• Publié le

    Au théâtre, quelle bonne distance ? (2)

    (Suite du chapitre VII) « Ces effets de présence réelle, qui viennent au premier plan dans le cirque, la danse ou la corrida, demeurent sous-jacents dans le théâtre de texte ou au cinéma, mais ils percent toujours ; le regard du spectateur de base s’englue dans l’identification envers l’histoire et les…

  • Publié le

    Au théâtre, quelle bonne distance ? (1)

    (Indice énergumène, chapitre VII) Un volume est paru en 2024,  sous la direction de Laurence Marie, Les paradoxes du comédien, cinquante regards sur le métier d’acteur (Gallimard). Comment nos acteurs, mais aussi les metteurs en scène, danseurs, chanteurs, organisateurs de spectacles…, reçoivent-ils aujourd’hui l’ouvrage de Diderot Le Paradoxe sur le comédien, composé entre 1769 et…

  • Publié le

    Troublante photographie

    (Indice énergumène chapitre VI) À la charnière de l’indice et de l’icône naissent ainsi deux types bien différents d’images. Peirce rattache en effet le domaine des icônes à la priméité : l’esprit y demeure seul avec ses apparitions, ses fantasmes ou ses phénomènes ; les images du rêve, celles de la peinture autant…

  • Publié le

    La pyramide sémiotique

    (Indice énergumène, chapitre V) La définition la plus classique du signe est binaire, « une chose mise à la place d’une autre chose », aliquid stat pro aliquo énonce la scolastique. Saussure développera ce schéma dualiste avec son couple du signifiant et du signifié, aussi inséparables l’un de l’autre que le recto et le…

  • Publié le

    Chantonner le crime

    Voici six ou sept ans peut-être que j’ai entendu pour la première fois le chanteur-compositeur Thomas Fersen, c’était au rendez-vous de septembre d’Uriage en voix, il y occupait la scène dans un costume noir légèrement étriqué, sans aucune recherche particulière de spectaculaire, d’éclairages ni d’effets spéciaux, je me rappelle seulement…

  • Publié le

    Insistance du cratylisme

    (Indice énergumène, chapitre IV) La définition et la description d’une fonction indicielle recoupent l’antique question, débattue dans le dialogue Cratyle de Platon, de savoir si les mots sont « par nature ou par convention ». Ce débat chez Platon demeure suspendu, l’auteur y renvoyant dos-à-dos Hermogène, qui soutient le conventionnalisme, et Cratyle qui, au…

  • Publié le

    La fonction poétique : rémunérer le défaut des langues

    (Indice énergumène, chapitre 3) Atténuer la coupure sémiotique constitue notamment l’une des ambitions de la « fonction poétique » dans le langage (ou la parole), d’où nous sommes partis en citant Valéry : certains poèmes s’attachent visiblement à surmonter ou corriger l’arbitraire des mots  que nous manions, pour faire en sorte que le mot chat miaule,…

  • Publié le

    En deçà de la coupure sémiotique

    (Indice énergumène, chapitre 2) La notion de coupure sémiotique est cruciale puisqu’elle distribue ceux qui, parmi les signes, relèvent ou non des indices. Le mot chien (désignation symbolique ou arbitraire, équivalente au hund allemand, au dog anglais) n’aboie pas ; Hamlet, pourtant tué en duel, se relève pour saluer. Ces mots, ou le corps d’un acteur, ne…

  • Publié le

    Indice énergumène

    Cela fait plus de treize années que je consigne sur ce blog, au gré de mes rencontres, donc aussi de l’actualité ou de simples curiosités, des réflexions qui me paraissent mériter le passage à l’écrit, c’est-à-dire le partage avec des lecteurs (en nombre curieusement croissant ces jours-ci) qui peuvent toujours,…

  • Publié le

    Emballer la mécanique (Penser au théâtre 2)

