le maxi moi apporte la synthèse entre le flux biologique de Damasio et le récit cinématographique de Naccache.

    A cela vient se greffer les avancées physiques sur la nature de l’information, les travaux expérimentaux de Melvin Vopson et la théorie mathématique du principe holographique portée par Juan Maldacena. L’information serait doté d’une sorte de matière, pouvant expliquer en partie la matière noir comme mémoire informationnelle de l’univers. Cela est sans doute en lien avec les travaux des travaux Maria Strømme et de son équipe à l’université d’Uppsala. On peut encore ajouter en complément les réflexions “Ethique et conscience” de Joëlle Toledano qui questionnent les différents réductionnistes matérialistes.
    Bonnes réflexions
    Jean Claude

  12. Avatar de Kalmia
    Kalmia

    Bonsoir chers amis !

    J’ai en tête un livre de Régis Debray mentionné en filigrane, précédemment.

    Icelui, nous parle des ces « idiotismes de métier » qui consistent à faire accroire n’importe quoi à ceux qui ne sont pas de la boutique. Vous avez compris, pas la peine de vous faire un dessin !

    Donner de sa personne sans penser aux diplômes et aux titres, c’est une autre affaire, vous le savez bien !

    Est-ce une raison suffisante pour vouer aux gémonies des parcours universitaires, qui forcent l’écoute et le respect ?

    La réponse est entendue parmi beaucoup de gens simples, souvent oubliés mais qui peuvent réagir sans casser tout.

    « Débattre » avec vous, gente dame, Messires, c’est un bonheur. J’aimerais écrire « s’ébattre » mais point de mare à portée de vue, palsambleu !

    Ce soir, pour corser la discussion à distance entre nous, j’ai rouvert deux livres. Le premier est de Benjamin Libet, préfacé par Axel Kahn qui m’a donné la possibilité entre deux « tours de champs » d’aller « jouer au prof » dans vos si hautes institutions, dites d’utilité publique. C’était, il y a… Ce livre s’intitule : »L’esprit au delà des neurones ».(J’ai enlevé le trait d’union à « au delà »)

    La conscience est bel et bien un champ.

    L’autre livre, à mes côtés, nous invite à prendre un dé, entre une ancienne saga nordique et des fragments d’un moderne traité sur le hasard.

    En Hising avec le roi Olav HaraldssØn et à l’UV Paris-Dauphine, en compagnie de Norbert Wiener.

    Un autre chemin et la beauté comme guide. Il s’intitule « Au hasard » et l’auteur se nomme Ivar Ekeland.

    Petit cygne noir comme un charme sur le lac inconnu entre Sigmund et Marcel.

    Loin, si loin peut-être du gentil rossignol, porteur d’espoir, qui n’aurait pas oublié la leçon de la fable.

    Bonne nuit

    Kalmia

  13. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    Étant simple lectrice très curieuse de vulgarisation scientifique, et non « de la boutique » comme dit plaisamment Kalmia, et ayant parcouru les développements précédents, j’ai juste tenté avec peine et maladresse (j’espère sans contresens) de mettre en valeur l’originalité de Maria Strømme (pardon pour le o erroné, prononcer eu) dans sa découverte toute récente.
    Dans ma modeste compréhension de sa proposition théorique, il semble bien en effet qu’elle soit jusqu’à un certain point en lien avec les travaux sur l’information (intégrée, quantique ou autre) émanant d’un cercle de physiciens, ainsi qu’avec bon nombre de recherches en neurosciences sur la conscience, comme l’a bien indiqué Jean-Marc Serres.

    Sauf que Maria Strømme apparemment effectue plus qu’une synthèse de ces avancées, ne se contente pas de poursuivre dans cette direction. Elle franchit une sorte de Rubicon.

    Non seulement elle s’éloigne radicalement du matérialisme prévalant dans pratiquement tous les courants des neurosciences, et de certains courants de la physique, mais elle s’éloigne par suite de l’idée d’une conscience émergente. Puisque ces dernières approches cherchent à expliquer la conscience comme un phénomène émergent lié à la complexité informationnelle, un épiphénomène au fond, que ce soit dans le cerveau exclusivement (les neurosciences) , ou bien plus largement dans l’univers lui-même (les physiciens qui sont dans une vision duelle).