    Je retrouve, parmi des textes d’hommage pour saluer Daniel Mesguich, mon compte-rendu d’un spectacle étonnant. Nous l’a-t-on assez serinée, la définition par Bergson du rire : « Du mécanique plaqué sur du vivant » ! Plaqué oui, comme un accord, ou comme on plaque sa femme – ou son mari. Au Boulevard du boulevard du…

  • Publié le

    Penser au théâtre

    « On sait qu’en France l’art est suspect, s’il pense », prévenait Roland Barthes. Je resongeais à cet avertissement, lors du colloque qui vient de se tenir autour de François Jullien, et de son dernier livre Puissance du pensif. Et  cela me replongeait aussi dans Hamlet, dont le spectre revient pour moi ces jours-ci avec une…

  • Publié le

    Piéton dans le décor-miroir (2)

    « Voici que j’atteins le seuil de Certa » » (page 92) : le café Certa est le lieu du génie, choisi depuis cinq ans par André Breton et l’auteur pour « siège principal des assises de Dada » ; à la description plus qu’aucune autre minutieuse de cet établissement, nous saisissons combien chez Certa tout est…

  • Publié le

    Piéton dans le décor-miroir

    Dans ce clair-obscur d’un passage de l’Opéra propice aux méprises, la première ou primaire erreur des sens concerne la confusion du sujet et de l’objet. L’autre n’est-il que mon reflet ? Quelle part obscure de son corps, de sa loi, de sa nature le sujet prête-t-il au décor extérieur ou à…

  • Publié le

    « Le Paysan de Paris » d’Aragon pour les khâgnes (2)

    Jouissance et désespoir de l’écriture L’écriture du Paysan de Paris semble obéir à une pulsion de totalisation ; impatient d’excéder l’art littéraire vers d’autres formes d’expressions et d’expériences plus directes, ce texte acharné à sonder ses propres limites éclate en multiples tentations, il voudrait nous faire voir (« PESSIMISME » pages 62-63, ou « LOUIS ! » page…

  • Publié le

    « Le Paysan de Paris » d’Aragon pour les khâgnes (1)

    Je publie sur mon blog, à l’intention des classes préparatoires de khâgne, cette conférence donnée voici vingt-trois ans à l’Université de Reims sur Le Paysan de Paris d’Aragon, inscrit cette année au programme de leur concours. Ma collègue Isabelle Martin-Pradier m’a invité lundi 9 mars à deux heures de causerie et d’échange…

À propos de ce blog

  • Ce blog pour y consigner mes impressions de lecteur, de spectateur et de « citoyen concerné ». Souvent ému par des œuvres ou des auteurs qui passent inaperçus, ou que j’aurai plaisir à défendre ; assez souvent aussi indigné par le bruit médiatique entretenu autour d’œuvres médiocres, ou de baudruches que je…

    Lire la suite

À propos de l’auteur

  • Daniel Bougnoux, professeur émérite à l’Université Stendhal de Grenoble, est ancien élève de l’ENS et agrégé de philosophie. Il a enseigné la littérature, puis les sciences de la communication, disciplines dans lesquelles il a publié une douzaine d’ouvrages.

    Lire la suite

Les derniers commentaires

  1. Vous avez raison, cher maître, ne point s’égarer des sentiers de la scientificité, c’est vital ! Et pourtant, on la…

  2. Bonjour ! Voilà un nouveau venu au club et c’est bien ! J’ai regardé sur Internet où il y a…

  3. Ce commentaire m’inquiète, ou je le comprends mal chère Anetchka, ai-je enfreint la « scientificité », sur quels ooints ? Ma « pyramide…

  4. He bien douce Roxane,si vous savez nous souhaiter « Bonne nuit sans trouble de l’onde mystérieuse » c’est que vous percevez au…

  5. Là-haut sur la montagne, en mon village perché, on peut être plus enclin à contempler la pyramide naturelle qu’à s’échiner…

Articles des plus populaires