    Strømme rejoint en quelque sorte l’idéalisme métaphysique, (et une philosophie de l’unité, non-duelle) mais cette fois en l’ancrant dans un cadre mathématique et physique. En s’appuyant et prolongeant les travaux d’Einstein, Eisenberg, et Schrödinger apparemment. La conscience pour elle n’est pas émergente mais constitue le fondement de la réalité, une entité plus primitive que le temps, l’espace, la matière, l’énergie. Elle nomme cela « champ de conscience universel ». Et partant, elle suggère que nos consciences individuelles seraient une expression locale de ce champ universel.

    Est-ce à dire qu’elles ne s’éteindraient pas avec la mort du cerveau, mais « retourneraient » à ce champ fondamental? Bref, s’envoleraient comme des cigognes dans le ciel et l’Ether?

    Attendons que la nordique proposition soit validée par la communauté scientifique et sinon, elle aura eu au moins le mérite de nous faire rêver…

  14. Avatar de m
    m

    Bonsoir les amis !

    Je reviens d’un petit bal de province où quelques confidences à peine murmurées, disent la difficulté de vivre et le désir insatiable de s’accrocher à quelque chose, qui semble s’envoler dans les flonflons d’un orchestre enregistré.

    Loin, si loin de ce qui va suivre et pourtant si proche quelque part…

    Allez, en piste, Madame, Monsieur, pour une tarentelle qui a aussi son charme !

    Et si, ce soir, nous dansions avec ce mot béni que notre ballerine des mots Anetchka, s’est plu à faire virevolter dans l’air des commentaires de ce billet nombrant ?

    Je viens d’ouvrir « Le nombre d’or » où figure en exergue une lettre à l’auteur de Paul Valéry.

    Au premier chapitre « Du nombre à l’harmonie », on trouve une citation des  » Charmes » avec un extrait du

    « Cantique des colonnes ».

    Et dans une revue des phénomènes des sciences parallèles « L’inconnu », en date du 3 février 1976, on trouve cette question :

    « Existe-t-il un « quark de charme » ? »

    Il y a dans cette revue le thème astral de M.Valéry Giscard d’Estaing qui aurait eu cent ans le 2 février dernier.

    Un an plus tard la revue, « La Recherche » février 1977 dans un article de Michel Paty, nous dit que « le charme laisse des traces ».

    Un lustre passe et Bernard d’Espagnat dans « Un atome de sagesse » affirme que le ciron et le quark ont une ressemblance, mais trompeuse.

    Notre chanteuse de charme danse avec les souliers de satin fabriqués par la cordonnerie scientifique.

    Je me souviens d’un jour de mai mil neuf cent quatre-vingt-deux, au Bourget, où dans ma rue pleine de brouillard, je regagnais mes pénates, avec dans la tête, un air de guitare de Francis Lemarque vu sur scène, une heure plus tôt.

    Cherchez l’Être dans la vague qui danse avec vous et dans la joie qu’elle vous apporte, nous dit le physicien au chapitre de la spiritualité et de l’hédonisme.

    Et là, point de souliers ensorcelés mais une pantoufle de vair à la pointure des cinq sens de M.Serres.

    En pensant à la référence scandinave de Kalmia, et aux trois six de ce billet, j’y trouve la question au chapitre de « Aléa » : « Que se passerait-il si ce nombre apparaissait au cours des calculs ?

    Pour l’heure, dans l’air, « c’est la rumba » où se cache dans ses lettres « Albert Camus ».

    Eh bien, chantons maintenant ! Demain, nous valserons ces mots, n’est-ce pas, Mesdames, et Messieurs les Professeurs ?
    Oui, Anetchka, rêvons….d’un pas au delà.

    m

  15. Avatar de Jacques de l'abbaye
    Jacques de l’abbaye

    Bonsoir !

    Notre maître sera ravi…Quel torrent de commentaires !
    (Dalida – Le torrent)

    Une discussion honnête, quelquefois contradictoire, mais toujours teintée du respect de la parole de l’autre…

    Félicitations, Monsieur Bougnoux, pour votre blogue exemplaire.

    Je suis tout à fait d’accord avec Anetchka dans son dernier commentaire qui est une saine mise au point, particulièrement justifiée.

    L’intérêt de Maria Strømme pour les travaux du Professeur de psychiatrie Eisenberg et ceux des physiciens mentionnés:

     » En s’appuyant et prolongeant les travaux d’Einstein, Eisenberg, et Schrödinger apparemment. » (Anetchka), pique notre curiosité, cela va se soi !

    Eisenberg a participé à un colloque à Royaumont « pour une science de l’homme » sous la houlette d’Edgar Morin avec entre autres, J.Monod, H.Atlan, M.Godelier, E. Leroy Ladurie…Le Pr Eisenberg a soulevé le problème fondamental du contrôle du contrôle qui n’est pas de maîtriser la nature ni de la mépriser, mais dans la nécessité, comme disait M.Serres, de maîtriser la maîtrise.

    Que la belle Maria nordique publie ou non, peu nous chaut !

    Il nous restera toujours…le droit de rêver.

    Jacques

  16. Avatar de jfr
    jfr

    666 !
    Je suis en accord avec Jacques : « Nos discussions sont honnêtes, quelquefois contradictoires, mais toujours teintées du respect de la parole de l’autre ». Aussi avançons donc dans cet échange poétique, scientifique et philosophique sur les idées de Madame Maria Strøme. La philosophie et la psychanalyse ont ceci de commun : apprendre à penser. J’aime que ce soit aussi un des buts de ce blogue : Échanger, communiquer mais surtout réfléchir, faire travailler la pensée. Un point essentiel et premier dans ce débat est de s’accorder sur les mots. « Conscience » est un mot polysémique. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », nous disait-on jadis. Rabelais dans Pantagruel parle de la conscience morale et non de la conscience phénoménologique. Le poème de Victor Hugo La Conscience dans La légende des siècles évoque l’œil de Dieu qui poursuit Cain jusque dans sa tombe. Nous sommes ici bien loin de la conscience au sens ou l’entendent les neurosciences ou même la philosophie. Si Madame Strøme propose que « la conscience ne soit pas un produit du cerveau mais un champ fondamental universel dont émergerait l’espace, le temps et la matière », comme nous l’explique Anetchka, nous sommes alors en pleine métaphysique. Elle nous dit clairement que ce n’est plus le cerveau qui explique la conscience mais que la conscience explique le monde. Pourquoi pas ? Encore faut-il le démontrer. Philosophiquement on est proche, parait-il, de l’idéalisme de Berkeley. Mais l’évêque irlandais dit-il vraiment que l’univers émerge de la conscience comme d’un principe physique ? Pour ma part je préfère me référer aux Dialogues entre Hylas et Philonous (Philonous, le spiritualiste et Hylas, la matière) qu’André Breton évoque lorsque Nadja voit les pensées du poète suivre la courbe des jets d’eau des Tuileries. Nos pensées comme celles du surréaliste s’élèvent et puis retombent. Nadja, la magicienne a toujours raison. « Vois cet élancement brisé, cette chute… », dit Nadja au poète… (Nadja Folio p 100).
    Aimons les poètes, la parole libre et l’imagination au pouvoir. Rêvons d’un espace et d’un temps précédés par une conscience universelle. Envolons-nous, écrit Anetrchka, telles les cigognes dans le ciel et dans l’Éther. « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en n’imagine ta philosophie », dit Hamlet.

  17. Avatar de ml
    ml

    Bonjour !

    Telle sœur Anne, je ne vois rien venir. Ni oison ni cigogneau transportant Mme Anetchka qui a su élever le débat en nous présentant Maria, la norvégienne en quête d’esprit. Quant aux « sales oiseaux creux » dont l’anagramme, fait découvrir « Les réseaux sociaux », puissent-ils subir le sort de la tortue un peu trop causeuse, accrochée au bâton de la fable !

    Madame quantique doit-elle se limiter à monter en chaire dans les salles paroissiales des grandes écoles privées et se voir interdite sur les chaînes nationales d’information, payées par les contribuables, donc d’utilité publique, comme on dit ? Étienne, Étienne, répondez-nous !

    Il y a un bel article dans la revue « Médium » n° 3 signé par François de Closets, intitulé : « Einstein : célèbre par malentendu ». C’était en mai 2005 et vingt-trois ans plus tôt, Alain Aspect m’éclairant sur son expérience dans un laboratoire d’utilité publique m’a envoyé, en même temps, la revue n° 418 de « Sciences et Avenir » où le journaliste scientifique susmentionné a écrit un article dense sur l’expérience du physicien qu’icelui trouve honnête, fors quelques détails.

    Passe le temps et les Prix Nobel aussi…Et « Science avec conscience » font un livre avec Edgar Morin.

    Werner pas Léon, Heisenberg pas Eisenberg, nous dit qu’un atome de la physique moderne n’a aucune propriété physique immédiate et directe et que ses qualités sont dérivées.

    Un jour de juin, au moment de faire les foins, je suis allé me promener du côté d’un ruisseau où naquit Ondine, une petite sirène qui s’en est allée, en balade irlandaise, visiter l’évêque Berkeley mentionné par Monsieur JFR?

    Et dans ses Carnets que j’ai sous les yeux, icelui lui expliqua que son immatérialisme se situe dans le droit-fil de la critique faite par Locke de la théorie aristotélicienne. Et le bon évêque de déclarer ex cathedra à la fée qu’il est absurde d’affirmer que le monde existe indépendamment de toute pensée. Ondine a plongé un soir dans ce même ruisseau et on attend son retour.

    Oui, c’est bien joli toutes ces échappées, mais où trouver « l’esprit » au delà des neurones, braves gens ?

    Benjamin Libet termine son livre par une question : « Qu’est-ce que tout cela signifie ? »

    Réponse, peut-être, sous les lauriers-roses d’une horloge enchantée…quand l’analyste se fait romancière !

    Tout à l’heure, parlant au petit peuple silencieux, un tribun de Vendée, à la télévision, aimait à citer Aragon pour défendre la cause des patries intimes et d’une France à trouver.

    Un jour peut-être, sans grenades, un jour couleur d’orange…sur un autre sol.

    ml

  18. Avatar de Anetchka
    Anetchka

    En revenant sur l’ancienne magie noire de 666 – jamais disparue – deux éléments plus récents se sont rappelés à mon bon souvenir.

    La « magie » ancienne et qui rôde de siècle en siècle du chiffre п « pi » dont le sens n’a fait que changer au fil du temps, dans la quête de sonder son énigme. Et je me réfère à un livre aussi sérieux qu’humoristique de Didier Nordon (Univ. Bordeaux II, Théorie des Nombres), au titre provocateur: Deux et deux font-ils quatre? Sur la fragilité des mathématiques ( ed. Pour la Science, 1999).

    Après l’évocation tour à tour des nombres « réels », « naturels », « complexes « , « imaginaires », « irrationnels », « impossibles » (sic) et tout un développement rappelant « qu’un mot n’est jamais vierge », et que « les mots influent donc sur la représentation que nous avons des objets mathématiques qu’ils désignent » (p. 22), il s’attaque au fameux chiffre énigmatique.

    « Si la nature de п pouvait être considéré comme purement géométrique par les Grecs [le cercle], elle est beaucoup plus mystérieuse depuis Newton et Euler. Surtout que, perplexité supplémentaire, Buffon a découvert que п intervient également en probabilité (…et avec) Ferdinand bon Lindemann (…), п est devenu « transcendant » . « On trouve », poursuit-il, « plus de 50 milliards de décimales de п « (en citant J-P. Delahaye, Un fascinant nombre п, ed. Pour la Science, 1997).
    Et de conclure, non sans humour sceptique et désabusé qui caractérise l’ami mathématicien:
    En effet, alors que п est parfaitement déterminé, ses décimales donnent l’impression d’être tirées au sort (…). Bref, l’étude de п confirme une vieille malédiction : plus on est savant, plus le mystère s’épaissit » (p. 23)

    Ce qui nous ramène aux réflexions à propos de Maria Strømme, par quelque biais. Car Didier Nordon nous confie:
    « À supposer que le « vrai п» existe dans le ciel platonicien, rien ne prouve que nous soyons en train de le cerner de plus en plus près. (…). Peut-être que les hommes ne progressent-ils pas, peut-être ne font-ils qu’errer d’une conception à une autre. Peut-être quelque Dieu sait-il faire les synthèses de toutes nos approches, passées , présentes, et à venir, et accéder à la connaissance d’un п immuable et éternel. Pas nous. Le « vrai » п nous est inaccessible ; nous devons nous contenter de l’image que nous nous en faisons, laquelle est prise dans l’histoire ».

    Belle leçon d’humilité, non? Et cela fait un peu écho au livre que cite ml (merci) : Einstein, célèbre par malentendu …

    Est-il avantageux que certaines choses nous échappent, échappent aussi à notre déterminisme, demeurent mystérieuses? Et j’en viens à ce second élément qui m’est revenu, avec le célèbre leitmotiv entêtant de Dostoïevski dans Le Sous-Sol où le narrateur anonyme évoque « Deux et deux font quatre, mais parfois cinq aussi ». (dans la 1e partie de la nouvelle). Illustrant la révolte du « héros » contre le rationalisme et la logique pure, affirmant sa liberté d’aller contre la raison même si cela peut sembler absurde. Dans un contexte de critique radicale du rationalisme utilitariste, du positivisme étriqué, d’un déterminisme scientifique, conduisant à un monde « piano mécanique », où tout serait calculé, prévisible, contrôlé…Prophétie de régimes totalitaires. Où tout rêve et toute poésie se seraient évaporés …

    Pas étonnant qu’Orwell ait repris la formule choc dans 1984 (sur un plan un peu différent néanmoins) : « La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre »

    La petite Ondine de l’Etang en balade irlandaise évoquée par ml peut continuer à onduler gaiement dans son ruisseau sinueux …

    Et pour poursuivre sur le bestiaire, chapeau pour l’anagramme : sales oiseaux creux —-les réseaux sociaux !

  19. Avatar de Aurore
    Aurore

    Bonsoir !

    « Deux fois deux font quatre ! Mais selon moi, monsieur, c’est une impertinence. Deux fois deux fois quatre a l’air d’un insolent, qui se tient au milieu de votre chemin, les poings sur les hanches et crache sur vous. J’en conviens, deux fois deux font quatre est une chose excellente ; mais à en faire les louanges, eh bien ! deux fois deux font cinq est quelquefois bien gentil.
    Pourquoi donc êtes-vous persuadés avec tant d’assurance, et si solennellement, que l’homme n’a besoin que de ce qui est normal et positif, que la prospérité seule soit avantageuse à l’homme ? »(Le sous-sol)

    « Deux et deux font-ils quatre ? » Telle est en titre la question de M.Didier Nordon à qui je souhaite un bon anniversaire en ce mois de février. Je ne sais pas répondre à la question car je n’ai pas lu son livre. Et je n’ai qu’un livre de cet auteur qui s’intitule « à bas le savoir ! » Je sais ce que je ne sais pas ce que je sais ne pas vouloir savoir…Quel amphigouri, braves gens ?

    J’ai quelque remembrance de certains mots échangés avec cette aimable personne, un intellectuel qui fait des livres pour mettre à bas la bastille du savoir, afin de reprendre les mots d’un ancien premier ministre, naguère, au cœur du futur. Devenu Sage et décoré de toutes les croix officielles du monde, il voulait en papier prendre cette bastille.

    Anetchka, la belle érudite, nous incite à prendre par les cornes le nombre de la bête. Dois-je faire un pas ou deux pour rouvrir « La clef de la Magie noire » sur l’étagère à côté ? Ou bien me contenter de relire les passages du « Droit de rêver » où Gaston Bachelard mentionne Stanislas de Guaita, le poète et occultiste français, auteur du livre susmentionné ?

    Ni l’un ni l’autre…

    Sur les erres de nombres fameux, un professeur de mathématiques spéciales, y voit les signes, peut-être les plus purs de l’essence divine de notre pensée, sans oublier l’extase des bergers de Mésopotamie.
    Dans « La quadrature du cercle et le nombre Pi » André Krop, avant d’ouvrir l’énoncé, fait s’émouvoir le chœur dans La Divine Comédie.

    Quelle étoile suivre pour toucher le Paradis, en ce monde de brutes ?

    Miroir, ô mon beau Miroir, en ce ciel illuminé de myriades d’étoiles, écoute ma question « Et dis-moi qui est la plus belle d’entre toutes ?  » en laissant de côté l’anagramme de « La quadrature du cercle » !

    Inaccessible, peut-être…

    Bonne nuit

    Aurore

  20. Avatar de Jacques de l'abbaye
    Jacques de l’abbaye

    Bonjour les amis !

    Non, trop, c’est trop ! Je trouve et sans doute ne suis-je pas le seul, que la caissière du supermarché appuie sur la chanterelle sans la moindre prudence. Aussi, j’en appelle au maître des cérémonies pensives et à son grand Chambellan, notre très perspicace Monsieur JFR, pour venir en toute sérénité remettre les choses en place ou l’église au milieu du village, palsambleu ! Notre divine prêtresse, Anetchka, fée Dragée de ce blogue, appréciera sur sa montagne sacrée.

    Elle nous parle d’étoile, notre caissière au joli prénom d’Aurore et pose la question à son miroir qui sait lui répondre par le piano anagrammatique du musicien de l’Étoile bleue, quelque part à Tours.

    Voici sa réponse à la question posée par Aurore : « la p’tite obsédée qui méduse trolls et lutins »

    De même pour « la quadrature du cercle » où le pianiste sur ses touches découvre le « calcul rare du détraqué ».

    Bien sûr, dans le journal d’un sorcier, l’ascèse est libertine et le libertinage ascétique !

    Quèsaco ?

    Monsieur Patrice Lajus qui connaît cet espace, peut sans doute nous dire quelque chose et tempérer l’ardeur intellectuelle de la caissière sur le plan de la révélation romantique.

    C’est en écrivant « Le sous-sol » que l’auteur russe, y accède pour la première fois, précise René Girard qui en connaît un rayon sur la révélation du désir métaphysique.

    Existe-t-il une secrète mélodie en sous-sol qui pense aux pauvres gens ?

    « Comme un prêtre dans la mine », notre « Président Emmanuel Macron » (Comparaison anagrammatique oblige !) saura-t-il, par les vertus mystérieuses d’un hypothétique clavecin tempéré, faire germer à la surface de l’eau qui dort,

    les fleurs d’une nouvelle civilisation que butineront, peut-être, demain, les enfants du goût de l’avenir ?

    Aux antipodes des riches piscines au bord desquelles l’argent coule à flots et meurent les âmes.

    Petite réflexion qui va plaire ou non à Mme Aurore, à sa caisse ardennaise, attifée d’un beau chapeau qui laisse flotter au vent d’hiver un suivez-moi-jeune-homme bleu marine.

    Bon dimanche de février

    Jacques de l’abbaye

    1. Avatar de Daniel Bougnoux
      Daniel Bougnoux

      Chers amis lecteurs (et lectrices !) de ce blog, je demeure étonné d’avoir, en enjambant par mon billet le plus court le chiffre fatal inscrit au compteur, déclenché cette avalanche de commentaires ! J’ai peu de considération pour la culture ou le culte de chiffres, je m’affaire moi-même plutôt du côté des lettres, mais quelle marée de réflexions et de réactions à la suite de ce si modeste billet ! J’en retiens particulièrement la piste ouverte par Maria Stromme, introduite ici par Anetchka, il faudra revenir je le sens à cette spéculation tentante (fertile ?) d’une conscience collective, ou partagée…, même si l’époque pousse plutôt dans l’autre sen, au morcellement des consciences, à la fragmentation des ghettos…

  21. Avatar de M
    M

    C’est bien là Daniel où l’on reconnaît le chef.

    Celui qui prépare le terrain, anticipe et risque avec prudence l’aventure.

    On attend la suite…

    Un suiveur

    M

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À propos de ce blog

  • Ce blog pour y consigner mes impressions de lecteur, de spectateur et de « citoyen concerné ». Souvent ému par des œuvres ou des auteurs qui passent inaperçus, ou que j’aurai plaisir à défendre ; assez souvent aussi indigné par le bruit médiatique entretenu autour d’œuvres médiocres, ou de baudruches que je…

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À propos de l’auteur

  • Daniel Bougnoux, professeur émérite à l’Université Stendhal de Grenoble, est ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie. Il a enseigné la littérature, puis les sciences de la communication, disciplines dans lesquelles il a publié une douzaine d’ouvrages.

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Les derniers commentaires

  1. Bonjour ! Juste deux mots pour faire suite au précédent commentaire. Les « prémisses » du congé chez l’un et la « ballade »…

  2. Réponse incertaine à notre randonneur. « Sous influence Avec Jean-Pierre Bertrand » est un ouvrage collectif édité par Laurent DEMOULIN, Justine HUPPE,…

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